Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Promesse tenue : 270 immeubles à Haret Hreik entièrement reconstruits à l’initiative de Waad

Posted by jeunempl sur mai 11, 2012

(Scarlett Haddad – L’Orient le Jour)

Ce soir, la banlieue sud revêtira ses plus beaux atours pour la grande célébration de l’exécution totale du projet Waad qui prévoyait la reconstruction de 270 immeubles à Haret Hreik détruits pendant la guerre de 2006, sur une superficie d’un million 50 m2. 3 941 appartements ainsi que 1 771 magasins, dépôts et locaux commerciaux seront remis à leurs propriétaires. Le projet était ambitieux, l’exécution est grandiose et les quelque 20 000 personnes qui en profitent sont heureuses aujourd’hui d’habiter des lieux bien plus beaux que ceux qui ont été détruits.

Pour célébrer ce rendez-vous attendu depuis un peu moins de six ans, le Hezbollah, dont l’association Jihad el-Binaa a conçu le projet Waad, a décidé de faire les choses en grand : jeux de lumière sur les immeubles flambant neufs, avec recommandation de ranger au moins pour une soirée les rideaux sur les balcons chers aux habitants, et discours du secrétaire général Hassan Nasrallah ainsi que du directeur du projet, Hassan Jechi. Ce dernier ne cache d’ailleurs pas sa satisfaction devant l’accomplissement de la mission qui lui a été confiée.

Depuis mai 2007, date à laquelle le projet a été lancé, Jechi n’a cessé de recevoir, pêle-mêle, bureaux d’ingénieurs, architectes, entrepreneurs, fournisseurs en matériaux de construction et surtout les habitants, d’abord inquiets et sceptiques, ensuite enthousiastes et à la fin, exigeants, voulant qui changer le décor de la cuisine, qui le carrelage de la salle de bains, etc. Pendant 5 ans, Jechi, qui n’est d’ailleurs pas membre du Hezbollah, et son équipe ont reçu tout le monde, écoutant les réclamations, les doléances, les espoirs et les rêves, tout en ayant une double priorité : achever le projet dans les délais et réduire les coûts.

Il a d’ailleurs fallu toute l’habileté de Jechi et de ses adjoints pour que l’opération gigantesque, un des plus grands plans de reconstruction urbaine dans le monde, ne coûte que 400 millions de dollars, dont l’État paie en principe près de la moitié. Jusqu’à présent, il a versé 133,9 millions de dollars et il doit encore aux habitants 74 millions, notamment pour qu’ils puissent acheter des meubles. L’État, qui s’était chargé du transport des gravats, a zappé aussi les excavations (6 millions de dollars) et les murs pour consolider les fondations (7 millions de dollars). Toutes ces sommes, ainsi que la différence dans les montants, ont été assurées par le Hezbollah, via l’Iran, comme l’avait déclaré dans un de ses discours Hassan Nasrallah.

Les habitants, dont plusieurs familles chrétiennes, qui avaient des appartements à Haret Hreik, ne s’y trompent d’ailleurs pas, ne tarissant pas d’éloges à l’égard du Hezbollah et demandant à haute voix : si l’État avait pris entièrement en charge le projet, serions-nous aujourd’hui de retour chez nous? Regardez ce qui s’est passé avec les déplacés de la Montagne, en près de 25 ans et plus d’un milliard et demi de dollars versés par l’État, les travaux ne sont pas terminés…

Élias Thoumi, fier de son nouvel appartement dans l’ancien périmètre de sécurité du Hezbollah à Haret Hreik, estime que ce qui lui a été remis est bien plus beau que ce qu’il possédait et il y vit en toute tranquillité. Son appartement est proche de l’église St-Joseph de Haret Hreik, elle aussi entièrement rénovée. Il déclare d’ailleurs que chaque dimanche il y a une messe dans cette église et que sans être nombreux, les fidèles tiennent à y assister. Le père Issa, responsable de la paroisse, confirme et précise que de plus en plus de chrétiens sont en train de revenir à Haret Hreik. Même quand ils n’habitent pas les lieux, ils tiennent à s’y rendre régulièrement.

