Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Les alaouites du Liban : Installés depuis le XIXe siècle

Posted by jeunempl sur mai 19, 2012

L’Hebdo Magazine – M. Al.

La société tripolitaine est profondément divisée depuis le début du conflit en Syrie. L’aversion grandissante entre sunnites et alaouites a gagné les ruelles de Bab el-Tebbané et de Jabal Mohsen habitées par les deux communautés. Quel poids ont les alaouites au Liban? Qui sont-ils et d’où viennent-ils?

La révolution syrienne a ravivé les clivages sectaires entre la communauté alaouite dont est issu le président Bachar el-Assad, et les islamistes radicaux qui considèrent cette dernière comme apostate. «Ces derniers jours, nous avons payé un lourd tribut avec quatre morts et une douzaine de blessés», raconte Abdel Latif Saleh, responsable de la communication au Parti démocratique arabe (PDA, alaouite) et ancien maire de Jabal Mohsen, en commentant les combats du week-end dernier.

Découlant du chiisme, les alaouites sont les adeptes d’une doctrine fondée par Mohammad Ibn Nusayr el-Namiri en Irak au XIe siècle. Cette communauté s’appuie sur une trilogie composée par Ali, fils d’Abou Talib, cousin et protégé du prophète, le prophète Mahomet et Salman, son compagnon. Les alaouites, qui constituent aujourd’hui environ 10% de la population syrienne, sont présents au Liban où ils comptent environ 100000 personnes. «Nous sommes dispersés dans tout le Liban, notamment à Beyrouth, dans le Liban-Sud, le village de Ghajar est principalement habité par des membres de notre communauté, au Akkar et dans le Mont-Liban», ajoute Saleh.

La communauté s’est implantée au Liban en plusieurs vagues, suite à la famine du XIXe siècle. Elle est une nouvelle fois attirée au Liban par l’essor des années 1950-1960. Le mouvement s’accélère dans les années 80 avec le début de l’occupation syrienne. Concentrés dans le quartier de Jabel Mohsen, à Tripoli, les alaouites exercent, pour la plupart, de petits métiers.

«Les listes électorales font état de 18000 électeurs alaouites, mais en réalité seuls 11000 votent lors des élections en raison de l’émigration», précise Saleh. La communauté reconnue officiellement comme l’une des dix-huit confessions libanaises lors des accords de Taëf, dispose de deux députés. «Nous sommes toutefois mal représentés, nos deux députés, Badr Wannous et Khodr Habib qui figurent sur le ticket du Courant du futur, sont élus en fait par les sunnites», souligne Saleh.

Depuis le départ de l’armée syrienne en 2005, les combats ont repris entre le quartier sunnite de Bab el-Tebbané et le quartier alaouite de Jabel Mohsen, le premier soutenant le courant du 14 mars alors que Jabel Mohsen est allié au 8 mars. Dans les rues de Bab el-Tebbané, on parle de la résurgence des Chevaliers rouges, la branche armée de PDA, rumeurs que Magazine n’a toutefois pas pu confirmer.

Selon un recensement publié cette semaine par le quotidien as-Safir, il y aurait eu quinze violents affrontements entre les deux quartiers depuis 2007. La région du Akkar n’est pas en reste; en 2008, une personne est tuée dans le village alaouite de Cheikhlar à l’extrême nord du pays, à la suite d’une querelle armée opposant sunnites et alaouites, au sujet de la propriété de la mosquée du village.

Le PDA est aujourd’hui le représentant principal de la communauté. Il puise ses origines dans le Mouvement de la jeunesse alaouite – fondé en 1972 par Ali Eid. Le parti sera sponsorisé, dans les années 80, par Rifaat el-Assad, le frère de l’ancien président syrien Hafez el-Assad, vice-président à l’époque. Sous sa forme actuelle, le PDA, allié au Hezbollah et à l’Iran, reste la colonne vertébrale du régime Assad au Liban et sa survie politique dépend sans aucun doute de l’issue que prendront les événements en Syrie.

Secte initiatique

Comme pour les druzes, la religion alaouite est de type initiatique et reste fermée, les secrets de la religion ne peuvent être révélés aux membres des autres communautés. Les alaouites croient également en la réincarnation. La secte a été longtemps considérée comme hérétique. Ce n’est qu’en 1936, qu’elle est reconnue musulmane par le mufti de Palestine – l’imam Hajj Amin el-Husseini. En 1973, Moussa Sadr reconnaît les alaouites comme branche de la communauté chiite.

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