Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Entre une manœuvre et l’autre, le flou persiste

Posted by jeunempl sur janvier 28, 2013

(Scarlett Haddad – L’Orient le Jour)

ElectionsFace à la soupe électorale actuelle et à la nausée qu’elle peut susciter chez de nombreux citoyens qui ne supportent plus les surenchères et les propositions fantaisistes, alors que toutes les parties prétendent avoir pour seul souci le fait d’assurer une représentation équitable, un petit retour en arrière s’impose.

Il y a trois mois, lorsque le sujet de la future loi électorale est devenu sérieusement d’actualité, la situation politique semblait la suivante : le camp du 8 Mars paraissait coincé entre le projet du gouvernement et le refus du 14 Mars de participer au débat pour des raisons de sécurité, alors que la solution la plus probable était d’organiser les élections sur la base de la loi actuelle. Le 14 Mars était donc parfaitement à l’aise car il était le maître du jeu électoral, plaçant le Hezbollah et le CPL devant une équation presque impossible : la loi de 1960 en sacrifiant les intérêts de l’allié chrétien ou pas d’élections, cette dernière option étant considérée comme improbable en raison de la position occidentale en faveur de la tenue des élections à la date prévue et du respect des échéances constitutionnelles.

Brusquement, sorti du chapeau d’on ne sait plus quel magicien, le projet grec-orthodoxe est revenu sur le tapis, bouleversant toutes les données. Ce qui ressemblait à une réaction de colère contre l’injustice frappant les électeurs chrétiens et qui n’était pas destiné à être pris au sérieux est soudain devenu un projet qui tient la route. Bkerké ne pouvait que saluer le principe de permettre aux chrétiens d’élire leurs députés alors qu’une grande partie d’entre eux était choisie, selon les lois en vigueur, par les druzes, les chiites et les sunnites.

Courant Patriotique Libre (CPL) - Tayyar el Watani el Horr - LogoLe CPL a vu dans ce projet la confirmation de son rôle de défenseur réel des droits des chrétiens. Les chrétiens du 14 Mars (ou du moins les deux grandes formations, les Forces libanaises et les Kataëb) ont été contraints de suivre le mouvement pour ne pas apparaître comme ceux qui acceptent de brader les droits des chrétiens, convaincus toutefois qu’un tel projet est inacceptable pour le Hezbollah et Amal. Mais les deux formations chiites ont passé outre leur refus de principe de confessionnaliser à outrance le débat électoral et elles ont donné leur accord au projet. Résultat : les tiraillements sont apparus au sein du 14 Mars, et les Forces libanaises multiplient désormais les assurances sur la solidité de leur alliance avec le courant du Futur, lequel ne veut pas entendre parler du projet grec-orthodoxe.

Les Kataëb cherchent à se distinguer mais appuient le principe d’améliorer la représentation chrétienne et les chrétiens indépendants du 14 Mars rejettent le projet grec-orthodoxe. La confusion règne donc désormais au sein du 14 Mars alors que des voix commencent à s’élever pour rappeler à ce camp les « véritables objectifs de la bataille électorale ».

Mgr Rahi et le pape Benoît XVIEn face, le 8 Mars affiche une grande sérénité, toutes ses composantes parlant d’une même voix et laissant leurs adversaires politiques se débattre dans leurs contradictions. Plus même, le Hezbollah – qui était en principe considéré comme la véritable cible des prochaines élections – a réussi à tirer son épingle du jeu, son représentant au sein de la sous-commission électorale restant en retrait et jouant pratiquement un rôle d’arbitre. En affirmant appuyer les positions de son allié chrétien, il a en fait renforcé celui-ci, mais il a aussi appuyé les positions de Bkerké en faveur d’une meilleure représentation chrétienne, tout comme il s’est inscrit dans la tendance actuelle prônée par le Vatican de renforcer la présence chrétienne dans la région, dont les chrétiens du Liban restent le symbole. Il a aussi montré à Walid Joumblatt qu’il est possible d’obtenir une majorité de voix au Parlement en faveur d’une loi électorale qui n’a pas son aval, et enfin, il a mis en avant les dissensions et les divergences entre les partenaires au sein du 14 Mars.

La manœuvre est habile et elle a réussi un renversement total de situation. Que le 8 Mars aille jusqu’au bout ou non dans son appui au projet grec-orthodoxe, il a en tout cas réussi à ce stade à retourner la situation en sa faveur.

Désormais, il est pratiquement acquis que la loi de 1960, que le courant du Futur voulait maintenir sans le dire ouvertement, ne peut plus rester en vigueur en 2013 et qu’il est nécessaire d’améliorer la représentation chrétienne, comme le soutiennent Bkerké et le CPL, alors que les chrétiens du 14 Mars auraient pu ignorer cette revendication puisqu’ils étaient prêts à accepter la loi de 1960. Enfin, l’éventualité d’un report des élections, faute d’un accord sur une nouvelle loi, n’est plus impossible et il est devenu une option. La tactique du 14 Mars de gagner du temps pour arriver à la date des élections avec une loi possible, celle de 1960, a donc été déjouée. Mais il reste au 8 Mars d’en trouver une nouvelle pour permettre la tenue des élections sur la base d’une loi acceptable pour tous. Mais selon des sources du 8 Mars, cela ne sera pas possible tant que certaines parties au sein du 14 Mars continuent à avoir les yeux fixés sur les développements en Syrie et à croire que le régime d’Assad peut chuter au cours des trois prochains mois.

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