Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Rétrospective – décembre 2006 : Retour sur le mouvement d’opposition au gouvernement Siniora… où joie et bonne humeur contrastent avec la haine prônée aujourd’hui par le clan Hariri

Posted by jeunempl le décembre 1, 2011

MPLBelgique.org
De vertaling in het Nederlands

[Rétrospective : 5 ans après les premiers rassemblements monstres de l'opposition au gouvernement pro-international et anti-libanais de Siniora, le MPLBelgique.org décide de revenir sur cette épisode de la politique libanaise à un moment où le courant du Futur multiplie ses provocations sectaires et actes de division au sein de la population libanaise. Les rassemblements de ce groupe (depuis les violences du 14 janvier 2011 jusqu'au dernier rassemblement haineux en date à Tripoli dimanche 27 novembre) contrastent avec les manifestations de la coalition regroupée autour du Hezbollah et du Courant Patriotique Libre 5 ans plus tôt. Retour sur une période d'espoir qui a abouti en janvier 2011 par la chute de l'ère Hariri, une période marquée par 100% de requêtes internationales et aucune réponse aux défis nationaux...]

Commençons par nous plonger dans le contexte d’après-guerre en septembre 2006. Le Hezbollah fait toujours partie du gouvernement libanais dont Fouad Sanioura est le premier ministre. Le Courant Patriotique Libre et son bloc du Changement et de la Réforme est le seul groupe d’opposition au gouvernement Siniora depuis 2005. Mais depuis le 6 février 2006, il n’est plus isolé sur la scène politique libanaise. La guerre a en effet prouvé que le document d’entente signé entre le Courant Patriotique Libre (CPL) et le Hezbollah 6 mois plus tôt avait transformé une grande partie des Libanais. Les Chiites et les Chrétiens ne se "méfient" désormais plus les uns des autres! Durant la guerre, toutes les maisons chrétiennes étaient ouvertes aux réfugiés chiites dans les régions "sécurisées" du Kesrouan, du Metn, de Beyrouth et d’ailleurs après l’appel à la solidarité du général Michel Aoun. Impensable il y a peu…

Le chef du Hezbollah ne manquera pas de rendre hommage à ces Chrétiens tout en déclarant que cet élan de solidarité était inestimable. Il se fait alors le porte-parole de la proposition du CPL d’intégrer un gouvernement d’union national de sorte à affronter la crise que traverse le pays. En effet, le général Aoun avait déjà proposé d’intégrer le gouvernement avant la guerre de l’été 2006 afin de donner l’occasion à Siniora de réparer sa mise à l’écart des Chrétiens… en vain. Malheureusement, la majorité oppose son véto et décide même de se passer de l’avis chiite (Hezbollah et Amal) dans toutes les décisions gouvernementales qui suivirent. C’est un nouveau contournement de la constitution qui impose l’entente entre toutes les communautés. Après les Chrétiens écartés du pouvoir, voilà les Chiites réduits au silence. Le Hezbollah et Amal quittent alors le gouvernement à la mi-novembre 2006 et rejoignent donc l’opposition alors menée par le CPL du général Aoun.

La constitution libanaise est violée à 7 reprises par la majorité au pouvoir et rien ne semble vouloir l’arrêter. L’opposition décide alors de lancer des manifestations pacifiques. Le jour où l’annonce de la date de rassemblement allait être divulguée, et alors que le gouvernement Siniora touche le fond, le député Pierre Amine Gemayel est assassiné en plein jour par un commando armé. L’opposition suspend tout rassemblement et la majorité en profite pour remonter la tête de l’eau, en prenant pour cible les partisans du CPL. Ils vont politiser ce meurtre, accusant à tout-va l’opposition et spécialement le CPL (seul parti n’ayant pas de passé milicien pourtant!), appelant à leur tour au rassemblement populaire… ils n’auront le soutien que de 50.000 à 100.000 personnes malgré le tapage médiatique et leur commerce du sang du martyr Pierre. A l’échelle des rassemblements libanais, ce chiffre est minime.

Après quelques jours de deuil, l’opposition annonce finalement la date de son rassemblement, il se déroulera le 1er décembre 2006! Un jour mémorable qui lancera une série d’autres rassemblements dont un second gigantesque le 10 décembre 2006 qui aura rassemblé selon les estimations de l’armée libanaise près de 1 millions de Libanais.

