Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Marché du travail : un terrain semé d’embûches pour la femme

Posted by jeunempl sur mars 23, 2012

(Marisol Rifai – L’Orient le Jour)

Elle est révolue la période où les femmes étaient uniquement considérées comme épouses et mères au foyer, notamment grâce à l’évolution des lois et des mentalités au cours des dernières décennies. Et pourtant, le constat sur le terrain est frappant : les femmes sont toujours une espèce rare et discriminée sur le marché du travail.

La BLC Bank, en partenariat avec la Société financière internationale (IFC), un groupe de la Banque mondiale, a lancé mardi son programme WE (women empowerment), destiné à promouvoir le rôle de la femme dans le milieu professionnel. « C’est la première fois qu’une institution financière au Moyen-Orient s’engage à long terme dans une telle initiative », a souligné Maurice Sehnaoui, le président-directeur général de la BLC. La conférence a réuni un vaste panel de participantes de divers pays et profils, ainsi qu’une audience en grande majorité féminine. « WE est le fruit d’un travail de longue haleine, qui a nécessité deux ans d’études pour cerner les besoins réels et demandes des femmes dans le monde du travail », a indiqué Tania Moussallem, la directrice générale adjointe à la BLC. Le programme propose aux femmes des conseils pour démarrer une carrière professionnelle ou créer une entreprise, des formations, des conférences et des crédits spécialement adaptés à leurs besoins.

« Aujourd’hui, nombreuses sont les études qui prouvent qu’une plus grande présence féminine au sein de l’entreprise est financièrement profitable. La femme est étudiée en tant que source de développement, qu’elle soit à la tête de la société ou simple employée », a affirmé Toyin Adeniji, la directrice de la section « femmes » à l’IFC, en se basant sur le dernier rapport du G20.

Une des régions les moins égalitaires pour les femmes

Les disparités concernant l’accès des femmes à l’emploi demeurent cependant très grandes, surtout dans la région du Moyen-Orient – Afrique du Nord (MENA). Selon Toyin Adeniji, moins de 30 % des personnes actives sont des femmes et moins de 5 % des postes administratifs élevés sont tenus par elles. « De plus, une grande partie des femmes travaillent dans le secteur informel avec tout ce que cela implique comme fragilisation sociale », a ajouté Mme Adeniji.

Au Liban, les chiffres ne sont pas moins inquiétants. « Les femmes représentent 25 % de la main-d’œuvre et seules 2 % d’entre elles ont un salaire supérieur à 2 millions de livres », a expliqué Tania Moussallem. Cependant, contrairement à d’autres pays en développement, ces inégalités ne se construisent pas à l’école ou à l’université, mais bien sur le marché du travail, car « 56 % des diplômés des universités au Liban sont des femmes », a ajouté Mme Moussallem.

Rana Ghandour Salhab, la responsable régionale de la communication à Deloitte, explique par ailleurs que les femmes ont tendance à se diriger davantage vers le secteur public, « qui respecte plus l’égalité des genres et assure une plus grande protection sociale ». « Mais avec la demande grandissante de la main-d’œuvre féminine, le secteur privé devra tôt ou tard prendre les mesures nécessaires pour y répondre », a-t-elle ajouté en expliquant les mesures prises par Deloitte pour répondre mieux aux besoins des femmes et renforcer leur présence au sein de l’entreprise.

Encore beaucoup trop de barrières

« Sur 40 milliards de dollars de crédits accordés annuellement par les banques au Liban, seuls 6 % d’entre eux sont destinés aux femmes », explique Nagib Choucair, le directeur du département bancaire de la Banque du Liban, qui ajoute que plus de la moitié de ces prêts sont utilisés à des besoins familiaux et non pour entreprendre des activités professionnelles. « Il est important que les banques commerciales encouragent, grâce à des programmes spéciaux, l’accès au financement des femmes désireuses de monter une entreprise », a ajouté M. Choucair.

Que faut-il donc faire concrètement pour permettre un plus grand accès des femmes au marché du travail ? Selon Kristin Hetle, la directrice du partenariat stratégique au sein de la section consacrée aux femmes à l’Organisation des Nations unies (ONU), il est utopique de penser que la femme prendra ses droits dans la société. « Ce qu’il faudrait changer c’est la législation au niveau étatique mais également au sein même des entreprises, en imposant des quotas et des règles de discrimination positive », a affirmé Mme Hetle.

Mais il ne s’agit pas seulement de législation ou de facilité d’accès au financement ; la mentalité et la pression sociale continuent à handicaper fortement l’entrée de la femme dans la vie active. Au Liban par exemple, explique Mona Khalaf, professeur d’économie à la Lebanese American University (LAU), seules 54 % des femmes propriétaires d’une société gèrent elles-mêmes leur entreprise, contre 90 % des hommes. « Il est encore malheureusement très difficile de convaincre qu’une femme peut tenir des postes de haute responsabilité », déplore Mme Khalaf.

Les femmes qui souhaitent travailler, qui bravent toutes les barrières financières et psychologiques, se trouvent quand même confrontées à leur rôle traditionnel au sein de la famille qui leur attribue l’éducation presque exclusive des enfants. « Tant que la société n’aura pas accepté que les tâches familiales doivent aussi pouvoir être partagées, il restera très difficile pour les femmes d’allier les multiples rôles qu’on attend d’elles », a conclu une participante au sein du public.

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