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Ibrahim el Ali dans l’émission « c’est pas du vent » sur RFI: « Il faut sauver la mer Méditerranée et sa côte Est; non à l’île des Cèdres »

Posted by jeunempl sur avril 17, 2009

Libnanews

Retranscription de l’émission

Source: RFI

ibrahim-elali-rfi-26-03-2009La première partie de l’émission, présentée par Arnaud Jouve, est destinée à décortiquer l’actualité environnementale avec deux invités:
– Ibrahim El Ali, fondateur de l’ONG Mawassem Khair (Moisson de la bienfaisance).
– André Cicolela, chercheur en évaluation des risques sanitaires à l’INERIS et à l’origine du lanceur d’alerte.

Arnaud Jouve: Bonjour et bienvenue dans votre magazine de l’environnement avec aujourd’hui un dossier consacré à la Méditerranée.

Expert: Il faut voir l’espace méditerranéen. Pour présenter, il inclut une mer quasi fermée et autour d’elle une bande de terre de quelques centaines de kilomètres tout au plus, donc c’est un espace assez restreint. Et sur ce confetti, qui représente à peine 1% de la surface du globe, se concentrent des activités, des comportements qui font peser de vraies menaces sur le développement et sur l’environnement.

La Méditerranée est un espace en partage qui comprend 21 pays riverains qui sont tous confrontés à des degrés divers à un ensemble de problèmes environnementaux aggravés par les changements climatiques en cours et qui en font l’une des grandes problématiques du développement durable actuel.
Alors, quelle est la situation, quels sont les enjeux et les réponses qui s’esquissent au niveau régional. C’est ce que nous verrons dans la deuxième partie de l’émission.

On commence cette première partie par un tour de l’actualité environnementale avec nos invités André Cicolela. Nos auditeurs vous connaissent, vous êtes un des grands lanceurs d’alerte sur les risques chimiques qui ont envahi notre environnement. Vous êtes en charge de l’évaluation des risques sanitaires à l’INERIS (l’Institut national de l’environnement industriel et des risques) et nous vous avions reçu dans notre magazine pour le lancement du réseau Environnement Santé. Vous aviez d’ailleurs attiré notre attention sur les risques toxiques du bisphénol A… le réseau a depuis pris son envol?

André Cicolela: Oui, notamment sur les ailes du bisphénol A si j’ose dire. Depuis cette question, des décisions sont prises aux Etats-Unis. On a une absence de réaction des autorités en France mais là, on en reparlera j’espère parce que c’est une vraie question. Comment se fait-il que face à un problème de santé publique majeur, il y ait un silence aujourd’hui des autorités. Alors que la prise de conscience de l’opinion s’est faite, et je pense qu’il faut effectivement prendre des décisions. Beaucoup d’industriels commencent à prendre des décisions d’ailleurs.

Et à mes cotés, Ibrahim el Ali. Vous êtes le fondateur de l’ONG libanaise Mawassem Khair qui veut dire Moisson de la bienfaisance et c’est aussi une deuxième visite parmi nous.

Ibrahim el Ali: oui c’est une deuxième visite. J’espère qu’elle ne va pas se terminer parce qu’on a tellement de travail à faire autour de l’environnement au Liban mais aussi dans l’espace méditerranéen. Et justement durant ces deux jours qui vont venir, il va y avoir une grande rencontre au Forum de Paris autour du thème de l’Union Pour la Méditerranée et l’aspect « Sauvons la mer méditerranéenne ».

Et vous allez contribuer à ce forum de Paris.

Ibrahim el Ali: oui je vais participer à ce forum et si je peux me permettre tant qu’on y est. Je vais juste dire qu’il y a un concert à l’Unesco organisé par l’association du dialogue interculturel, c’est sur mon blog. Vous y entrez et l’invitation est gratuite.

Très bien, vous nous expliquerez, on va revenir tout à l’heure sur toutes ces questions-là.
Pour commencer notre revue de l’actualité environnementale, je vous propose cette première information qui nous vient du Congrès américain à Washington. Il y a eu une nouvelle audition sur la question du changement climatique qui a opposé ceux qui y croient à ceux qui n’y croient toujours pas. La vraie réponse au non-problème du changement climatique est d’avoir le courage de ne rien faire a martelé mercredi le Vicomte Mangton of Brenshley, un aristocrate britannique, ancien conseiller de l’ex-premier ministre britannique Margaret Thatcher, qui mène campagne dans les organisations internationales contre l’idée du changement climatique. L’administration Obama veut préparer une loi sur le climat instituant un système de marché d’échange de droits d’émission des gaz carboniques sur le modèle européen. Mais ce projet suscite déjà l’opposition de sénateurs venant d’états producteurs d’énergie ou ayant des intérêts dans des industries émettant beaucoup de CO2. Ce débat vous surprend?

