Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

La Finul au Nord, cabinet de «salut national» : L’escalade programmée du 14 mars

Posted by jeunempl sur septembre 10, 2012

L’Hebdo Magazine – Julien Abi-Ramia

[Note du MPLBelgique.org : Le 14 Mars et son bloc « Le Liban d’abord » ferait mieux de se renommer « la Syrie d’abord ». Depuis plus d’un an, leur seul soucis est de destabiliser le Liban à travers une multitude de positions et d’actes irresponsables tant au niveau externe avec leur trafic d’armes pour les extrémistes syriens, qu’au niveau interne en utilisant les armes à Tripoli, à Saida et même à Beyrouth pour faire régner la peur et le chaos dans le pays. Ils préfèrent un Liban à feu et à sang tant qu’ils ne retrouvent pas le pouvoir… ce que nous refusons de cautionner ! Le MPL Belgique ne cessera de dénoncer ces actes mal veillants.]

La contagion de la crise syrienne est entrée dans une nouvelle phase. Malgré les protestations des autorités, les combats qui opposent le régime à l’insurrection ont fini par effacer les frontières entre le Liban et la Syrie. Une situation que le 14 mars, devenu relais politique de l’opposition à Assad, compte bien exploiter pour faire tomber le gouvernement avant les élections législatives.

A un kilomètre de la frontière libano-syrienne, sur les rives de Nahr el-Kabir, en contrebas de la voie Halba-Qobeiat, les localités chrétiennes de Noura, Dabbabiyé, Mounjez et Kherbet el-Ramman. Ces villages font face à Tal Kalakh, situé à cinq kilomètres à peine. Dans cette zone, l’armée syrienne traque les insurgés depuis plusieurs mois. Les échanges de tirs y sont fréquents, mais les hameaux étaient épargnés, les combats se déroulant principalement dans la vallée. Dans la nuit du 30 au 31 août dernier, les affrontements ont changé de configuration. Une trentaine d’obus, tirés par l’armée syrienne, se sont abattus sur Mounjez et les villages voisins. Plusieurs habitations sont touchées et un policier blessé. Le maire de Mounjez, Toni Antonios, tire la sonnette d’alarme. «Nous sommes la cible, depuis des mois, de balles perdues et de tirs d’obus. Certaines familles déplacées n’osent plus rentrer chez elles, c’est inadmissible. S’ils veulent pourchasser les hommes armés, qu’ils le fassent chez eux, pas sur notre territoire», ignorant la présence de rebelles syriens dans le village.

Les autorités tapent du poing

Après plusieurs mois d’atermoiements, les dirigeants libanais ont changé de pied, depuis le 23 juillet dernier, date à laquelle le président Michel Sleiman a vigoureusement protesté contre les violations syriennes du territoire libanais. Au lendemain du bombardement de Mounjez et d’une incursion à Qaa dans la Békaa, Baabda publiait un communiqué expliquant que «les autorités syriennes, qui ont mis à pied les responsables de ce bombardement, décidé sans leur accord, s’excusent pour cette erreur». Mais quelques heures après la publication de ce communiqué, de nouveaux obus sont tombés sur la même région. La réponse du gouvernement ne s’est pas fait attendre.

Lundi, le Premier ministre Najib Mikati a officiellement demandé à l’ambassadeur du Liban à Damas, Michel Khoury, «de remettre une lettre en urgence au ministre syrien des Affaires étrangères l’informant que des positions syriennes continuaient de bombarder des localités libanaises frontalières», violations qui «pourraient avoir des répercussions négatives sur la stabilité et le calme à la frontière malgré les mesures de sécurité prises par l’Armée libanaise».

Plusieurs sources, proches de Damas, expliquent qu’une véritable tension s’est installée entre le président Sleiman et Bachar el-Assad. Les contacts directs entre les deux hommes se sont interrompus. En cause, côté syrien, la «désinvolture» du président libanais qui a notamment déclaré publiquement qu’il attendait un appel de son homologue syrien dans le cadre de l’affaire Samaha. Comme pour le dossier de Mounjez, il est reproché au président Sleiman d’impliquer Bachar el-Assad dans ces affaires sensibles et, ainsi, de s’écarter de la ligne politique de neutralité que l’Etat avait fixée au début de la crise.

Qu’attend donc, des autorités libanaises, le régime syrien, qui a installé des mines le long de la frontière? La position de Jean Kahwagi, qui a expliqué ce week-end que «l’institution militaire ne permettra pas la création de zones sécuritaires et de zones tampons en dehors de l’autorité de l’Etat», ne suffit-elle plus? Le pouvoir damascène souhaiterait surtout un soutien politique qui se traduirait sur le terrain avec, par exemple, une traque plus poussée des circuits mis en place par les oppositions syrienne et libanaise.

Ce week-end, un officier de l’armée a été arrêté par les forces de l’ordre, accusé de trafic d’armes et de contrebande vers la Syrie. Toujours ce même week-end, les forces de sécurité de l’Aéroport international de Beyrouth ont intercepté, d’un avion venant du Qatar, 12 dispositifs de communication à longue portée. Les dispositifs sont désormais aux mains de la direction des services de renseignements, et le passager, titulaire d’un passeport britannique, qui a tenté de faire passer le matériel, a été libéré sous caution après avoir été interrogé.

Le 14 mars veut forcer le destin

De son côté, le 14 mars compte bien profiter de la radicalisation du conflit. L’opposition a fait évoluer sa stratégie. Après avoir tenté, à la faveur de l’afflux de réfugiés syriens et de la porosité de la frontière, de sanctuariser une zone tampon dans le nord du pays qui aurait servi de base-arrière à l’insurrection, puis plus tard de mettre en cause le rôle et les capacités de l’armée face à la crise, le 14 mars concentre désormais son action sur le terrain politique et diplomatique.

