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Marwan Kheireddine : Travailleur acharné et grand sportif

Posted by jeunempl sur février 20, 2012

Joëlle Seif – L’Hebdo Magazine

Président Directeur-général de la banque al Mawarid, le ministre d’Etat Marwan Kheireddine manie aussi bien les manches d’un avion que les chiffres et la bourse. Pour ce pilote breveté, l’atterrissage en politique est quelque peu un concours de circonstances, lui qui n’appartient à aucune famille politique. «Quand on vous demande de servir votre pays en devenant ministre vous ne pouvez pas refuser», dit-il.

Né le 14 février 1968, Marwan Kheireddine a fait ses études à l’International College (IC). En 1986, alors que les examens officiels sont annulés au Liban et à la suite d’un incident, ses parents décident de l’envoyer poursuivre ses études en Angleterre, à Richmond. «J’ai commencé alors à travailler dans le secteur bancaire, mais pour moi, le rêve était de vivre aux Etats-Unis. J’ai alors trouvé du travail à Philadelphie, où j’ai eu deux ans et demi d’expérience avant d’entamer mon MBA à Columbia», raconte le ministre Marwan Kheireddine. Diplômé en 1992, il refuse une offre aux Etats-Unis et décide de rentrer au Liban. «Avec l’arrivée de Rafic Hariri au pouvoir, j’estimais que la guerre était bien finie. Je voulais revenir pour voir ce que je pouvais faire», confie-t-il.

Rentré au Liban, Marwan Kheireddine fait ses débuts à la banque al-Mawarid et commence à développer l’établissement. «En 1994, nous étions les premiers à créer un choc positif en introduisant les cartes bancaires. Cette initiative a placé la banque al-Mawarid au premier plan. J’ai aussi développé d’excellentes relations avec le gouverneur de la Banque centrale. D’autre part, on a établi de nouveaux horaires de travail en ouvrant de 8h à 17h. Cette démarche sera adoptée ultérieurement par toutes les banques. Par coïncidence, j’ai commencé également à enseigner à l’AUB, et je continue jusqu’à présent à le faire régulièrement trois fois par semaine et ce, depuis 20 ans», affirme Kheireddine.

Au Liban, le monde des affaires n’est pas très loin de celui de la politique et, comme la majorité des businessmen, Marwan Kheireddine a toujours été proche des politiciens, «car, dit-il, c’est la façon dont les choses sont faites au Liban». C’est avec son ami d’enfance, l’émir Talal Arslan, qu’il développe le Parti libanais démocratique. C’est sa première expérience en politique. L’amitié entre les deux hommes s’approfondit avec le mariage de l’émir de la sœur de Marwan Kheireddine. Par la suite, il est nommé directeur général du wakf druze et passera six années à s’occuper de la réorganisation des biens possédés par le wakf. «Ce fut une grande expérience, car j’ai dû traiter avec l’Etat, le ministère des finances et un grand nombre d’institutions», se souvient le ministre.

Depuis son retour au Liban, Marwan Kheireddine s’est essentiellement consacré à son travail à la banque et dans le secteur privé, jusqu’au jour où Talal Arslan présente sa démission au Premier ministre Najib Mikati, lors de la formation du dernier gouvernement. «L’émir Talal est le seul politicien qui a présenté sa démission et n’est pas revenu sur celle-ci quand les conditions qu’il avait posées n’ont pas été remplies. Il m’a alors nommé à sa place et c’est ainsi que j’ai fait mon entrée au gouvernement», raconte-t-il. Pour lui, personne ne décide s’il veut ou pas être ministre. Ce n’est pas une mission qui se refuse. «On ne peut pas hésiter ou refuser d’être au service de son pays», dit-il. Même si sur certaines grandes questions, le Liban reste soumis aux influences étrangères, dans le cadre de la politique interne, faire partie du gouvernement peut parfois servir à faire entendre un autre son de cloche. «Etre ministre c’est faire partie du petit cercle qui gouverne le pays. Et quelquefois, quand on a un raisonnement différent, les autres vous écoutent, et cela peut faire toute la différence.

Malheureusement, le système de gouvernement n’assure pas les meilleures décisions pour le pays. Chaque mesure importante doit impérativement être approuvée par tous les partis politiques. Ceci assure une vie quotidienne normale entre partis et communautés mais ne prend pas en compte le meilleur scénario dans l’intérêt du Liban», dit le ministre Kheireddine. Pour le banquier, il y a beaucoup de choses qui doivent être réparées, mais le système reste plus fort que tout le monde. «Dans ce pays, dit-il, beaucoup de gens sont plus forts que l’Etat: les communautés, les chefs des communautés… De là vient tout le problème du système libanais. On appelle avec le patriarche maronite à revoir l’accord de Taëf et fonder la IIIe République. Il est grand temps de revoir le système et de décider quel Liban nous voulons en 2040. C’est une responsabilité qui nous incombe».

Nouveau venu dans le monde de la politique, le ministre reconnaît qu’il n’a pas été véritablement surpris par le système. «Ceci ne veut pas dire que j’approuve ce qui se passe mais je comprends. Tant que ce sont les communautés qui règnent, on ne peut pas s’attendre à des changements. Quand on se considère maronite, druze, sunnite ou chiite avant d’être Libanais on ne peut pas espérer grand-chose. Il faut être Libanais avant d’être chrétien ou musulman», confie Kheireddine. C’est aux dépens de l’Etat que les communautés jouent un très grand rôle. L’accord de Taëf a créé des divisions à l’intérieur de chaque communauté, les dressant les unes contre les autres et chacune réclamant les biens de l’Etat sur des bases communautaires. «Il y a dix sept communautés qui considèrent l’Etat comme une vache laitière et veulent profiter de tous les avantages. C’est pour cela qu’il faut revoir Taëf et faire un nouveau contrat.