André Cicolela: Non, je dirais qu’il est légitime parce que c’est important qu’une grande question scientifique ne soit pas laissée aux seuls scientifiques. La science éclaire le débat citoyen et après se pose la question de l’expertise. Comment fait-on l’expertise? Parce que le mot « croire », quand on parle de cette question-là, me gêne. Ce n’est pas une question de croyance. C’est une question de savoir si oui ou non on peut dire qu’il y a ce phénomène ou pas. Ce n’est pas une question de croire ou pas. Je dirais que d’une certaine façon, un certain nombre de scientifiques ont prêté le flan à la critique eux-mêmes en se présentant un peu de comme des nouveaux religieux. Et là je fais une critique du scientisme qui est un peu la religion de la science. Je crois que la science n’a jamais de certitude. La valeur principale de la science, c’est d’être toujours en doute. Et malheureusement, on a trop souvent une science qui est péremptoire, qui ne discute pas alors que par principe elle se construit par le doute, par l’hésitation, par la polémique scientifique qui est à mon avis une bonne chose, à condition de ne pas la faire durer trop longtemps. Et peut-être qu’on est actuellement dans ce cas de figure d’une polémique qu’on fait durer parce que pendant ce temps-là, on ne prend pas de décision. C’est à mon avis là un enjeu majeur.

Ibrahim el Ali: Je veux m’adresser avant tout à tous mes amis africains, du Maghreb, du Liban et à tous mes amis francophones. Le prophète Mahomet disait:  » Même si vous êtes présents le jour de l’Apocalypse et que de vos propres yeux vous voyez la fin du monde et que vous avez un arbre entre les mains, vous avez le devoir de le planter ». Avez-vous entendu un message plus écologiste que ça?
Effectivement, il y a un débat en ce moment pour dire, « est-ce qu’il y a un réchauffement climatique ou pas ». Moi, je m’en fous de ce débat. Que tous ces gens qui sont contre le réchauffement climatique viennent plonger dans la mer Méditerranée, du côté Est, il n’y a plus de poisson, il n’y a plus rien, il n’y a plus de vie. La nature est entrain de mourir. Si on ne fait rien…
J’aimerais bien les faire plonger en Méditerranée, du côté du Liban. Ils vont voir s’il faut faire quelque chose ou pas.

La Méditerranée est une zone particulièrement touchée déjà et qui va l’être encore plus.

Ibrahim el Ali: la mer Méditerranée, la foret africaine, la foret amazonienne, tout fout le camp! En réalité, le débat… c’est bien qu’il existe mais il faut aller au-delà de ce débat. Le monde existe depuis plus d’1 million d’années, et depuis l’ère industrielle on a pillé toutes les ressources de la Terre. Il faut que ça finisse.

Alors, je propose une autre information, cette fois en provenance de Suède. Les dirigeants des partis d’opposition ont annoncé leur intention de supprimer progressivement le nucléaire et de le remplacer par des énergies renouvelables s’ils remportent les élections en 2010. Ceci alors que l’actuel gouvernement a décidé récemment de ne plus arrêter les 10 réacteurs du pays. C’est vrai qu’on est passé par différentes phases. La Suède est un pays réputé pour son engagement en matière d’environnement. Il s’était prononcé en 1980 en faveur de la fermeture de tous les réacteurs d’ici à 2010 mais l’objectif avait été abandonné en 1997. Le gouvernement social-démocrate de l’époque s’était alors mis d’accord avec les principaux autres partis sur le principe d’une fermeture progressive dans les 30 ans en ne remplacant pas les réacteurs vieillissant.
Le nucléaire, c’est un débat plus controversé en Suède qu’en France, vous ne trouvez pas?

André Cicolela: En France, il y a un manque de débat. Il y a très peu de débat publics. C’est un véritable problème dans ce pays. Un choix déjà en terme de risque avec un pays très nucléarisé comme la France; un Tchernobyl en France n’est jamais à exclure. Alors, certes on fait le maximum et je ne doute pas que ce soit effectivement une volonté de l’exploitant mais ceci étant, on voit bien qu’il y a des incidents qui sont parfois de niveau grave. On n’a pas de certitude qu’une technologie ne puisse pas déraper un jour ou un autre, c’est ça l’enjeu. Malheureusement, on le sait par expérience. Tchernobyl ne devait pas arriver, Three Mile Island ne devait pas arriver… néanmoins, c’est arrivé. Je me souviens de la période avant Tchernobyl, on nous expliquait que c’était une probabilité de 1 sur 1 million. C’est totalement ridicule et manque de pot, coup sur coup, il y a eu deux évènements majeurs.

