Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Intervention en Syrie: la Belgique pas prête à s’engager sans preuves

Posted by jeunempl sur août 29, 2013

RTBF – Julien Vlassenbroek

Didier Reynders - ministre des Affaires EtrangèresEtats-Unis, France et Grande-Bretagne semblent décidés à intervenir en Syrie contre Bachar al-Assad, quitte à se passer d’un mandat des Nations unies. La Belgique est, elle, plus circonspecte. Les autorités belges plaident pour une intervention dans le cadre d’un mandat du Conseil de sécurité de l’ONU. Surtout, le gouvernement veut disposer de preuves sur la responsabilité du régime syrien dans les récentes attaques chimiques avant de s’engager.

« Ce que nous demandons (et nous sommes 37 Etats à le demander) au secrétaire général des Nations unies, c’est un rapport des experts de l’ONU sur l’utilisation des armes chimiques », a réaffirmé ce mercredi Didier Reynders interrogé par Bertrand Henne. « Par qui ont-elles été utilisées? Si nous ne pouvons disposer d’un rapport des Nations unies, nous sommes prêts aussi à recevoir des informations des Etats qui affirment avoir des preuves (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France). C’est pour cela que j’ai demandé une réunion au sein de l’Otan qui aura lieu aujourd’hui, parce que nous pensons que ces informations doivent être échangées », a encore précisé le ministre des Affaires étrangères sur les ondes de La Première.

Un ministre qui a appelé à la prudence dans ce dossier: « Il faut mesurer l’impact d’une action militaire. Quels sont les risques? Quelles conséquences sur la Syrie et sur la région? Et quelles conséquences d’agir sans aval du Conseil de sécurité? Car demain la Russie pourrait elle aussi décider d’intervenir sans l’aval si d’autres le font. Ce sont des débats délicats », soulève l’ancien président du MR. « Si on intervient militairement, avec quels objectifs et quelles conséquences? Si l’objectif est d’intervenir de manière limitée et ciblée dans le temps, j’essaie de voir ce que cela va donner dans le cours des événements en Syrie ».

En clair, le gouvernement belge au nom duquel s’exprime Didier Reynders n’est pas encore acquis à l’idée d’une intervention qui semble bel et bien se préparer en Syrie. « Je ne suis pas encore convaincu. Ce que nous demandons, c’est que nous recevions des informations démontrant qui a utilisé ces armes (chimiques). Si la France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont des informations à ce sujet, qu’ils les partagent avec leurs alliés au sein de l’OTAN ».

PS et MR sur la même ligne

Invités de l’émission Matin première ce mercredi, Marie Arena (PS) et Armand De Decker (MR), respectivement première et deuxième vice-président de la commission Affaires extérieures du Sénat, se sont déclarés tous deux sur la même ligne que le ministre Reynders.

« La position de la Belgique doit rester dans le cadre du mandat des Nations unies, c’est ce que la Belgique a toujours défendu », a précisé l’élue socialiste.

Tous deux refusent donc une intervention sans aval du Conseil de sécurité de l’ONU comme cela a pu être le cas en Irak en 2003 mais surtout au Kosovo en 1999 où les pays de l’OTAN avaient frappé la Serbie sans mandat des nations unies.

En outre, si des informations précises existent et que des pays de l’OTAN les détiennent, il faut « absolument » que la Belgique puisse en disposer.

Pour Armand De Decker, des bombardements ciblés mandats international seraient « une très mauvaise idée ». Le sénateur n’hésite pas à avancer que cela pourrait déboucher sur une « extension du conflit et mener à une guerre régionale qui pourrait prendre des proportions plus larges. Quasi mondiales ».

« La région pourrait devenir totalement incontrôlable »

« Quand des grandes puissances se lancent dans une intervention de ce type, dans cette région-là, qui est la plus bombe du monde, il faut s’attendre à d’autres réactions. On pourrait voir Israël en profiter pour attaquer l’Iran, on pourrait voir l’Iran en profiter pour attaquer les Etats du Golfe. La région pourrait devenir totalement incontrôlable », avertit le bourgmestre d’Uccle.

