Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Décès tragique d’un cheikh au Akkar : contexte d’un drame (in)évitable

Posted by jeunempl sur mai 20, 2012

MPLBelgique.org

Ce dimanche 20 mai, le cheikh Ahmed Abdel Wahed est mort après avoir forcé un barrage de l’armée libanaise en direction de Halba au Akkar. Un de ses gardes du corps a également été tué lors de l’échange de tirs.

S’en sont suivies des accusations politiques à l’égard de l’armée libanaise et des manifestations à caractère communautaire à plusieurs endroits du pays, dont la banlieue sunnite de la capitale, le quartier de Tarik Jdidé à Beyrouth. La route y a été coupée par des partisans de Hariri. Ils ont ainsi mis le feu à des poubelles et des pneus afin d’empêcher les citoyens d’emprunter plusieurs artères de la capitale ainsi que bloquer l’accès au Sud du pays.

Le cheikh, proche du courant du Futur, devait participer à un rassemblement organisé par les partisans de Hariri à Halba pour y commémorer les évènements du 7 mai 2008 à Beyrouth. Ce rassemblement a été annulé à la suite de cet incident.
A noter qu’un autre rassemblement devait avoir lieu sur la place de Halba… celui de la commémoration du massacre de Halba où des partisans du PSNS avaient été sauvagement assassinés par les partisans de Hariri en mai 2008.

Plusieurs versions derrière l’incident du cheikh abattu

D’après MTV, une chaîne financée par des proches du clan Hariri, le cheikh aurait été abattu de sang froid par l’armée libanaise alors que son véhicule se serait arrêté au check-point de l’armée. Le cheikh serait un opposant à Assad, d’où un lien à faire avec l’incident…

D’après l’OTV, chaîne de télévision proche du Courant Patriotique Libre, deux véhicules transportant 8 personnes dont le cheikh en question étaient remplis d’armes. Suite au refus d’obtempérer à un contrôle militaire au niveau d’un barrage de l’armée libanaise, et blessant par la même occasion 1 ou 2 soldats, l’armée aurait riposté en tirant sur le véhicule du cheikh en fuite. Touché par une balle, Abdel Wahed en est mort plusieurs heures plus tard.

D’après un premier rapport de l’armée libanaise (publié par New TV-Al Jadeed), celui-ci confirme bien la présence de 2 véhicules escortant cheikh Abdel Wahed, mais un seul aurait refusé et agi violemment à la demande de fouille de l’armée. C’est à ce moment qu’un soldat a été touché au visage par un tir provenant du véhicule en question… d’où la réplique d’un autre soldat. La fouille a par après confirmé la présence de 3 AKs et 1 M16 dans le véhicule.

Quoiqu’il en soit, le véhicule du cheikh Ahmad Abdel Wahed était teinté, les vitres noires et opaques. Lorsqu’un check-point de l’armée est sur le point d’être franchi, il est de coutume d’ouvrir ses fenêtres et d’obtempérer à toute exigence de l’armée libanaise. Ici en l’occurrence, il s’est avéré que le véhicule du cheikh était rempli d’armes. Quelle que soit leur destination finale, soient-elles pour des pro ou anti Assad en Syrie, ces armes n’ont rien à faire dans un véhicule et encore moins celui d’un cheikh. L’armée libanaise ne pouvait agir autrement que par les armes face à un véhicule hostile (d’après la police, des tirs ont émergé du véhicule en direction de l’armée) et court-circuitant l’autorité de l’état.

Une campagne de haine qui met en danger le pays

Khaled Daher est un député du Courant du Futur qui, depuis 2 ans maintenant, ne cesse de mener campagne contre l’armée libanaise. L’objectif est simple: réduire l’influence de l’institution militaire, seule institution non corrompue du pays, afin d’établir et de faire développer dans la région une arrière base extrémiste et salafiste.

Aujourd’hui, il fut encore une fois le premier à cibler l’armée, appelant à la chasser de la région du Akkar et même du Liban-Nord.
Pour rappel, le Akkar a toujours été l’une des régions les plus impliquées au sein de l’armée libanaise et l’appel de Daher est une tentative désespérée d’affaiblissement de l’institution militaire, sur fond de campagne sectaire.

Guerre d’usure à l’encontre des Libanais?