Ibrahim el Ali: Rapidement sur le thème du nucléaire. Prenez l’avion, partez de Bruxelles et venez ici à Paris. Vous verrez en Belgique, il y a plein d’éoliens partout. Et en France, il n’y en a pas. Pourquoi? Parce qu’il y a un lobby nucléaire important. La question du nucléaire, ce n’est pas de dire si le nucléaire est bon ou pas. La question qui me soulève, c’est que pour qu’il y ait une véritable démocratie qui supporte l’écologie, il ne faut pas qu’il y ait une puissance des lobbys.

Arnaud: On commence avec des mammifères qui vous tiennent à coeur.

Stéphane Lagarde: oui, c’est l’image de la semaine. Les baleines que vous entendez chanter derrière moi sont évidemment plus heureuses dans les profondeurs des abysses que sur un banc de sable. Et comme on avait beaucoup entendu parler de la réouverture de la chasse à la baleine transformée en suchi XXL pour les Japonais, j’avais quand-même envie de vous montrer que parfois, eh oui ça arrive, l’homme aussi peut aider ce mammifère. Ainsi, en Australie, les sauveteurs n’ont pas hésité à déployer des grues et même des camions pour sauver 11 cétacés suite à un échouage massif de 80 baleines dites globicéphales. On ne comprend toujours pas ce qui s’est passé. Ce genre d’évènement arrive d’habitude plus au Sud, du côté de la Tasmanie.

Alors, les baleines sont-elles déboussolées à cause du réchauffement climatique? Difficile à dire. Toujours est-il que sur cette question du climat, Greenpeace demande un effort à Pékin.

Stéphane Lagarde: oui les écologistes ont plus l’habitude de pousser des gueulantes que de susurrer des mots doux à l’oreille des gouvernements. Cette fois, la rodomontade a pris la forme d’une invitation; « vient par ici que je t’explique ». Greenpeace demande au président chinois de venir au sommet mondial sur le climat. Encore un effort, il est vrai que la Chine reste l’un des plus gros pollueurs de la planète.
Et puis tiens un coup de rame dans l’autre sens, ça chauffe aussi du côté de l’Inde qui répond en quelque sorte pour les Chinois. Attention a dit le négociateur de New Delhi en regardant droit dans les yeux le capitales occidentales: « Attention à la tentation du protectionnisme vert a-t-il martelé. Un protectionnisme qui frapperait les importations des pays qui n’agissent pas contre les émissions de gaz à effet de serre et donc en l’occurrence les produits indirects.

Heureusement, pendant ce temps-là, le Japon peut continuer de polluer tranquillement.

Stéphane Lagarde: Et cela grâce à l’Ukraine. C’est le bon vieux principe de pollueur payeur. Tokyo vient de racheter à Kiev le droit d’émettre l’équivalent de 30 millions de tonnes de CO2. Combien coûtent 30 millions de tonnes de CO2? On n’en sait rien. Selon le journal en question, le gouvernement japonais n’a rien voulu dire… chut… Tokyo serait entrain de passer des accords similaires avec d’autres pays. La pollution de l’air est pourtant en forte, très forte progression dans les pays émergents… particulièrement en Asie. C’est l’organisation météorologique mondiale, basée à Genève, qui le dit.

C’est le plus grand reptile saurien carnivore au monde. On le retrouve en Indonésie et ce rescapé des temps préhistoriques vient de tuer un pêcheur.

Stéphane Lagarde: Voilà, si on en parle, c’est qu’il y a cet accident très rare heureusement. L’homme venait cueillir des fruits dans la jungle sur l’île de Rinca à environs 400 Kms de Bali. Mal lui en a pris. Il a été attrapé à la jambe, il est mort. C’est un accident rare encore une fois. En 2007, une enfant de 9 ans a été tuée dans le parc. Et puis gare au dragon, puisque voilà plusieurs années, les lunettes et l’appareil photo d’un touriste suisse avaient été retrouvés dans la jungle là-bas en Indonésie, clic clac. L’homme s’était sûrement approché d’un peu trop près de l’animal.

