Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Le Général Aoun : « Le Sérail est devenu l’hôtel privé du Premier ministre »

Posted by jeunempl sur août 19, 2008

RplFrance.org

Comme à leur accoutumée, les députés du Bloc du Changement de la Réforme ont eu lundi leur réunion hebdomadaire. Et comme d’habitude, à l’issue de la réunion, le chef du BCR, le Général Michel Aoun a pointé du doigt les dysfonctionnements actuels montrant ainsi que le « politiquement correct » ou « langue de bois » et le « consensuel mou » n’auront plus cours avec la présence des députés du BCR. Evidemment, les propos tenus ne peuvent que déranger une certaine classe politique plus habituée par le suivisme que par le changement et la réforme, plus préoccupée par le clientélisme et leurs intérêts personnels que par la participation et l’intérêt public.

Le système actuel au liban est le système communautaire. Ce système doit être modifié en profondeur pour aboutir à un système laïc garantissant les droits égalitaires pour tous. Mais en attendant ce système, il est important de respecter les droits de chaque communauté au sein de ce système. Ce n’est que lorsqu’aucune communauté ne se sentira en danger ou exclue de l’Etat que le système pourra être réformé avec la participation de tous. Evidemment, les forces conservatrices corrompues existent au sein de chaque communauté et le changement et la réforme ne seront pas chose aisée.

Le système communautaire au Liban a réparti les différents postes politiques au Liban entre les différentes communautés. Ainsi, si le président de la République est maronite, le Premier ministre sunnite et le président du parlement chiite, le poste de vice-président du Conseil est attribué à un grec-orthodoxe. De plus, dans la composition du gouvernement d’union nationale, ce poste est revenu à l’opposition, en la personne du Général issam Abou Jamra.

« Le Sérail est devenu l’hôtel privé du Premier ministre »

Il n’en fallait pas plus pour que Siniora, qui considère le Sérail comme sa propriété privée (où fêtes, mariage et offices religieux ont lieu régulièrement), refuse la demande du vice-premier ministre, Issam Abou Jamra, d’avoir un bureau ou un secrétriat pour participer pleinement au fonctionnement du gouvernement..

« Ils ont dit qu’ils allaient lui trouver un bureau à l’extérieur du Sérail. Le Sérail est un grand hôtel où sont organisés des réceptions et des mariages. Un hôtel privé, comme on les appelle en France. Mais même les hôtels privés ont des ailes spéciales pour les invités. Cela est inacceptable », a ironisé le Génral Aoun. Il a rappelé qu’en 1972, lorsque Saëb Salam avait été se faire opérer en Suisse, c’est Albert Moukheiber, alors vice-président du Conseil, qui l’avait remplacé durant trois mois.

« Le Sérail est une propriété publique et n’est pas exclusif au bloc du 14 mars »

En réponse à la demande du général Michel Aoun, le député Farid Habib, membre des Forces Libanaises, estime que ce que le bloc du 8 mars n’a pu obtenir en temps de guerre, il ne pourra l’avoir en temps de paix. Habib rajoute : «  Le Sérail est comme une forteresse, et nous ne laisserons pas les forces du mal y pénétrer. Si Abou Jamra veut se maintenir au Sérail, qu’il se joigne au bloc du 14 mars ».

Toni Nasrallah, responsable du comité d’information du courant patriotique libre, répond à la critique faite par le député Farid Habib, membre des Forces Libanaises, concernant la demande du général Aoun : « Je suis désolé de constater que le député Habib se prépare pour la guerre alors que les gens en reviennent ».

Nasrallah (entretien accordé à Elnashra.com) assure : « Le Sérail est une propriété publique et n’est pas exclusif au bloc du 14 mars. »

« La demande du général Michel Aoun et de Issam Abou Jamra, le vice premier ministre, sont légales et nécessaires pour le bon fonctionnement des institutions gouvernementales ; et qu’au lieu que Habib se soit perdu dans ses critiques, il aurait mieux fait de prendre soin de la communauté orthodoxe », rajoute Nasrallah.

Dans une déclaration à « Elnashra.com », Abou-Jamra a regretté que le député orthodoxe et Forces Libanaises, Farid Habib, traite avec tellement de légèreté un problème de cette importance, dont la résolution pourrait conduire à l’établissement d’un vrai partenariat au pouvoir. Il a répondu aux commentaires qu’il a qualifiés de « prétentieux » concernant « les prérogatives du vice-Premier ministre et son siège au Grand Sérail », estimant que « le décret de formation du gouvernement 17/2008 basé sur l’article 53 de la Constitution stipule clairement que doit être réalisé ce qui est prévu par cet article, l’occupant du poste étant de la majorité ou de l’opposition. »

« L’ancien vice-Premier ministre Albert Moukhayber présidait en effet des réunions du conseil des ministres »

Quant à Tamam Salam , le ministre de la culture, il répond au général Michel Aoun:  » Toutes les séances ministérielles avant 1989 étaient présidées par le président de la république , le premier ministre et le vice premier ministre Albert Moukhayber n’assistaient pas aux séances. Avec un respect pour Moukhayber , mais il n’a pas assumé ses responsabilités durant trois mois ».

Le vice-Premier ministre , Abou-Jamra, a conseillé au ministre de la Culture, Tammam Salam, de se référer au magazine « Al-Joumhour » (num. 945 de 1972) pour apprendre que feu l’ancien vice-Premier ministre Albert Moukhayber présidait en effet des réunions du conseil des ministres.

Le député Camille Khoury, membre du bloc du changement et de la réforme, a ajouté que la présidence de Moukhayber est un fait indéniable, estimant qu’il est inacceptable que l’Histoire soit fasifiée pour des intérêts personnels. Le député a ajouté que l’ancien ministre Elias Saba a lui aussi présidé un des gouvernements du feu Premier ministre Saëb Salam.

Quant au député Ghassan Moukhayber, il a invité Tamam Salam à revenir aux principes constitutionnels et à consulter les archives de l’époque.

« Si ce poste est du droit de la communauté grecque-orthodoxe, il est important qu’il soit lié à une fonction donnée »

Issam Fares, l’ancien vice-Premier ministre, a salué les récentes revendications soulevées par le général Michel Aoun, chef du bloc du changement et de la réforme concernant la clarification des prérogatives du vice-Premier ministre. Fares a estimé que si un tel poste existe au sein de l’Etat, la personne qui l’occupe doit en connaître les prérogatives, ajoutant que si c’est un poste « honorifique », il faudrait que cela se sache.

Sur un autre plan, Fares a appelé à ce que ces prérogatives soient déterminées par une loi ou un décret spécial issu du conseil des ministres, estimant que si ce poste est du droit de la communauté grecque-orthodoxe, il est important qu’il soit lié à une fonction donnée.

Fares a d’autre part appelé le Premier ministre Fouad Siniora à établir un bureau près du sien pour le vice-Premier ministre pour tenter, ce faisant, de dissiper le « mystère » entourant le poste en question.

Elnashra.com a rapporté en exclusivité que des pôles orthodoxes se préparent à tenir une réunion élargie se tiendra prochainement relative au rétablissement des prérogatives et des droits du vice-Premier ministre.

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