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Posts Tagged ‘Parti de Dieu’

Haret Hreik renait de ses cendres

Posted by jeunempl sur juin 12, 2010

Par Pierre Benedetti – Media Part

Bombardée sans relâche par l’aviation israélienne durant la Guerre de 2006, cette banlieue sud de Beyrouth, où se situe le bastion du Hezbollah à Haret Hreik, a été reconstruite à la vitesse grand V. Grâce à l’injection de sommes faramineuses, le Parti de Dieu polit encore plus son image auprès d’une population libanaise qui se sent délaissée par le gouvernement et renforce ainsi ses ambitions politiques sur le terrain. Reportage.

« Regarde ! Tu vois cette allée ? Et bien, c’est le Hezbollah qui a tout rénové. Après la guerre, il n’y avait que des ruines. Mais, aujourd’hui grâce à eux, le quartier revit ». Mounir R.*, jeune Syrien d’Alep de 27 ans, a le regard qui change lorsqu’il évoque la renaissance de Dahiyeh, banlieue chiite de la capitale, et de Haret Hreik, son centre névralgique qu’il côtoie depuis sept ans. Il est reconnaissant, fier des 400 millions de dollars investis pour panser les plaies de ces quelque 262 immeubles anéantis. Commerces, magasins… 25 000 au total soufflés de la carte, trois ans et demi plus tôt (1). À l’époque, Tsahal cherchait à éradiquer les caches d’armes – surestimées ? – et à détruire les réseaux sousterrains dont personne ne pouvait soupçonner l’étendue. Pilonnage en règle. Que des pertes matérielles, « aucun cadre du parti est mort », selon le Hezbollah. Le doigt de Mounir R., qui balaie le paysage, s’arrête sur un moignon de building à moitié décharné. Comme les 150 autres du quartier, dont une cinquantaine, trop abîmés, devront être rasés : « Nous avons souffert. Et Al hamdoulillah (merci à Dieu), Dahiyeh s’est relevé. »

Derrière lui, au milieu des façades lézardées et du tohu-bohu incessant d’un après-midi hivernal de mars, le bruit des grues et des travaux a remplacé le bourdonnement des 942 bombes lâchées par Israël*. Sur les affiches essaimées un peu partout, notamment aux alentours des chantiers restants, où gisent des immeubles ensevelis sous des tonnes de poussière grisâtre, de fils électriques dépecés et de verre éclaté, le message est clair :« Dahiyeh sera plus belle qu’avant ». Le leader chiite Hassan Nasrallah avait insisté sur le fait qu’« il n’y aurait pas de « victoire divine » (nom de l’opération de résistance) sans reconstruction », lors de son discours du 14 août 2006. Une date qui marque la fin de la guerre, durant laquelle des milliers d’habitants fuirent leur domicile et trouvent refuge – par exemple – à Baada, un faubourg cossu peuplé de chrétiens maronites, tandis que les plus téméraires, en restant sur place, narguent la mort et snobent les dépliants de mise en garde annonçant la pluie des obus, déversés depuis les airs par Israël.

Près de 240 immeubles reconstruits

Assis le scooter – bon pour la ferraille -, qui lui sert d’outil de travail en tant que livreur chez Durée Resto et Subway, Mounir R. sillonne les rues embouteillées de cette zone habitée par plus de 700 000 personnes. Pour me démontrer l’ampleur des travaux, l’étudiant en comptabilité, à la longue chevelure brune, décide de se rendre (m’amener) à Lire le reste de cette entrée »

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Où en est le Hezbollah ?

Posted by dodzi sur mai 6, 2009

Al Oufok

par Dominique Avon

hezbollah-august-richard-nortonEitan Azani, Hezbollah : The Story of the Party of God, New York, Palgrave Macmillan, « Middle East in Focus », 2009, 293 p.

Augustus Richard Norton, Hezbollah, Princeton University Press, 2009 [2007], 199 p. (5e édition avec postface de 2009).

***

Ici dénoncé comme composante majeure d’une « vague islamique », là présenté comme parti révolutionnaire en voie de normalisation politique, le Hezbollah est au centre d’études controversées dans le monde anglophone. Deux livres tentent, inégalement, de faire le point sur l’histoire et l’évolution du « parti de Dieu ».