Je voulais aussi parler des logos de marques. Ca fait un peu mal de parler de ça, c’est quand le capitalisme s’emploie à sauver l’environnement et en même temps qu’il se fait un peu de pub. C’est un peu ce qui s’est passé cette semaine avec l’opération mondiale « save your logo ». L’argent de Lacoste par exemple mis au service de l’alligator en Chine ou du gavial du Gange.

Je termine par les pigeons de Changaï, eux aussi parait-il sont menacés par le surpoids. Les volatiles font les poubelles et sont gros comme des oies, dit le China Daily qui exagère un grain. On conseille aussi aux journalistes du China Daily de faire un tour du coté de la place Saint Marin à Venise où là aussi cela fait bien longtemps que les pigeons de Marco Polo ne décollent plus, lestés qu’ils sont des burgers des touristes.

André et Ibrahim, cette revue de Stéphane Lagarde sur l’Asie vous inspire quelques commentaires?

André Cicolela: Oui, je crois que les précisions que vous donnez montrent qu’on ne peut pas penser que l’homme puisse être en bonne santé sur une planète malade. L’histoire des pigeons, c’est un bon indicateur de la pollution. Et de la même façon que le lien entre cancer des animaux domestiques et cancer de l’enfant est un lien avéré. Et on se trouve effectivement à faire la jonction avec la question des pesticides. C’est comme ça que la question de perturbateurs endocriniens est né, c’est de l’observation de la faune. Il s’est passé le changement de sexe des poissons, la fameuse taille des pénis des alligators du lac Apopka. Et tous ces phénomènes mis bout à bout, on s’est dit effectivement qu’il y avait quelque chose de commun à tout cela. Ce qui était un travail remarquable des scientifiques, et notamment de Théo Colband qui a animé ce travail. Et je crois que c’est une leçon sur laquelle il faut s’appuyer car effectivement  il faut continuer d’observer. L’observation des baleines en Australie, on peut traiter ça de façon anecdotique sur la forme uniquement à sauver les baleines et les remettre à l’eau. Mais pourquoi elles échouent, c’est vraisemblablement dû à plusieurs facteurs. C’est à la fois un problème d’évolution chimique, de champ électromagnétique ou de réchauffement climatique, justement une vraie question scientifique. Au lieu de refaire des manipulations et des expériences pour la 25ème fois pour être sûr de ce qu’on a dit avant, il faut se saisir de questions nouvelles qui sont de véritables questions de fond. J’ai vu ces images, la mobilisation mais est-ce qu’on en tire une conclusion en terme de: « on va essayer de comprendre et développer un programme de recherches pour comprendre ». Et là on voit la place de la science. Il faut arrêter justement cette science qui est déconnectée de la demande de la société. Là, on a besoin de comprendre. Les enseignements seront certainement très utiles et dépasseront cet évènement.

En plus, je crois que c’est un phénomène récurrent. Je crois qu’il y avait eu 400 baleines qui se sont échouées sur les cotes.

Ibrahim el Ali: oui, Khalil Gibran, notre poète libanais disait déjà « Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par les chemins de la nuit ». Et je crois qu’on est au creux de la nuit, on est dans les ténèbres en ce moment.
Réellement, que se passe-t-il? Cela fait 1 million d’années que la nature nous fabrique l’eau, le pétrole et le carburant et depuis 200 ans, on le pille sans arrêt.
Je vais revenir sur un sujet, car c’est le cas de l’Union Pour la Méditerranée, il faut que toute l’UPM appelle le président Sleiman au Liban pour lui dire: « il ne faut pas l’île des Cèdres mais plutôt planter des cèdres. »
Car au Liban, sur la bordure de la mer, il y a des terrasses rocheuses qui sont un vrai réservoir de la biodiversité. Surtout que tout le côté Est de la mer Méditerranée est sans vie. Donc, si on veut faire un travail d’espèces marines à protéger, c’est à partir de ces terrasses libanaises qu’on peut le faire. Appelez tous le président, écrivez au Liban et dites qu’on n’en veut pas de ces îles de cèdres en béton, on veut de vrais arbres, des oliviers.

André Cicolela, peut-être pour conclure votre actualité, vous travaillez sur quoi en ce moment?

André Cicolela: je travaille sur le bisphénol A toujours car cette affaire est très emblématique et qu’il faut effectivement une décision d’interdiction dans les plastiques alimentaires. La dernière nouvelle scientifique que l’on a, c’est que le bisphénol A atténue l’efficacité des médicaments de chimiothérapie. Quand on sait que 93% de la population est imprégnée…

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