Ces manifestations se sont déroulées dans une sympathique ambiance, toutes confessions confondues mais avec majorité de Chrétiens et Chiites. En avez-vous entendu parler en France ou en Belgique? Boh, quelques secondes dans le JT peut-être pour dire que des pro-syriens se sont réunis contre le gouvernement Siniora… un classique. Vous aurez remarqué que dans tout ce descriptif, pas une fois le mot Syrie n’apparait.

Il est encore plus absurde de dénommer "pro-syriens" ceux-là même qui dénonçaient (seuls contre tous!) l’occupation syrienne durant les 16 dernières années… se faisant tabasser par les SR sous le silence déjà complice de la communauté internationale et du clan Hariri alors au pouvoir.

Tout commence le 1er décembre donc avec un premier rassemblement immense!

Voilà la Place des martyrs noyée d’orange :)

Entre les 2 grandes places de Beyrouth, l’avenue Bechara Khoury est aussi bondée.

La place Ryad el Solh était plus homogène avec les sympathisants du Hezbollah et d’autres partis.

 

Passons maintenant à l’ambiance de cette manifestation pacifique.

Un Tsunami orange…

Déguisements à gogo:


Sur place, le Hezbollah et le CPL contrôlent la situation, leurs sympathisants défilent chaque jour dans une ambiance bonne enfant. Des tentes naissent sur les deux places et les gens décident de camper jusqu’à ce que le gouvernement ne décide de démissionner.

Malheureusement le 3 décembre, un sympathisant du Hezbollah est abattu par un milicien pro-Hariri… l’opposition ne tombe pas dans le piège et ne répond pas!

Malgré les funérailles du jeune homme, le mouvement continue et diverses activités sont organisées.

Dimanche 3 décembre, cérémonie religieuse, foule orange et verte (le vert est porté par les sympathisants d’un parti chrétien du nord, les Marada de Sleyman Frangieh)

Les manifestants sont déterminés et maintiennent leur mouvement le soir…

Le 5 décembre, un sit-in de nuit


Ce soir-là, les funérailles d’un opposant assassiné par des loyalistes qui ne seront jamais punis… Pour rappel, lors de ces manifestations, 3 opposants auront été tués alors qu’aucun loyaliste n’aura été agressé, ni même égratigné.

Les manifestants reçoivent le soutien des cadres et députés du Bloc du Changement et de la Réforme (CPL et alliés), avec de droite à gauche, Gebran Bassil, Mario Aoun et le député du Metn Ghassan Moukheiber :


Le 9 décembre, 1100 personnes portent les couleurs de l’arc-en-ciel. Tous les partis sont ainsi représentés et appelés à s’entendre.

Le 10 décembre 2006, le rassemblement de l’opposition bat encore tous les records. Comme dit précédemment, l’affluence atteint le million de personnes rassemblées de nouveau entre les 2 grandes places de Beyrouth et les environs. Beaucoup de gens n’ont pu accéder aux lieux de rassemblement, formant des petits groupes sur le chemin. D’après l’armée libanaise, il s’agit du plus grand rassemblement de tous les temps au Liban.

Désormais, l’opposition libanaise s’installe à Beyrouth et le sit-in a bel et bien démarré avec les centaines de tentes qui regroupent tous les soirs les Libanais de toutes tendances et toutes confessions au centre de ce pays qui ne semble plus leur appartenir après le manque d’écoute dont ils sont victimes avec le gouvernement Siniora.

Et puis, très vite, arrivent les fêtes de Noël… le désespoir du peuple laisse place à la joie de fêter ce moment sacré qu’est la naissance du Christ, dans un Liban pris en otage par la communauté internationale. Ainsi, un sapin est érigé et l’opposition organise et bat le record de la plus grande buche de Noël du Monde.

Le mouvement se poursuivit jusqu’à la fin de la crise en mai 2008 avec l’élection du président Sleiman et l’adoption d’une nouvelle loi électorale plus correcte vis-à-vis des Chrétiens.
Après plusieurs gouvernements d’union nationale, naquit en juin 2011 le gouvernement Mikati qui octroie pour la première fois un pouvoir équilibré entre toutes les communautés du pays et un pouvoir de décision réel aux Chrétiens avec 10 ministres au bloc du Changement et de la Réforme. Une avancée gigantesque depuis la naissance, 6 ans plus tôt, du gouvernement Siniora en juin 2005, et qui avait décidé de marginaliser les Chrétiens en ne leur octroyant que 2 ministres. Une marginalisation qui finalement, 6 ans plus tard, leur coûte le pouvoir…

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