Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Michel Éleftériadès, ou l’appui inconditionnel à l’armée libanaise

Posted by jeunempl sur juillet 30, 2013

(Béchara Maroun – L’Orient le Jour)

Michel Elefteriades - L'EmpereurL’entrepreneur-empereur aux discours controversés appelle à un rassemblement populaire de soutien à l’armée, le 1er août, place des Martyrs.

C’est dans les salons énigmatiques de son antre beyrouthin, l’Utopia Now, qui a vu se croiser de nombreux ambassadeurs, philosophes, journalistes, écrivains et musiciens de par le monde, que Michel Éleftériadès s’attelle à une ardue besogne. À quelques pas de son Music Hall, la boîte de nuit qui fait actuellement ravage à Dubaï aussi, l’entrepreneur et producteur libano-grec, connu pour avoir fréquenté de grands noms, comme l’avocat Jacques Vergès ou le philosophe Michel Onfray, concocte un projet d’un tout autre genre. Aujourd’hui, l’heure n’est pas aux affaires ni à la philosophie, encore moins à la musique.

Car M. Éleftériadès se mêle avant tout de politique. Et si « l’empereur » du Nowheristan, « l’empire » mythique qu’il a lui-même fondé, rêve d’un monde sans frontières, il tient toutefois à avoir son mot à dire sur la scène libanaise. Ancien combattant de l’armée à la fin des années 80 et fervent défenseur de cette institution, il lui organise, le 1er août, une manifestation de soutien. Et dans son salon se déroulent au quotidien des réunions pour garantir le succès de cette initiative.

« C’est une idée qui a germé dans ma tête il y a quelque temps, et que j’ai concrétisée avec l’aide de personnes qui partagent mon opinion à ce sujet, raconte M. Éleftériadès. Au bout de plusieurs années, je suis arrivé à la conviction que le salut du Liban ne peut se faire qu’à travers l’armée. Dans un pays entouré de tous côtés par des hordes de barbares, où plus rien ne tient debout et où la corruption est reine, seule l’armée peut prendre les choses en main. »

« Au Liban, explique-t-il, nous croyons que la liberté d’expression est sans limites. Les responsables politiques ne savent faire que de la surenchère à des fins électorales et politiques, et récemment l’armée a fait l’objet de critiques que l’on ne peut accepter et en a souffert. Insulter l’armée est devenu chose banale. Et jour après jour, nous réalisons que la marge de manœuvre de cette institution est minime alors que nous avons besoin d’une armée forte. Par ce rassemblement, nous voulons rétablir le prestige et l’aura de l’armée, en lui faisant savoir qu’elle est soutenue par d’importantes assises populaires. Ce n’est pas uniquement pour les politiciens que les citoyens manifestent. »

Ainsi, en ce 1er août, qui coïncidera avec le 70e anniversaire de l’armée, le défi lancé par Michel Éleftériadès consiste à prouver que l’armée bénéficie (encore) du soutien populaire de tous les Libanais, toutes appartenances confondues. « Nous œuvrons pour que les Libanais de différentes confessions participent à ce rassemblement, quels que soient leurs idéaux politiques, affirme l’initiateur du projet. L’armée est pour tous, et tous les Libanais la soutiennent, même si les médias tentent de faire croire à l’opinion publique le contraire. »

Concernant la réceptivité des partis libanais à un tel projet, M. Éleftériadès déclare : « Nous avons invité tous les partis politiques au rassemblement. Il est vrai que certains tentent actuellement de se repositionner par rapport à l’armée, mais leur public sera présent jeudi. Et je pense qu’ils devront suivre le mouvement, car ils perdront beaucoup à ne pas être présents et à se distancier de l’armée. Toute absence sera significative. » Et d’ajouter : « Nous ne sommes pas là pour discuter de politique et de slogans concernant le monopole des armes dans le pays. Nous serons place des Martyrs jeudi pour simplement soutenir l’armée. Créons à travers ce rassemblement une base populaire qui va grandir et qui pourra être mobilisée quand l’armée aura besoin de mobilisation. »

« Le peuple veut l’armée »

Si M. Éleftériadès est à l’origine d’un tel événement, il ne l’organise pas seul, mais il est aidé par un comité regroupant, entre autres, l’avocate et activiste politique May Khoreich, le penseur Hassan Hamadé, l’ancien ministre Ziyad Baroud, l’acteur Charbel Iskandar, Léa Akouri, veuve du colonel Sobhi Akouri mort à Nahr el-Bared, la famille du capitaine Chaar, tué dans le même camp, la famille du lieutenant Georges Abou Saab, tué lors des incidents de Abra, et Élie el-Hajj, fils du général martyr François el-Hajj, qui prononcera une allocution lors de l’événement. Près de 70 enfants de soldats libanais morts en mission chanteront pour leur part l’hymne national jeudi. La manifestation qui débutera à 17 heures inclura aussi des discours prononcés par des notables de chaque communauté, qui tenteront de décrire la relation de celle-ci avec l’armée. Les banderoles politiques et les photos des responsables politiques, et de soldats toujours en vie, seront interdites.

« Seuls le drapeau libanais et celui de l’armée, ainsi que les photos des soldats martyrs seront levés, précise Éleftériadès. Il ne s’agit pas d’un rallye pour une personne, mais pour une institution. La seule qui tient encore le coup au Liban », explique-t-il, remerciant par ailleurs tous les médias libanais qui ont chaleureusement salué cette initiative et le réseau d’affichage Pikasso, qui a pris en charge la promotion de l’événement, à travers le simple slogan « Le peuple veut l’armée », clin d’œil aux révolutions arabes. En effet, M. Éleftériadès n’est pas allé jusqu’à clamer « Que l’armée gouverne », même s’il « fantasme », selon ses dires, sur un règne militaire. « Il ne faudrait pas avoir peur d’une telle autorité, explique-t-il. Nos généraux sont des personnes éduquées et capables, et nos politiciens ne sont pas tellement cultivés, ouverts et irremplaçables. Mais d’ici là, l’important est de renforcer l’armée, non pas par principe ou parce que certaines choses sont intouchables, mais pour le Liban. » Et « l’empereur » d’ajouter : « Nous n’avons pu prospérer que lorsque nous étions sous tutelle ou que le pays était tenu de main ferme. Si c’est la condition sine qua non pour réussir, autant que ce soit l’armée libanaise qui contrôle le pays. »

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