Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Vrej Sabounjian : Actif et discret

Posted by jeunempl sur avril 3, 2012

L’Hebdo Magazine – Joëlle Seif

Le ministre de l’Industrie, Vrej Sabounjian, est un homme discret. Aux belles paroles, il préfère l’action. Sur son travail au ministère, il est intarissable. En revanche, lorsqu’on essaie de le faire parler sur les alliances du parti Tachnag pour les élections de 2013 ou sur la réconciliation du parti avec Michel Murr, ses réponses sont très diplomatiques. Sarcastique à l’occasion, il ne manque pas d’égratigner au passage l’ancien président Amine Gemayel ou de répondre vertement à Walid Joumblatt.

Né en 1948, du plus loin qu’il s’en souvienne, Vrej Sabounjian a toujours fait partie du Tachnag. «Aussi loin que remontent mes souvenirs, j’étais membre du Tachnag» dit-il. C’est sur la décision du parti qu’il s’est présenté aux élections législatives de 2009 pour le siège arménien-orthodoxe à Achrafié. Mais ce n’est qu’en tant que ministre de l’Industrie dans le cabinet de Najib Mikati qu’il fait réellement son entrée en politique. «Il est vrai que c’est la première fois que je suis ministre, mais il existe beaucoup d’autres qui sont dans la même situation. Il est évident que certains sont plus familiers avec la procédure des réunions du Conseil, mais il y a des personnes qui ont beaucoup d’expérience sans avoir été ministres au préalable. Leurs interventions sont très intéressantes et utiles», confie Sabounjian. Les critiques formulées par l’actuelle opposition ne le dérangent pas outre mesure. «Quand on est en dehors du pouvoir, il est normal de critiquer l’action du gouvernement. Je suis pour la critique constructive. La critique gratuite ne sert à rien, puisque finalement, que ce soit la majorité ou l’opposition, tout le monde travaille dans l’intérêt du pays», affirme le ministre de l’Industrie.

Dans un pays où il existe deux visions de l’économie, celle reposant sur les services et l’autre sur l’industrie, Vrej Sabounjian considère qu’une économie de services ne peut réussir à elle seule et il faut impérativement qu’on ait une économie équilibrée. Pour lui, il est très important de prendre en considération les données et le timing, ce dernier étant un facteur capital. «La situation politique et la situation économique sont étroitement liées. Une économie équilibrée dépend aussi bien du bon timing que des investissements et de la création d’emplois», dit-il. Selon lui, l’économie de services c’est l’excellence, l’économie agricole c’est la conviction et l’économie industrielle c’est l’immunité. «C’est ce qu’on appelle une économie équilibrée», explique Sabounjian.

Dans ce contexte, il donne l’exemple des pays du Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) dont l’économie est solide en raison d’une forte industrialisation. «Si l’économie allemande reste forte aujourd’hui face à la crise européenne, c’est grâce à son industrie», dit-il. «Je ne défends pas l’industrie parce que je suis ministre de l’Industrie, mais parce que je crois profondément en l’industrie et suis totalement convaincu de mon action au ministère. Il faut introduire la culture de l’industrie dans les manuels scolaires pour sensibiliser les gens à son importance», affirme-t-il.

Ses réalisations au ministère de l’Industrie sont nombreuses. Une décision récente vient de fixer de nouvelles conditions pour l’obtention d’un permis pour l’ouverture d’une usine, à savoir, contracter une assurance contre incendie, contre tiers et une autre relative aux accidents de travail. Une modernisation est entreprise au niveau des conditions générales du permis en vue de préserver la santé, l’environnement et la sécurité publique. Un amendement de l’article 59 de la loi sur la TVA vient d’annuler la taxe imposée sur les matières premières importées destinées à l’industrie. Ceci sans compter les visites qu’entreprend le ministre dans les différentes régions libanaises et celles effectuées à l’étranger, au Soudan et en Arménie, où plusieurs accords de collaboration industrielle ont été signés. Plusieurs décisions concernant la fermeture de certaines usines ne remplissant pas les conditions requises au niveau de la sécurité alimentaire ont été également prises. Le ministre de l’Industrie propose l’adoption du principe des fusions et acquisitions. «L’économie libanaise est dynamique, mais elle est limitée. Le marché se limite à 4 millions de personnes. Pour continuer et faire face à la concurrence, il faut effectuer des fusions et des acquisitions. Les fusions dans un même secteur rendent celui-ci plus fort et à même de relever les nouveaux défis», explique Sabounjian. Une des grandes faiblesses de l’économie libanaise, selon le ministre, est incontestablement la bourse de Beyrouth. «Elle n’est pas assez liquide et ne fonctionne pas comme il faut. La bourse a grand besoin de modernisation», estime-t-il. Il annonce également qu’après l’accord du Conseil des ministres et à la suite desnégociations avec les pays arabes, désormais Beyrouth sera le siège pour le développement des exportations arabes.