Sont désormais visés l’ambassadeur syrien au Liban, le ministre des Affaires étrangères (voir encadré). En filigrane, le Hezbollah et le gouvernement. Et pour accompagner cette mobilisation populaire, le leader de l’opposition, Fouad Siniora, s’est rendu à Baabda mardi pour transmettre au président de la République un mémorandum signé par l’ensemble des députés de l’opposition.

Ce mémorandum pose un constat. «Nous constatons que le gouvernement ferme les yeux de manière honteuse sur les attaques répétées de l’armée régulière syrienne contre le territoire et le peuple libanais. Cette négligence gouvernementale est due à de nombreuses causes, en particulier à la tutelle qu’exercent certaines parties locales, et à leur tête le Hezbollah».

Pour corriger le tir, le 14 mars propose dix mesures: le gel des accords sécuritaires conclus entre le Liban et la Syrie, celui de l’action du Conseil supérieur libano-syrien, et le placement de l’ambassadeur de Syrie à Beyrouth sur la liste des persona non grata qui pose la volonté de l’opposition de rompre les liens diplomatiques avec la Syrie.

La véritable nouveauté est ailleurs. Le 14 mars demande, «en accord avec le Premier ministre, l’aide de la Finul pour le contrôle de la frontière libano-syrienne, conformément aux dispositions de la Résolution 1701». Une attaque directe contre l’action de l’armée, mais aussi et surtout, un appel strident à la communauté internationale dont l’action est bloquée au Conseil de sécurité de l’Onu.

Les puissances qui ont pris fait et cause pour l’opposition syrienne sont à la recherche d’une alternative. Dans le cadre du sommet des pays non-alignés, organisé à Téhéran le week-end dernier, le guide suprême de la Révolution islamique, Ali Khamenei, a reçu la visite du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon. Dans sa délégation figurait l’ancien ambassadeur des Etats-Unis au Liban, Jeffrey Feltman, très proche des pôles du 14 mars, aujourd’hui à la tête du bureau des affaires politiques du secrétariat général. Est-ce un hasard si les doléances onusiennes de l’opposition interviennent au moment où Feltman obtient ce poste?

Le mémorandum se termine sur un appel à la formation d’un gouvernement de salut national. A Baabda, on estime que ce document est irréaliste. Du côté du PSP, dont le leader Walid Joumblatt a rencontré à Paris Saad Hariri, on explique que ce document n’a été rédigé que pour remobiliser les troupes du 14 mars. Et surtout, pour obtenir le départ du cabinet actuel avant les élections législatives prévues en mai 2013.

Le Liban, qui assure durant le mois la présidence tournante de la conférence ministérielle de la Ligue arabe, voit s’ouvrir un front diplomatique alors que les autorités avaient bon an mal an réussi à contenir la poussée sécuritaire à Tripoli. Un nouveau chapitre s’est ouvert.

Expulsez l’ambassadeur!

A l’appel des sections jeunes des formations de l’opposition, quelques centaines de manifestants de toutes les composantes du 14 mars se sont rassemblés, la semaine dernière, devant le palais Bustros, pour réclamer l’expulsion du Liban de l’ambassadeur de Syrie, Ali Abdel Karim Ali.

Brandissant des drapeaux des Forces libanaises, du Courant du futur, des Kataëb et du PNL, les manifestants se sont d’abord regroupés dans le grand parking attenant au campus de l’USJ, rue Huvelin, avant de se diriger vers le siège du ministère des Affaires étrangères. Des personnalités politiques du 14 mars ont participé à ce mouvement, dont le secrétaire général du 14 mars, l’ancien député Farès Souhaid et le député Ahmed Fatfat. La journaliste May Chidiac était également présente.

La manifestation aurait pu dégénérer lorsque des sympathisants de la Jamaa islamiya ont entamé des chants religieux. Quelques partisans du Courant du futur se sont joints à la chorale, mettant mal à l’aise les étudiants chrétiens qui ont chanté à la gloire de leurs leaders. Il a fallu attendre que retentissent les slogans de la révolution syrienne pour que les chants partisans cessent.

Jean Kahwagi, l’homme-clé

«L’initiative de l’armée visant à établir des ponts de communication entre toutes les parties est l’un des moyens de traiter la situation au Liban, d’une façon calme et sage, loin du langage des armes». Le commandant en chef de l’Armée libanaise a, en ce moment, du pain sur la planche. Après avoir été mis en accusation ces derniers mois, l’Armée revient dans la lumière, profitant de l’appui politique de l’Etat qui tente de mettre en œuvre un processus de sécurisation. Jean Kahwagi est aujourd’hui sur tous les fronts.

Sur le terrain tripolitain, le général, qui a rendu visite à ses troupes déployées à Mohsen, Tebbaneh et Kobbé, explique que «la sécurisation de Tripoli est une priorité de l’armée, compte tenu des répercussions qu’une montée des tensions pourrait avoir sur l’ensemble du pays».

Sur le dossier des violations de la frontière, c’est lui qui a noué les premiers contacts avec ses homologues en Syrie. Lors d’une cérémonie organisée à Yarzé, en l’honneur des officiers à la retraite, Kahwagi a affirmé: «l’armée tient à effectuer son plan militaire sur la scène interne et cherche à contrôler fermement toutes les frontières, nonobstant ses modestes capacités».

A noter que le commandant de l’armée a rencontré cette semaine le chef du commandement militaire central des Etats-Unis, le général James Mattis, rencontre au cours de laquelle il a été question de l’aide américaine à l’Armée Libanaise.

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