L’ancien périmètre de sécurité, qui a fait couler tellement d’encre, est méconnaissable. Les immeubles ont l’air coquet et les routes sont ouvertes à la circulation. Il faut vraiment bien connaître la région pour se rappeler qu’il y avait là le secrétariat général du Hezbollah, et dans ce coin, le siège du Conseil de la Choura. Tout a tellement changé et le cœur de « Dahié » est devenu un quartier moderne, où chaque immeuble est désormais doté d’un trottoir, selon les normes internationales. Les immeubles sont d’ailleurs dotés de parkings souterrains, de générateurs électriques et ils sont antisismiques, dotés d’une double épaisseur de murs.

Dans son bureau, qui sera bientôt fermé, lorsque le projet sera entièrement achevé et les derniers comptes réglés, Hassan Jechi prépare sans relâche la cérémonie de ce soir. Il explique que lorsque le Hezbollah lui a confié ce projet, il a eu des moments d’inquiétude. D’abord, il s’agit d’une grande chose qui met en cause beaucoup d’argent. Ensuite, il craignait que le Hezbollah intervienne pour placer tel entrepreneur ou tel fournisseur. Mais aujourd’hui, 5 ans plus tard, il affirme qu’il a géré, avec son équipe de 180 personnes, les travaux, sans la moindre intervention de la part du Hezbollah. Il a simplement eu recours à eux pour créer une force spéciale, dite « al-Indibat », chargée de gérer les travaux dans une zone résidentielle, c’est-à-dire assurer la circulation et éviter de causer des problèmes aux passants et aux habitants des quartiers avoisinants. De même, des cartes ont été distribuées aux équipes d’entrepreneurs, d’architectes et à la main-d’œuvre pour leur permettre de circuler sans problème.

Lorsqu’on lui demande pourquoi les travaux ont pris cinq ans, Hassan Jechi répond d’abord que la reconstruction de Nahr el-Bared, qui représente le tiers du projet de Waad, n’est pas encore achevée. Il ajoute ensuite qu’il y a eu dans ce projet de nombreux obstacles à surmonter, dont le problème de la main-d’œuvre essentiellement syrienne, ainsi que la nécessité d’obtenir l’aval des habitants qui changeaient souvent d’avis et avec lesquels il fallait sans cesse négocier. Il y a eu aussi le fait que lorsque Waad a lancé son appel d’offres, de nombreux bureaux et sociétés de construction se sont montrés intéressés, notamment venant du Golfe, de Malaisie et même de Chine. Et puis un jour, tous ont disparu. Jechi estime qu’un mot d’ordre a été donné pour ne pas coopérer avec Waad. De même que les banques refusaient de donner des garanties sous prétexte que Jihad el-Binaa était sur la liste noire américaine. Malgré tout, des bureaux libanais ont voulu tenter l’aventure et le travail est désormais terminé.

Hassan Jechi insiste sur le fait que Waad n’est pas un projet commercial, comme c’est le cas de Solidere. Là, il fallait reconstruire et redonner aux habitants. Et même si les appartements reconstruits valent plus cher que ceux qui ont été détruits, Waad n’en tire aucun profit et ce sont les habitants qui gagnent au change. Les habitants qui fêteront ce soir le retour chez eux dans des appartements neufs et qui n’en reviennent pas d’habiter désormais dans un quartier plus agréable. Mais la question cruciale reste la suivante : s’il n’y a plus de périmètre de sécurité, où s’installeront désormais les responsables du Hezbollah et en particulier Hassan Nasrallah? Toutes les personnes interrogées se sont contentées de dire que l’idée du périmètre de sécurité a été abandonnée au profit d’une conception plus moderne et moins visible de la sécurité. Est-ce à dire que le secrétaire général du Hezbollah aurait de nombreux appartements dans ce quartier et dans d’autres ? Les personnes interrogées éclatent d’un grand rire : « Tout Dahié est sa maison ! »

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