Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Baram

Posted by jeunempl sur juillet 30, 2008

(Billet – Bernard Mikael)

Vous vous demandez ce que veux dire le mot Baram. C’est une spécialité libanaise, non pas culinaire mais politique. Ci-après une description de ce politicien qui a « Baram » trop de fois pendant son parcours politique, qui est en train de « yibroum » en ce moment (présent du verbe Barama), et qui va yibroum, encore, certainement, dans le futur.

C’est un politicien libanais classique, qui passe sa jeunesse à l’étranger, ses étés au Liban dans le château familial, adulé par sa tribu, un pré chef féodal, communautaire, qui ne voit le Liban qu’à travers les yeux et les besoins de sa communauté… et qui tout d’un coup, entend le devoir l’appeler, rentre illico presto au bercail, pour vêtir la robe, et devenir Chef de sa communauté.

Les grandes Barmétes (n.f au pluriel du verbe Baram) de ce nouveau Chef ne manquent pas :

D’abord il s’affiche allié des palestiniens. Il n’hésite pas à déclencher une guerre contre les phalangistes chrétiens, « isolationnistes et occidentaliste », pour aider les milices palestiniennes à instaurer leurs lois au Liban et se substituer à l’Etat libanais. Il les aide également à utiliser le Liban comme base pour lancer leurs attaques contre Israël.

En 1976, quand la Syrie envoie ses renforts armés, pour soi disant aider les libanais contre les palestiniens, Baram. Tout en continuant à défendre la cause palestinienne, il devient l’allié des syriens contre les palestiniens et le reste jusqu’à 1982…

Quand en 1982, et dans le but de mettre fin à la présence palestinienne armée, les soldats israéliens envahissent le Liban, encerclent Beyrouth, chassent les syriens et les palestiniens, mais sur leur chemin, les Généraux de l’armée envahissante passent saluer ce féodal dans le lieu de sa résidence, Baram et les accueillent avec émotion.

En 1983, après le retrait israélien, ce Chef d’un parti politique réputé et d’une milice bien connue, Baram encore, et engage pour son compte des palestiniens afin de combattre les « isolationnistes chrétiens ». Il s’allie, de nouveau, avec les syriens qui arment et entraînent ses miliciens, et font de lui leur meilleur pion dans le conflit interlibanais.

Depuis 1992, toujours l’allié fort des syriens, se positionne en premier vrai défenseur des armes du Hezbollah. Son soutien infaillible au Hezbollah, le mène à sillonner les chemins de Damas et de Téhéran, en en vantant force et vertu.

En 2000, il fait appel aux meilleurs artisans, stratagèmes militaires et ingénieurs civils de la région. Leur mission ? Défendre le régime de Dams. Décision ? Construire dans son village natal, ou plutôt fief, le plus grand portail du monde et le déclarer « Portail de passage à Damas ». Non pas pour rentrer dans le Guinness Book, mais pour protéger militairement Damas.

En 2003, les Etats-Unis envahissent l’Irak et menacent la Syrie et l’Iran ainsi que la Corée du Nord. Oups, deux de ses alliés font dorénavant partie de l’axe du mal de M. Bush. Il attendra tout de même 2005 pour yibroum et analyser enfin et digérer le nouveau rapport de force entre l’axe du mal et l’axe du bien de M. Bush.

En 2004, le Syrian Accountability Act est signé par le Congrès et le Sénat américains. Cette loi, l’œuvre patriotique du Général Aoun et prônée par lui, stipule la fin de l’occupation syrienne et le retrait syrien du Liban. Le Chef féodal sort alors ses griffes, ah non, non pas pour appuyer l’indépendance du Liban aux côtés du Général Aoun (faut pas exagérer non plus), mais pour accuser le Général Aoun de haute trahison pour avoir demandé l’indépendance du Liban, pris contact avec les américains et, surtout, demandé le retrait de l’armée syrienne du Liban.

