Mouvement pour le Liban

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Cinq éléments des FSI auraient facilité l’évasion à Roumieh de membres de Fateh el-islam

Posted by jeunempl sur octobre 14, 2012

(L’Orient le Jour – Jeanine Jalkh)

Douze personnes parmi les forces de l’ordre ont été arrêtées dans le cadre de l’enquête sur l’évasion des islamistes. Les FSI effectuent une vaste opération de perquisition dans le bâtiment B « rebelle » et saisissent un important équipement interdit.

Les Dalton n’auraient certainement pas mieux fait. Des perceuses, des couteaux de boucher, et toute une flopée d’outils de menuiserie, des téléphones portables comme il se doit, et, pour couronner le tout, de fausses pièces d’identité.
N’allez pas chercher trop loin. Cette fois-ci, ils n’auront même pas eu besoin de la perforatrice ni de la pelleteuse pour faire des trous dans les murs ou creuser des tunnels comme on aurait pu le concevoir, mais tout simplement d’enfiler des habits propres après s’être rasés pour sortir par la grande porte, comme de simples visiteurs. Eh bien oui, débordant d’imagination et de créativité, trois fugitifs de Fateh el-islam ont réussi, encore une fois, à tromper leurs gardes puisqu’il faut le rappeler, ce n’est par leur première tentative.

Leur évasion, tout comme celle de leurs prédécesseurs, est digne non d’une simple bande dessinée, mais d’un film d’action qui ferait pâlir plus d’un scénariste. Quant au moment le plus fort de ce suspense, c’est l’opération commando effectuée par les forces spéciales des FSI hier en cours de journée. Cette perquisition-surprise dans le fameux bâtiment B, « où depuis plus de six ans les forces de l’ordre ne pouvaient plus mettre les pieds », comme le confie à L’Orient-Le Jour une source informée, a été décidée à la suite de ce scandale devenu politiquement intolérable.
Certes, après la dernière mutinerie, la énième en l’espace d’un an, et la tradition de la prise d’otages perpétuée par les islamistes en milieu carcéral, les forces de l’ordre ne voulaient plus risquer leur vie, d’autant que les mutineries entraînaient toutes les fois leur lot de tués et de blessés, notamment parmi les agents de sécurité.
Le forcing qui a eu lieu hier dans la prison de Roumieh « est historique à plus d’un point de vue », assure un responsable, puisque cette opération commando devrait en principe mettre fin à la loi de la jungle qui régnait dans ce bâtiment, ou plutôt de la loi du plus fort. Car, assure une source, « les FSI n’osaient pas accéder à l’aile où étaient retenus les membres du groupuscule islamiste, au nombre de 278, qui côtoyaient d’autres islamistes et toutes sortes de criminels dangereux, dont ceux qualifiés de terroristes ». Une sorte de cocktail Molotov qui « contredit toute logique sécuritaire. Il n’est pas acceptable de rassembler dans un même endroit des éléments aussi dangereux », confie une source sécuritaire qui rappelle qu’il n’existe plus aucune porte de séparation entre les prévenus.

Jusque-là, c’étaient bien eux qui faisaient régner la loi sur les lieux : « Ils décidaient qui devaient faire quoi, à quelle heure il fallait manger, prier », assure la source sur un ton désabusé. Bref, une sorte de mini-État créé à l’intérieur même de ce lieu carcéral dont les gardiens se sont eux-mêmes transformés en prisonniers et où les criminels en font à leur guise et décident de quitter les lieux quand bon leur semble.
C’était d’ailleurs les détenus eux-mêmes qui faisaient l’appel entre eux, et non les geôliers, confie une autre source autorisée qui rectifie l’information qui circulait dans les médias selon laquelle les prisonniers ont été portés disparus après l’appel fait à l’intérieur de la prison. « La disparition date de deux mois et dix jours », assure la source qui souligne que ce n’est donc pas le décompte qui a dévoilé la disparition des trois islamistes.
Ainsi, et après l’opération en principe réussie des forces de l’ordre qui ont pu enfin reprendre possession du bâtiment, le thriller des multiples évasions des membres de Fateh el-islam « devrait approcher de sa fin », estime une source proche du dossier.

Un happy end qui sera, on l’espère, non point en faveur des islamistes, mais de l’État libanais, de la loi et de l’ordre.
« Il s’agit d’une opération-clé qui a permis enfin aux forces de sécurité d’accéder sur les lieux. Elle devrait servir de fondement pour l’avenir », rassure un responsable qui rappelle que la perquisition est le fruit d’une collaboration entre les FSI et le commissaire du gouvernement prés le tribunal militaire, Sakr Sakr.
Le butin de l’opération : des armes blanches de toutes les tailles, un compresseur, des vilebrequins, des scies, des seringues, et même des narguilés, les détenus islamistes ayant adopté, à contre-courant, une loi autorisant de fumer à l’intérieur de leur grande cellule !
Ce n’est pas l’avis d’un haut responsable de sécurité qui reste convaincu que « les risques de débordements de toutes sortes resteront les mêmes tant que les détenus de ce calibre n’ont pas été transférés dans une nouvelle prison, plus moderne, plus adaptée, et dotée de caméras de surveillance ».
Le pouvoir judiciaire semble en tout cas décidé de sévir et d’aller jusqu’au bout de cette affaire qui a terni la réputation de plus d’un responsable. La reddition des comptes a donc commencé. En soirée, le juge d’instruction chargé de cette affaire, Dany Zeenny, qui enquête depuis plusieurs jours d’affilée sur ce dossier, avait déjà arrêté plus de douze personnes dans le cadre de l’affaire, notamment pour négligence, dont deux hauts responsables, le directeur de la prison, le commandant Ahmad Abou Daher, et le lieutenant Abdel Hafiz Fawaz. Près de 64 éléments, dont plusieurs officiers, sont retenus pour les besoins de l’enquête.

« D’autres arrestations pourraient suivre. Elles seront annoncées dans les heures qui viennent », assure une source qui suit de près le dossier. Parmi les douze éléments arrêtés, cinq seraient complices dans l’exécution de l’évasion, dont deux sergents et trois gardes.
Pour un haut responsable sécuritaire, qui accueille avec prudence les accusations de complicité, ce sont toujours les forces de l’ordre qui servent de bouc émissaire pour camoufler les failles de la classe politique. Selon lui, tous les responsables qui se sont succédé à la tête des ministères concernés doivent assumer leur part de responsabilité et non seulement les forces de l’ordre, d’autant que l’état de dégradation des prisons, et plus spécifiquement celle de Roumieh, date de 1975 et les rapports insistant sur la nécessité d’édifier de nouvelles prisons, plus humaines et surtout plus sécurisées, se sont empilés depuis.
Mais comme à chaque fois qu’il est question de responsabilité collective, rien n’est plus simple que de se jeter mutuellement la balle. Et de se croiser les bras… en attendant la prochaine évasion.

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