Depuis une semaine maintenant, les extrémistes sunnites du nord du pays, essentiellement des salafistes, mènent une véritable guerre contre les institutions de l’état. A Tripoli, ils ont utilisé les armes pour contester l’arrestation d’un des leurs, Chadi Mawlaoui. Il s’agit d’un extrémiste ayant commis des crimes et appartenant à une mouvance proche d’Al Qaida.

Refusant cette arrestation, les salafistes appuyés par le clan Hariri ont mis à feu et à sang Tripoli, la capitale sunnite du pays. Ils ont par la suite cherché à divertir la communauté internationale en créant un conflit avec les alaouites de Jabal Mohsen afin de prétexter une importation du conflit syrien au Liban.

Cet incident intervient également au même moment où le massacre de Halba (mai 2008) est commémoré par les familles des victimes au Nord. Une dizaine de membres du PSNS (parti social national syrien) avaient alors été froidement abattu par la milice du courant du Futur de Hariri. Cette commémoration était également la cible d’une campagne médiatique à son encontre par les médias pro-Hariri ces derniers jours.

Suite à ce nouvel épisode de violence, les Libanais en ont assez des discours communautaires, de haine et de violence. Ils voient de plus en plus la patte du clan Hariri, prêt à tout pour reprendre le pouvoir. Compte tenu du manque de soutien interne, son Courant du Futur cherche à semer la discorde avec l’appui des salafistes pour empêcher la tenue d’élections législatives d’ici 1 an. Dans l’état actuel des forces en présence, ces élections réduiraient à néant sa mainmise sur la scène politique libanaise.

Des reporters dont une journaliste de la New TV (Al Jadeed), ont également été pris pour cible par les extrémistes.

Tension à Halba suite à la mort du cheikh Ahmad Abdel Wahed, proche du Courant du Futur

(L’Orient le Jour)

La place de Halba dans le Akkar était supposée être le théâtre de deux rassemblements parallèles des partisans du Parti syrien national social (PSNS) d’une part et du Courant du Futur d’autre part, pour la 4e commémoration du 7 mai 2008.

Seul le PSNS a tenu son meeting. Le Courant du Futur a annulé le sien suite au décès du cheikh Ahmad Abdel Wahed et de son garde du corps, lors d’un échange de tirs entre l’armée libanaise et le convoi de ce cheikh proche du Courant du Futur au poste de contrôle de Kweikhat (à Halba).

Selon les médias locaux, cheikh Abdel Wahed et son garde du corps auraient refusé de s’arrêter au poste de contrôle de l’armée. Une version confirmée par les Forces de sécurité intérieure, qui ont assuré à la chaîne MTV que le poste de contrôle de l’armée a été la cible de tirs et que la troupe n’était pas la première à tirer.

L’armée libanaise a pour sa part annoncé l’ouverture d’une enquête. Dans un communiqué, l’armée a « déploré (…) le regrettable incident qui s’est produit près d’un barrage (…) et a ouvert immédiatement une enquête », sans en expliciter les circonstances.

De son côté, le Premier ministre Nagib Mikati a ordonné l’ouverture d’une enquête sur la mort de cheikh Abdel Wahed, a rapporté l’Agence nationale d’information (ANI, officielle). Selon l’agence, le chef du gouvernement a présenté ses condoléances au député Khaled el-Daher, exhortant toutes les parties au calme. Son prédecesseur, Saad Hariri, a lancé le même appel mettant toutes les parties en garde contre le piège d’un conflit.

Quelques minutes après l’incident, le député du Courant du Futur, Khaled Daher, a annoncé l’annulation du rassemblement au cours duquel cheikh Abdel Wahed était supposé prononcer un discours. Le député a tenu l’armée libanaise et le gouvernement pour responsables de la mort du dignitaire religieux. « Le tir de l’armée était intentionnel et nous assurons que cet incident ne passera pas facilement. Nous ne permettrons pas que nous soyions visés ainsi », a déclaré M. Daher. Et de poursuivre : « Nous tenons le commandant en chef de l’armée Jean Kawhaji pour responsable de ces actes violents ».

Un important déploiement de forces armées était noté au Akkar où la tension est à son paroxysme. La route de Halba-Akkar a d’ailleurs été bloquée par des pneus brûlés en guise de protestation contre la mort de cheikh Abdel Wahed. Des députés de la région ont aussitôt appelé à « chasser l’armée de Halba et demandé que son rôle soit pris en charge par les Forces de sécurité intérieure ».

Selon le correspondant de la chaîne al-Jadeed (New TV), aucune présence militaire n’a été signalée dans le secteur par la suite.

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