Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Réfugiés syriens : des chiffres affolants

Posted by jeunempl sur septembre 29, 2014

L’Hebdo Magazine – Julien Abi Ramia

Réfugiés syriens au LibanDe l’avis de tous les experts, l’accueil des réfugiés syriens constitue pour le Liban le plus grand défi économique et social de son histoire récente. Illustration en quelques chiffres marquants.

Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le nombre de réfugiés syriens installés sur le territoire libanais devrait franchir la barre des 1,6 million à la fin de l’année. Ils représenteraient alors 38% de la population du pays. A la mi-septembre, selon les derniers chiffres disponibles, les services de l’Onu ont enregistré près de 1,2 million d’exilés. Les projections indiquent que leur nombre réel est plus proche des deux millions. A lui seul, le Liban accueille plus de 40% des Syriens ayant fui leur pays. Lundi, l’administratrice du Programme de développement des Nations unies (PNUD) Helen Clark, en visite au Liban, a salué «la générosité du Liban qui a accueilli les réfugiés syriens, et cela malgré les pressions qu’il est en train de subir». Un discours compassé. Fragile, le pays a beaucoup de mal à en supporter le poids. Les experts économiques tirent la sonnette d’alarme.

Selon les chiffres du gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, l’accueil des réfugiés syriens coûte un milliard de dollars à l’Etat, et trois milliards et demi de manière indirecte, creusant de 6% le déficit du pays. Des chiffres qui confirment la dernière étude de la Banque mondiale. Elle estime que le conflit en Syrie aurait coûté au Liban plus de 7,5 milliards de dollars jusqu’à l’été dernier, causant une chute de 2,9% du PIB entre 2011 et 2014. Les Libanais paient leur prix fort de cette nouvelle charge. Depuis 2011, 170 000 Libanais de plus vivraient en dessous du seuil de pauvreté et le taux de chômage a doublé, passant au-dessus de la barre des 20%. En 2014, selon les estimations disponibles, 50 000 Libanais supplémentaires vivront dans la pauvreté.

Le ministre des Affaires sociales, Rachid Derbas, a récemment expliqué que seuls 17% des réfugiés syriens vivent dans des camps. L’immense majorité d’entre eux est installée dans des immeubles en cours de construction, dans des conditions sanitaires déplorables. Le ministre a également mis l’accent sur la prise en charge de 100 000 élèves syriens supplémentaires qui congestionnent les écoles du pays. Seule la moitié des enfants réfugiés est scolarisée. Derbas pointe du doigt les prévisions à la baisse de l’aide des Nations unies. Alors qu’elles couvraient jusqu’alors 53% des dépenses mobilisées pour l’accueil des réfugiés, elles n’en garantiront l’année prochaine que 30%.

Cette semaine, une digue a sauté. Le Liban a annoncé qu’il allait mettre en place deux premiers camps destinés aux réfugiés syriens fuyant la guerre dans leur pays. «Selon les estimations, chaque camp pourrait accueillir 10 000 personnes», a-t-il précisé. Ces campements seraient composés de préfabriqués, qui «pourront être démontés et emmenés (par les réfugiés syriens) quand ils déménageront en Syrie». L’opinion publique a toujours été réservée quant à l’ouverture de ces camps, craignant que de tels sites incitent les Syriens à rester dans le pays et favorisent une contagion du conflit syrien au Liban.

Le Haut Commissariat de l’Onu pour les réfugiés s’est dit «prêt à travailler» avec les autorités et a souligné que «l’impératif prioritaire» devait être la sécurité afin, notamment, que les réfugiés ne puissent pas être menacés par des «éléments armés». Le Liban a d’autres priorités.

L’Armée déloge les réfugiés

Depuis les combats de Ersal, l’enlèvement des militaires libanais dans le jurd de la localité par des jihadistes de l’Etat islamique et du Front al-Nosra, la décapitation par l’EI de deux soldats, Ali Sayyed et Abbas Medlege, et l’exécution par le Front al-Nosra du soldat Mohammad Hamié, les agressions contre les réfugiés syriens se sont multipliées au Liban. Nombre de municipalités ont émis des arrêtés demandant aux Syriens de quitter leurs communes. Sur le terrain, les perquisitions effectuées par l’armée dans les camps de réfugiés se sont poursuivies. A Jezzine, les soldats ont arrêté plusieurs réfugiés dans l’un des camps de la ville. A Tyr, l’armée a démantelé cinq tentes près d’une caserne militaire et demandé aux Syriens qui s’y trouvaient d’évacuer les lieux. Lundi, les services de renseignements de l’Armée libanaise ont perquisitionné les logements de réfugiés syriens dans le Koura et ont arrêté 25 personnes dans les villages de Batroumine, Deddé, Fih et Kalhat. A Dékouané, dans le Metn, une opération du même type a été menée.

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