Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Ce que symbolise la dissolution des «Forces Libanaises»… loin des slogans et des émotions

Posted by jeunempl sur avril 5, 2012

Jad Abou Jaoudé
Traduit par Tayyar Intishar

Il est certain que la dissolution du «Parti des Forces libanaises» le 23 Mars 1994 fut un crime à la fois moral, constitutionnel, juridique et politique, comme la torture des personnes qui lui étaient affiliées avant et après la «dissolution», loin de tout « prétexte » de sécurité.

Il est certain aussi que la responsabilité morale, constitutionnelle, juridique et politique de la dissolution du parti des « Forces libanaises » revient à l’autorité de la tutelle syrienne qui a couvert la résolution, ainsi qu’au pouvoir exécutif libanais qui a pris cette décision et l’a mise en application.

Il est de notoriété publique que le pouvoir exécutif libanais ayant pris la décision et mise en application, était composé de l’ancien Président de la République feu Elias Hraoui, l’ancien Premier Ministre feu Rafic Hariri et des ministres du gouvernement libanais consentant à « la dissolution » -dont la plupart est aujourd’hui devenue alliée des Forces libanaises dans le rassemblement du 14 Mars- en plus des outils militaires et sécuritaires qui ont mis en œuvre la décision…

Ceci, dans le passé…
Dans le présent, avant d’être une occasion pour se rappeler de ce qui s’est passé dans les années 90, « les membres des Forces Libanaises » sont invités aujourd’hui – comme tous les jours – à réfléchir sur la signification réelle du 23 Mars 1994.

En politique, le 23 Mars 1994 est une déclaration claire de l’échec total de l’itinéraire de Samir Geagea prise à partir de 1988. Ce dernier a conduit en fin de compte à la légalisation de l’occupation syrienne du Liban d’abord, puis l’altération de la Constitution en général – les pouvoirs de la présidence de la république chrétienne maronite dans un deuxième temps – et a nui aux «Forces libanaises» dans un troisième temps.

Le chemin indiqué a connu des étapes documentées dans divers livres et documents publiés durant cette période: un soutien politique illimité aux députés qui ont voyagé en Arabie saoudite pour déclarer l’Accord de Taëf, l’engagement militaire dans l’attaque menée contre l’armée libanaise au cours de la «guerre d’élimination» et les évènements du 13 Octobre, et l’engagement avec les gouvernements pro-syriens entre 1990 et 1994.

Toujours au niveau politique, le 23 Mars 1994 est une déclaration claire de l’échec total d’une stratégie complète qui a été principalement destinée à résumer la scène chrétienne à une personne ou une équipe, au travers d’évènements bien connus: les batailles internes au sein des « Forces libanaises » avant 1988, l’expulsion du président Amine Gemayel du Liban en Octobre 1988, la contribution à l’exil du général Michel Aoun, l’assassinat de Dany Chamoun, et la tentative de contrôle du Parti Kataëb à travers des élections pour sa présidence sous la pression des armes en 1992.

Politiquement encore, le 23 Mars 1994 est une confirmation de l’expression « révolutionnaires noirs et blancs », si l’un d’eux a agi avec complicité avec Assad pour manger l’autre, l’autre sera sans doute condamné à être avalé, et c’est ce qui s’est réellement passé: Lorsque Geagea a fait un complot avec l’occupant syrien contre le général Aoun en 1990, son tour est arrivé après quatre ans seulement…
Par conséquent, le 23 Mars 1994 est également une déclaration claire de l’échec total d’une relation établie avec l’occupant avant son retrait du Liban, comme Geagea l’a fait avant les guerres insensées qu’il menait, et au cours de sa visite en Syrie lors de son occupation du Liban en 1994.

Le 23 Mars 2012, les membres des Forces Libanaises sont invités à agir calmement, et rester à l’écart de toute irritation ou émotion, afin de réfléchir au symbolisme politique du 23 Mars 1994.
Ils sont appelés, avant d’être entraînés par des appels du type « que les Frères Musulmans gouvernent », à réfléchir aux dimensions de la période dont ils se rappellent aujourd’hui, afin de réaliser que leur direction a commis une erreur stratégique de cette ampleur en 1989, et que rien n’empêche qu’elle se répète de nos jours.

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