«Actuellement, nous sommes à la recherche d’un local à Beyrouth. La mission de cet organisme sera de contrôler les exportations arabes vers tous les pays et faciliter l’échange d’informations concernant les besoins spécifiques de chaque marché», confie Sabounjian. Sur un autre plan, le ministre évoque l’accord conclu avec le ministère des Affaires étrangères qui consiste à mettre les ambassades libanaises à contribution sur le plan économique, en les chargeant de la promotion des usines et des produits libanais. «Nous n’avons pas d’attaché commercial dans les ambassades, alors l’ambassadeur de chaque pays nous aidera en fournissant des informations utiles à l’industrie et en faisant la promotion des produits libanais», explique Vrej Sabounjian. Pour lui, les cinq à dix prochaines années devront être consacrées à réviser la productivité et l’efficacité de l’industrie face aux défis à relever. Le ministre vient d’introduire également l’ISO 23000, qui est un programme destiné à réglementer la relation entre le propriétaire de l’usine et les ouvriers. Ce programme est adressé aux petites industries, où propriétaires et ouvriers travaillent en étroite collaboration et son but est de créer une sorte de responsabilité sociale. «J’aime le Liban et je veux que toutes les institutions industrielles réussissent. Actuellement, je travaille avec le vice-président du Conseil, Samir Mokbel, sur la modernisation des lois et sur l’Idal afin qu’un grand nombre d’institutions puissent bénéficier de ses avantages», explique Sabounjian.

Bien qu’il soit totalement engagé dans son action au ministère, on ne peut pas ne pas aborder avec Vrej Sabounjian les derniers développements sur la scène politique, en particulier le rapprochement entre le Tachnag et l’ancien ministre Michel Murr. A tel point qu’on pourrait se demander si l’alliance du parti avec le Courant patriotique libre serait mise en cause, surtout avec l’approche des élections législatives de 2013. «Aujourd’hui, je limite mes activités au ministère de l’Industrie et je laisse les alliances et les décisions politiques aux responsables du parti», dit-il.

Même concernant la relation avec les Kataëb, le ministre demeure évasif. Pourtant, il n’hésite pas à lancer une petite pointe sarcastique lorsqu’on l’interroge sur la position du Tachnag à la suite des fameux propos du président Amine Gemayel, après sa défaite aux élections partielles du Metn face à Camille Khoury. «Je ne me souviens pas de ce qu’avait dit Amine Gemayel. Mais serait-il prêt à répéter les mêmes propos aujourd’hui?», dit-il.

C’est dans le même esprit qu’il répond à la fameuse phrase de Walid Joumblatt, qualifiant les maronites de «mauvaise race» en avril 2009. «Je suis marié depuis plus de trente ans à une maronite et je n’ai jamais eu à m’en plaindre jusqu’à présent», s’étonnait-il au cours d’un meeting électoral.

Marié à Salma Fadel, Sabounjian est père de trois enfants, deux garçons et une fille: Serge (30 ans), Julie (27 ans) et Karl (26 ans). Sa nouvelle charge lui laisse très peu de temps à consacrer à sa famille. «Ils comprennent la situation et ne se plaignent pas. Je sais que tout reviendra à la normale lorsque je quitterai le ministère», estime Sabounjian.

CEO du groupe Vresso, qui comprend six compagnies, le ministre n’arrête pas de travailler. Même les samedis et dimanches. Ses enfants occupent des fonctions au sein du groupe. «J’ai confiance dans les responsables de la compagnie, et mes interventions sont rares, même si je suis les activités du groupe de près. Mes proches collaborateurs et ceux qui ont travaillé avec moi ont beaucoup appris de moi», dit-il. Après tous les succès que les Libanais ont enregistrés dans le pays et dans le monde, et malgré toutes les guerres et toutes les crises vécues, Vrej Sabounjian adresse un conseil: «Education, éducation, éducation! L’avenir c’est cela».
A bon entendeur, salut…

La vigne et les vins libanais

Le ministre Vrej Sabounjian vient d’annoncer la création de l’Institut national de la vigne et des vins. Une idée qui est née de la notoriété que le vin libanais est en train de prendre à l’étranger. «La création de cet institut devrait réglementer le secteur du vin au Liban et promouvoir son image de marque à l’étranger», explique Sabounjian. Cet institut comprendra un restaurant européen, un restaurant libanais, une salle de dégustation ainsi qu’un laboratoire. «Plus tard, il sera transformé en attraction touristique à l’instar des régions comme Nappa Valley et autres», dit-il.

Ce qu’il en pense

-Ses lectures: «Je lis beaucoup, en particulier des analyses économiques et des ouvrages historiques. Je suis convaincu que l’Histoire est un éternel recommencement et l’être humain commet toujours les mêmes erreurs. Je n’ai pas peur de faire des erreurs. Je nomme les choses par leur nom et je leur fait face».

-Le sport: «Je suis de ceux qui croient à l’adage «un esprit sain dans un corps sain» et j’aime le sport. Lorsque j’ai le temps, je fais du jogging».

-Sa devise: «Au ministère, j’ai adopté le slogan “Un Liban productif” qui est la continuation du slogan adopté par Pierre Gemayel “Tu aimes le Liban? Aime son industrie”. Mais sur le plan personnel, je suis quelqu’un qui aime la réussite, tout en étant convaincu que l’on doit apprendre à donner et non seulement prendre. Il faut aider les gens et les associations autant que possible, et pas seulement sur le plan matériel, il faut donner de soi, c’est cela le plus important».

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