Le 14 février 2005, le premier ministre Rafic Hariri est assassiné. Son allié, de temps en temps, selon les alliances et les finances, et ses intérêts, est mort. Tous, en concert, accusent la Syrie d’avoir commandité cet assassinat, y compris, bien sûr, le Chef féodal. Ainsi et soudain, Baram et devient l’ennemi le plus farouche des syriens, les accuse à tort et à travers, demande à la communauté internationale de renverser ce régime dictateur qui a tant assassiné, détruit, emprisonné, opprimé les libanais durant 29 ans… ! Il lui a quand même fallu 29 ans pour prendre son courage et sa « conscience » à deux mains, pour tout dénoncer.

En 2005, le Chef féodal forme, avec d’autres Baramos, une alliance avec le Hezbollah et Amal, même si ces deux derniers sont considérés comme très proches de la Syrie, pour des fins purement électorales. Cette alliance lui permit donc d’accéder plus aisément au Parlement et d’y former, avec ses amis Baramos, un grand bloc parlementaire.

En 2005, juste après les élections législatives, il quitte l’alliance qui n’aura duré que quelques mois, le temps des élections, et accuse ses ex-alliés (d’il y a quelques jours), donc Hezbollah et Amal, d’être dans l’axe du mal syro iranien, qualifiant leurs armes, qu’il avait jusque là farouchement défendues, d’ « armes de la traîtrise ».

En juillet 2006, déçu et malheureux de voir Israël, cet ex-nouveau copain, perdre sa guerre contre le Hezbollah, Baram et entame sa guerre verbale, empoisonneuse à souhait, à défaut d’armes à sous munitions.

En 2006, 2007, bah non, pardon, il ne Baram pas cette année là, mais demande et exige le démantèlement et le désarmement du Hezbollah, préalable à tout dialogue, ou plutôt à toute négociation, terme chéri et de loin plus commercial de ceux qui passent leur vie à vendre et acheter, au détriment de la vie des autres. Le Chef féodal, fier de son titre turc, Bey, considère le Hezbollah comme un état dans l’Etat libanais, accuse le Général Aoun et le CPL de s’allier à l’axe syro-irano-coréo-hamasi-hezbollahi-amalien du mal, et donc, d’en faire partie.

Dernière chance, « et si je demandais à mon orchestre de mener une guerre contre le réseau de communications du Hezbollah ?! Ça mettra à découvert cet ami fidèle d’antan ennemi coriace d’aujourd’hui, et facilitera sa liquidation militaire dans l’intérêt de mes supposés anciens ennemis, amis protecteurs –je ne sais plus- israéliens… américains ». Le plan de Baram tombe à l’eau, le Hezbollah l’emporte et sort vainqueur, et les rêves du Chef s’évanouissent.

En 2008, 9 mois avant les élections législatives, Baram !!! Une série de déclarations qui nous font dire qu’il a Baram et Yibroum :

– Baram et a critiqué « la vengeance perpétrée au Nord par le Courant Hariri, suite à sa perte militaire contre l’opposition à Beyrouth» et donc, accuse implicitement son ancien-présent- ?futur? allié Hariri de commanditer les incidents militaires à Tripoli, qui ont fait 33 morts (29 juillet à 16h48).

– Baram et a déclaré qu’il n’y a aucune contradiction entre la présence armée du Hezbollah et la souveraineté de l’état libanais.

– Baram et a déclaré aussi que Hezbollah et ses armes sont une « nécessité pour rassurer les habitants du Sud Liban contre l’ennemi sioniste » !

Le plus malheureux c’est que, à chaque fois qu’il yibroum, il y a des centaines de milliers de partisans qui ont Baramo (3ème personne du pluriel) avec lui, sans se poser de questions, et qu’à chacune de ses Barmétes, de nouvelles guerres éclatent ici et là et des centaines de victimes tombent.

Si vous n’avez pas encore compris ce que signifie le mot Baram, il s’agit littéralement de : tourner, virer, pivoter, pirouetter. Le sens littéraire en serait : Retourner sa veste. En libanais on qualifie le sujet de brave, génie politique ou bon politicien.

Pour finir, je vous laisse le soin de découvrir de quelle personnalité politique s’agit-il, bien que et si nous changeons les dates et les alliances, « Baram » peut s’apparenter à une multitude de ceux qu’on qualifie couramment au Liban, de « bons politiciens ».

Une Réponse vers “Baram”

  1. Israel said

    Top!

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