Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Spéléo: A la découverte du monde souterrain du Liban

Posted by jeunempl sur octobre 2, 2012

Iloubnan.info

Le pays du Cèdre regorge de cavités et de galeries que l’on peut découvrir grâce à la spéléologie. Ce sport n’est pas sans danger, mais si on le pratique avec un encadrement de professionnels, l’aventure en vaut vraiment la peine… Alors, à vos casques… Prêts ? Partez…

Un matin d’hiver, 7h30. Dans la lumière du jour tout juste levé, un véhicule roule en direction du nord du Mont-Liban. A Jal El Dib, (Metn nord), il rejoint quatre autres voitures, dont les occupants sont eux aussi chargés de sacs à dos et d’un matériel bien particulier : casques à lampes frontale, casques carbure (dont l’éclairage est fourni par une flamme), mousquetons, cordes, bottes antidérapantes… Le groupe de spéléologues amateurs poursuit sa route vers la grotte de Rweiss, près du village de Kartaba, dans les hauteurs du département de Jbeil.

Des moniteurs de l’Association libanaise pour les études spéléologiques (ALES) vérifient le matériel, la pose correcte du casque, mais aussi la présence indispensable de l’imperméable ou de l’anorak. Car le soleil qui réchauffe le monde de la surface ne peut pas trouver son chemin à l’intérieur de la cavité. Tout le monde est prêt, maintenant. Il est temps de se lancer.

Pas à pas, vers le monde de l’inconnu

La grotte a ses propres portes d’entrée. « Lampes allumées ! » ordonne l’un des moniteurs. En effet la lumière aveuglante du dehors se heurte aux ténèbres profondes de la cavité. Pas question de faire un seul pas sans la lumière des lampes fixées sur les casques. Les membres du groupe enjambent les rochers qui parsèment l’entrée de la grotte. L’exercice demande de la concentration pour ne pas perdre l’équilibre dans cette grotte pour le moment horizontale « Il faut être très attentif à chacun de ses mouvements » explique Antoine Comaty, président de l’ALES.

« Peu importe le poids de la personne, l’essentiel c’est de pouvoir compter sur son corps, et surtout de ne pas avoir peur », poursuit-il. Car la confiance est la plus fondamentale des valeurs d’un spéléologue professionnel ou amateur.

Sport à risque

Alors qu’on avance à pas compté, on sent que la pente du terrain s’accentue. Il s’agit maintenant de descendre sur la corde pour gagner la seconde étape et poursuivre son chemin. Les moniteurs ont la formation nécessaire pour aider les membres de l’expédition à accomplir les bons gestes. Chacun compte aussi sur son matériel, à commencer par les bottes antidérapantes. Grâce aux moniteurs, descendre sur la corde est finalement une affaire amusante. Samer, un membre d’ALES, donne les indications aux sportifs : « Pose le pied droit sur le rocher plat… Prends bien appui pour poser ton autre pied sur mon genou… puis tu peux poser le pied sur cet un autre rocher plat. Voilà, parfait ».

La lumière du soleil a désormais totalement cédé la place à la pénombre. Le trajet devient de plus en plus difficile. Entre l’attention prêtée à chaque pas et la nécessité de ne pas se laisser distancer par les moniteurs pour ne pas se perdre, l’aventure est de plus en plus passionnante. « Il est indispensable de suivre les moniteurs de près, et évidemment d’autant plus que l’on est novice ou que l’on n’est jamais venu dans cette grotte », précise Antoine Comaty.

« Il ne s’agit pas d’une cavité d’une seule pièce, ni d’un terrain où il est facile de se déplacer. C’est une vraie ville qui peut s’étendre sur des kilomètres carrés de superficie, comme par exemple la grotte de Rweiss ». Et en effet, on peut voir plusieurs chemins s’ouvrir devant soi, dans toutes les directions, menant sans doute vers mille et un endroits différents, dont certains totalement inconnus… Carole Nehme, jeune spéléologue également membre de l’ALES explique qu’à «l’intérieur de la grotte, il y a plusieurs salles, gouffres, boyaux, que nous n’avons pas encore découverts. Ils peuvent être très dangereux. Y tomber ou s’y perdre peut être fatal ! »

Une ville millénaire

Chaque rocher de la grotte raconte une histoire. Chaque stalagmite dresse l’arbre généalogique de tout un extraordinaire univers naturel. Les stalagmites formées au fil des siècles, voire des millénaires, grâce au calcaire de l’eau, donnent naissance à des tableaux naturels qui font de l’intérieur de la grotte un véritable musée de créations calciques parfois saisissantes.

« L’eau souterraine s’infiltre dans les couches de calcaire pour former des cavités au fil de millions d’années », explique Antoine Comaty, qui insiste sur l’importance d’explorer ces cavités en les protégeant contre « l’ignorance » humaine qui peut éliminer des millions d’années en moins d’une seconde ! « Les gens entrent souvent dans les grottes, cassent les stalagmites, en prennent quelques unes puis les jettent quelques jours plus tard, quand le calcaire se désintègre », indique-t-il. « C’est comme ca qu’ils déforment la cavité». Cette déformation pèse lourdement sur la grotte.

Sources d’eau potable

Généralement, la ressource spéléologique est présente dans les chaînes montagneuses. Elle se situe notamment au nord, au sud, au Mont-Liban et dans la Békaa. « Comme nous nous sommes imposés comme acteurs majeurs sur le terrain, nous sommes déjà bien connectés avec les divers villages et localités des régions concernées » affirme Comaty. Première référence? Les bergers. Ceux-ci connaissent très bien les régions montagneuses. Ils peuvent servir de guide pour la moindre cavité.

« A vrai dire, il ne faut négliger aucune cavité, peu importe qu’elle soit petite ou grande. Parfois, de petites cavités peuvent nous mener à des gouffres énormes comme à Attin Azar au Metn nord » explique-t-il. Il ajoute : « Attin Azar, à titre d’exemple, a été découvert par hasard à partir d’un petit trou de 15 mètres. Aujourd’hui, c’est le second plus grand gouffre au Liban, s’étalant sur 515 mètres. Il comprend une rivière souterraine importante d’eau potable».

ALES s’est engagée dans le projet de ce gouffre. Elle y œuvre et travaille avec l’Etat pour pomper l’eau vers l’extérieur, ce qui fournira de l’eau potable à tout un secteur au Metn nord, allant de Bikfaya à Mrouj en passant par d’autres villages.

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