Nombreux sont ceux qui profitent de l’Etat et ces gens-là n’acceptent pas de renoncer à ce qu’ils considèrent être des droits acquis», dit-il. Son approche et sa vision sont différentes. «L’Etat doit être le père de tous. Il ne faut pas qu’il y ait d’intermédiaire entre lui et le citoyen. Celui-ci doit obtenir ses droits directement de l’Etat», estime Marwan Kheireddine. Ses relations dans le milieu politique sont excellentes et Marwan Kheireddine se considère à égale distance de tout le monde. Ses rapports sont caractérisés par le respect et l’honnêteté. «Ceci n’est pas dû au fait que je sois nouveau en politique. C’est ma manière d’être. Je place la relation personnelle sur un autre niveau. La politique peut changer, mais la relation avec les personnes reste. Avec Walid Joumblatt, j’entretiens de très bons rapports. On peut avoir des différends à propos d’une question déterminée et être d’accord sur une autre», affirme le ministre.

C’est chez des amis communs que Marwan Kheireddine rencontre Maya Rasamny. «On s’est tout de suite plu, raconte-t-il. Maya est mon opposé dans beaucoup de choses. Elle est calme, tranquille, alors que je suis nerveux. Elle aime beaucoup la cuisine et elle est très douée. C’est elle qui fait la cuisine quand on reçoit des gens à dîner. Elle a développé ses talents culinaires auprès de grands chefs en Europe en suivant des formations une fois par an». Marié en 2002, ils ont quatre enfants, deux filles et deux garçons: Salim (9 ans), Sacha (8 ans), Zeid (5 ans) et Mina (4 ans). Une grande famille avec qui il essaie de passer un temps de qualité. «Je suis très ami avec les quatre et je fais l’effort de les emmener tous les matins à l’école. Le soir, quand je rentre tôt, je passe aussi du temps avec eux, mais les weekends sont sacrés. On les passe toujours ensemble, à Faqra ou ailleurs, et on essaie au moins une fois par an de voyager tous ensemble», confie le ministre.

Ses loisirs sont nombreux et il ne se contente pas de les pratiquer en tant qu’amateur. Il les a développés à un haut niveau. Le ministre est ceinture noire avec deux Dans en kick boxing, mais faute de temps, et vu son âge, prétend-il, il a dû y renoncer. Il pratique également la plongée sous-marine à un niveau professionnel: «Je suis une des 400 personnes au monde qui détiennent le tri-mix, qui permet de faire des plongées techniques à des profondeurs de plus de 100 mètres», dit-il. La chasse est une grande passion pour lui et deux à trois fois par an il part à la chasse du gros gibier dans des pays d’Europe, en Russie, au Canada et en Afrique. «Je fais la chasse éthique et légale. Ce sont des chasses réglementées où l’on paye de très grosses sommes pour protéger les animaux. Quoique cela paraisse paradoxal, je suis de ceux qui préservent la nature en chassant», confie Kheireddine.

Pour cet homme qui confie n’avoir pas pris la décision de devenir ministre, mais être devenu ministre, la députation n’est pas un but. Poursuivra-t-il une carrière politique qui promet déjà beaucoup? Une réponse que seul l’avenir apportera.

Pilote d’avion

Le ministre Marwan Kheireddine est pilote d’avion et détient une licence de pilote privé depuis 1999. «Je pilote de petits avions et souvent pour mes déplacements dans les pays arabes, je loue un jet privé et je le pilote moi-même». Le fait d’être ministre ne l’empêche pas de présenter tous les papiers nécessaires et d’effectuer tous les tests médicaux en vue de conserver sa licence. Il n’agit pas «à la libanaise» et la seule faveur qu’il ait demandée au médecin autorisé de l’aéroport, chargé d’effectuer l’examen médical, c’est d’arriver à 9h au lieu de 9h30 en raison de ses nombreuses occupations. «Je ne permets pas à mon poste de ministre de changer ma vie. Cela me stresse, mais c’est une décision que j’ai prise lors de ma nomination. Le poste s’en ira, mais ma vie va rester. Je ne veux pas me retrouver sans licence à la fin de mon mandat», affirme Marwan Kheireddine.

Ce qu’il en pense

La technologie: «C’est le futur. Je suis tous les développements dans le monde de la technologie et j’utilise celle-ci à mon avantage. Je suis toujours branché sur internet et la majorité de mon travail se passe sur internet. Je suis peut-être le plus grand adepte de Skype. Je suis plus efficace quand je suis hors du bureau qu’à l’intérieur. Toute ma vie est high-tech, je démarre ma voiture par téléphone. Ma vie est dans mon note book».

La lecture: «Je lis beaucoup d’affaires courantes, mais pas de livre en particulier. Depuis 20 ans, chaque semaine je lis The Economist».

Sa devise: «Travailler dur, très dur et prier pour la chance. Je me considère quelqu’un de très chanceux sur tous les plans, familial, personnel et professionnel. Et je prie pour que la chance ne m’abandonne pas»

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