Eitan Azani et Augustus R. Norton ont une longue expérience du terrain et des acteurs libanais, le premier comme officier de l’armée israélienne occupante, le deuxième comme observateur militaire non armé des Nations Unies ayant coopéré avec la FINUL [1] au printemps 1980. Leurs études sont nourries de références en langues anglaise et arabe (ponctuellement française) auxquelles s’ajoute, dans le premier cas, l’hébreu. Azani est un haut responsable de l’International Policy Institute for Counter-Terrorism au sein du Interdisciplinary Center (IDC) situé à Herzlia, au nord de Tel-Aviv ; Norton est professeur de relations internationales et d’anthropologie à Boston University. Leurs travaux n’ont pas la même facture : l’ouvrage d’Azani est une composition de type universitaire fondée sur le dépouillement de nombreuses sources ; celui de Norton se présente comme une synthèse de recherches alimentées par ses contacts et son vécu dans des milieux chiites à l’attachement confessionnel variable.

Azani adopte comme clé de lecture le binôme terrorisme/contre-terrorisme. L’ensemble des événements, depuis l’invasion israélienne du sud Liban en 1978 jusqu’à la tentative échouée de réoccupation lors de la guerre de 2006, en passant par la seconde invasion de 1982 ou les bombardements massifs de 1993 et 1996, sont présentés comme des actes défensifs de « contrôle » face à des « terroristes », qu’ils soient palestiniens ou libanais. La thèse défendue consiste à dire que le monde contemporain est marqué par la montée d’une vague menaçante contre une citadelle. Derrière les remparts campent les représentants de l’« ordre » auxquels sont associées les notions de « démocratie », de « sécularité », de « nationalité », de « modernité ». Dans cet affrontement aux dimensions universelles, Israël est le poste avancé sur le terrain miné du « Moyen-Orient », bénéficiant avec peine de quelques alliés locaux de faible consistance. Quant au Hezbollah, il est inscrit une fois pour toutes dans une nébuleuse « islamique », sans qu’une identité claire n’émerge de traits liés à son inspiration chiite et au contexte social et institutionnel libanais. Il est accusé de mener une « activité terroriste secrète et violente » derrière le rideau d’une façade légale. Les attentats-suicides perpétrés contre la Force multinationale en 1983, les « attaques terroristes » qui ont visé Tsahal dans le Liban occupé, les prises d’otages, les bombardements de civils du nord d’Israël, les attentats qui ont visé la communauté juive en Argentine (en 1992 et 1994) sont englobés dans un même concept et attribués au même acteur.

L’éclairage donné à ces faits par Augustus Norton est différent. Un indice en dit long sur l’engagement diplomatique de cet ancien professeur à West Point : l’emploi du terme « invasion anglo-américaine » pour évoquer la guerre en Irak de 2003. Norton tente de régler la question du concept de « terrorisme » de deux manières. D’une part, il montre la relativité de l’acception suivant le contexte d’énonciation : les mentions relatives à l’OLP dans les discours de nombreux États étaient quasiment toutes accompagnées du terme « terroriste » dans les années 1970 et 1980, qualificatif abandonné après les accords d’Oslo (1993) ; le rôle de groupes de pression comme l’American-Israel Public Affairs Committee est démontré pour la qualification du Hezbollah comme groupe ennemi dans la « guerre contre le terrorisme » après 2001, alors qu’il figure déjà dans la liste du Département d’État labellisée « foreign terrorist organization » (1997). D’autre part, il affirme que « le Hezbollah et d’autres groupes libanais étaient pleinement dans leurs droits pour résister aux forces d’occupation et recourir pour ce faire à une violence mortelle », tout en précisant que nombre d’activités du Hezbollah, en matière de santé ou d’éducation, n’ont rien à voir avec l’usage de la violence contre des civils. Quant aux deux attentats en Argentine, son propos laisse à penser que le Hezbollah n’a pas été directement impliqué, contrairement aux services secrets iraniens. Cependant, beaucoup de questions restent en suspens, en particulier celle de l’implication d’Imad Mughniyeh, aujourd’hui présenté comme un des grands « martyrs » par le Hezbollah et les autorités iraniennes (une rue de Téhéran porte son nom). Lire le reste de cette entrée »

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