Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Un rôle-clé pour l’armée libanaise

Posted by jeunempl sur octobre 12, 2012

(L’Orient le Jour)

La visite du commandant en chef de l’armée le général Jean Kahwagi en Grande-Bretagne est passée quasiment inaperçue dans la presse, mais elle est pourtant de la plus haute importance. C’est d’abord la première fois qu’un commandant en chef de l’armée libanaise effectue une visite officielle aussi longue en Grande-Bretagne, un pays très à cheval sur le protocole qui lui a pourtant réservé un accueil plus que chaleureux. Une source militaire précise que l’invitation adressée au général Kahwagi par les autorités britanniques ainsi que les entretiens qu’il a effectués à Londres s’inscrivent dans le cadre de l’appui anglais, américain et occidental en général à la stabilité au Liban, celle-ci passant par un rôle accru octroyé à l’armée. Ils sont aussi l’expression de l’appréciation par les Occidentaux des efforts déployés par l’armée libanaise pour le contrôle des frontières avec Israël, mais surtout avec la Syrie. Enfin, selon la source militaire, cette visite coïncide avec la décision du gouvernement d’acheter des armes pour la troupe pour un montant de plus d’un milliard de dollars échelonné sur quatre ans. Cette décision n’aurait sans doute pas été prise s’il n’y avait pas eu un feu vert occidental. Ce qui montre une fois de plus que l’Occident souhaite réellement préserver la stabilité au Liban dans l’étape actuelle et ne voit pas d’autre force que l’armée libanaise pour assurer cette stabilité.

On se souvient ainsi que lorsqu’il y a plus d’un an, le ministre de la Défense Fayez Ghosn s’était rendu en Iran et avait visité des usines d’armement sur place, les instances occidentales avaient aussitôt contacté les responsables libanais pour leur rappeler que l’achat d’armes iraniennes tombe sous embargo. Aujourd’hui, il est clair que ces mêmes instances sont favorables à l’idée de vendre des armes à la troupe et elles souhaitent en plus exprimer leur satisfaction envers la mission qu’elle remplit le long des frontières. Il n’est sans doute pas question de lui vendre des chars de combat (lesquels peuvent d’ailleurs désormais être détruits par des missiles beaucoup moins chers), mais des armes sophistiquées qui lui permettront de renforcer son contrôle des frontières.

D’ailleurs, même si la situation des frontières avec la Syrie fait désormais partie de la polémique politique quotidienne, une source militaire bien informée précise que l’armée – qui déploie trois brigades entre le Nord et la Békaa – est en train de préserver la stabilité dans cette zone pourtant à hauts risques, en raison de l’interdépendance qui existe entre les Libanais et les Syriens des deux côtés de la frontière. La même source précise qu’il y a désormais, selon les chiffres officiels, 200 000 réfugiés syriens au Liban, dont le quart serait des combattants de l’opposition. Mais lorsqu’ils arrivent au Liban, ceux-ci jettent leurs armes dans le fleuve et l’armée ne peut pas les arrêter, puisqu’ils deviennent de simples réfugiés. Ils sont ensuite pris en charge par certaines structures existantes, mais la source militaire est catégorique, il n’y a pas de camp d’entraînement à proprement parler pour les combattants de l’opposition syrienne au Liban. Pour le reste, l’armée ne peut pas contrôler l’ensemble des régions mitoyennes avec la Syrie, d’autant que certains secteurs constituent ce qu’on appelle « un environnement favorable » à l’opposition syrienne et permet à ses membres de se cacher chez les habitants, notamment à Ersal et dans ce qu’on appelle « Macharih el-Kaa ». D’ailleurs, le chef de la municipalité de Ersal ne cache pas son appui à l’opposition syrienne. Ce qui rend la mission de l’armée plus délicate, mais pas impossible. Des spécialistes de la région ajoutent aussi que le facteur déterminant dans la position des habitants des villages du Nord et de la Békaa est l’argent en plus de la sensibilité confessionnelle. Les spécialistes précisent qu’avant l’éclatement de la crise syrienne, ces habitants vivaient essentiellement de la contrebande avec la Syrie, dans les deux sens d’ailleurs. Aujourd’hui, cette contrebande dans sa version traditionnelle n’existe plus. Mais les habitants vivent maintenant en grande partie de l’aide à l’opposition syrienne qui visiblement ne manque pas d’argent. Un combattant syrien blessé a ainsi versé 5 000 dollars pour être transporté dans un hôpital à Saïda. Un nouveau système a été donc mis en place, mais il ne constitue pas une violation de l’ordre public qui exige une intervention de l’armée.

Quant à l’envoi de combattants du Hezbollah en Syrie, qui constitue aujourd’hui un nouvel élément de la polémique politique (lire ici, ici et ici), une source bien informée affirme que l’armée n’a rien décelé de tel. Il se peut simplement que le Hezbollah ait décidé de défendre des localités chiites à la frontière syrienne, l’armée n’ayant pas la possibilité de se déployer partout. D’autant que certains villages libanais constituent une enclave en territoire syrien et vice versa. De même, d’autres villages syriens sont peuplés par des Libanais en raison de la porosité des frontières dans certains secteurs. Il s’agirait donc pour le Hezbollah d’une sorte de réflexe d’autodéfense, d’autant que les villages chiites le long de la frontière sont très proches des zones de combats en Syrie, notamment autour de Homs et d’Alep.

Ce qui compte toutefois, c’est que l’armée, malgré ses moyens limités, parvient à préserver un contrôle satisfaisant des frontières, même s’il n’est pas total et continue à être la garante de la stabilité du pays. Chaque jour qui passe montre l’importance de son rôle dans ce petit pays soumis à des influences contradictoires et livré à une classe politique qui, souvent, ne voit pas plus loin que ses intérêts propres.

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