« Avec en plus des vainqueurs qui seraient salafistes ou chiites, qui seraient des Frères musulmans salafistes (sic – Frères musulmans et les salafistes sont des adversaires politiques et représentent des courants bien distincts de l’islamisme, ndlr) », pronostique-t-il.

En outre, « les Américains, les Français, les Anglais sont priés d’apporter une preuve formelle que les armes chimiques ont été utilisées par al-Assad et pas par les rebelles », avance l’ancien ministre de la Coopération au développement.

Enfin, « il faut savoir que si l’on frappe ponctuellement, cela ne règlera pas le problème des armes chimiques. Lorsqu’on aura découvert ou lorsqu’on verra que l’usage des armes chimiques se poursuit en Syrie, va-t-on intervenir au sol ? C’est là que Monsieur Lavrov (ministre des Affaires étrangères russe, ndlr) a raison : lorsqu’il demande aux Etats-Unis ‘mais quel est votre plan?’ pour après », estime Armand De Decker.

Les Verts souhaitent une réunion d’urgence pour définir la position belge

Ecolo et Groen ont appelé mercredi à la tenue urgente d’une réunion de la Commission mixte Chambre/Sénat des Affaires étrangères et de la Défense pour définir la position belge face à la possibilité d’une intervention militaire en Syrie. Dans un communiqué conjoint, les deux partis écologistes se déclarent « très prudents ».

« Si l’inaction et les atermoiements de la communauté internationale, vécus depuis de si longs mois, n’ont pas empêché la mort violente de plusieurs centaines de milliers de Syriens, et si toute la région est déstabilisée par le nombre croissant de réfugiés aux frontières, le lancement de bombes – fût-il ciblé – n’apportera en soi ni la sécurité, ni la démocratie ni l’état de droit », selon le communiqué.

« Les exemples afghans et irakiens, tout en s’inscrivant dans un contexte complètement différent, doivent faire réfléchir les trois pays favorables à une intervention militaire (France, Royaume-Uni et Etats-Unis, ndlr) sur les conséquences désastreuses que peut avoir une intervention pour laquelle une stratégie de sortie n’a pas été préalablement préparée, tant du point de vue politique qu’humanitaire », ajoutent Ecolo et Groen.

Pour les deux partis, une intervention militaire ne pourrait être envisagée qu’après un débat démocratique basé sur des éléments de preuve relatifs à l’utilisation d’armes chimiques.

Ce communiqué, signé par Muriel Gerkens, Zakia Khattabi, Benoit Hellings et Isabelle Durant, contraste avec le plaidoyer interventionniste développé par cette dernière sur les ondes de Bel-RTL un peu plus tôt. « Ce que je sais, c’est que ne pas bombarder, ne pas intervenir, l’indifférence dans laquelle la communauté internationale se tient, elle tue aussi. Elle tue en masse, elle tue des centaines de milliers de gens et elle amène des réfugiés en quantités industrielles », avait affirmé Isabelle Durant.

« Je préférerais bien entendu qu’on ait des preuves valides de l’usage d’armes chimiques, mais les preuves valides, comment est-ce qu’on va les avoir ? Quand ? Qui va les évaluer ? Ce sera au Conseil de sécurité, où les Russes, le ‘bouclier de Damas’, jamais ne valideront ces preuves ». Face au blocage au conseil de sécurité – « une institution qui émane de l’après guerre et dont les droits de veto sont hélas une réalité » -, Isabelle Durant n’excluait pas une intervention en dehors du cadre de la légalité internationale.

André Flahaut, président de la Chambre, a réaffirmé mercredi le point de vue exprimé la veille, assurant être sur la même longueur d’ondes que son homologue du Sénat. Une telle réunion des commissions est « prématurée », a-t-il réitéré alors que les principaux ministres du gouvernement ont pour la première fois évoqué mardi soir le dossier syrien et qu’il s’en est entretenu mercredi matin avec le Premier ministre Elio Di Rupo (PS) et le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders (MR).

André Flahaut a toutefois assuré qu’il n’était pas opposé à une convocation des commissions mixtes « mais quand il y aura des éléments neufs ».

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