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Parlement : Joumblatt torpille la majorité

Posted by jeunempl sur mars 10, 2012

Julien Abi-Ramia – L’Hebdo Magazine

Pourtant toujours membre de la majorité, Walid Joumblatt n’a pas assuré le quorum lors de la dernière séance plénière du Parlement. En se contentant d’assurer l’essentiel, à savoir le maintien du gouvernement en place, le Hezbollah laisse aux centristes la possibilité de pousser leur avantage contre le CPL.

Si, en France, selon l’expression consacrée, tout finit par des chansons; au Liban, tout finit par des compromis. Le pôle centriste de la majorité a le vent en poupe. Après la victoire de Najib Mikati dans l’affaire du décret concernant les allocations de transport, les dix derniers jours ont permis à Michel Sleiman et à Walid Joumblatt d’avancer leurs pions. Dimanche à Baabda, le chef de l’Etat a reçu Michel Aoun. Une rencontre au sommet, impromptue après des semaines de lutte intestine entre les deux généraux. L’entrevue a été rendue possible grâce à la présence au palais présidentiel du patriarche maronite Bechara Raï. En bon père spirituel, le chef de l’Eglise s’est donné pour objectif de normaliser les relations entre les deux hommes. Des sources proches du CPL indiquent que le président a demandé au général de cesser ses invectives contre lui car il y va, dixit Sleiman, de «la protection du rôle de la présidence de la République». Grâce au patriarche, qui a joué les modérateurs, la discussion s’est déroulée dans une atmosphère positive, chacun ayant pu lister ses griefs envers l’autre, essentiellement sur la question des nominations qui cristallise le bras de fer.

En attendant Berry

Cette normalisation constituerait une vraie victoire pour le président, littéralement assailli par des critiques du CPL. Après Mikati et Sleiman, c’était au tour, lundi, de Walid Joumblatt de monter au créneau. Contrairement aux deux présidents, contraints à la cohabitation, le leader du PSP possède, lui, l’arme fatale, celle qui peut renverser la majorité de la manière la plus institutionnelle qui soit. Cette arme, c’est son bloc de dix députés. Et ce lundi, ils manquaient à l’appel de la majorité, reportant la séance plénière au 15 mars prochain. Du côté du PSP, on invoque deux raisons somme toute élémentaires. Aucun compromis n’avait été trouvé sur les dépenses hors-budget, et il n’est pas question de déjuger leur présence aux gouvernements de la majorité précédente. Le parti attend donc l’avancée des négociations engagées par Nabih Berry pour surmonter l’obstacle. Un compromis global auquel Walid Joumblatt, à l’issue d’une rencontre avec le président du Parlement, a appelé de ses vœux.

C’est désormais à Aïn el-Tiné que sont tranchés les différends. Après le compromis qu’il a mis sur pied, avec Najib Mikati et Michel Aoun qui sont apparus ensemble place de l’Etoile, sur l’affaire Nahas, Berry est encore une fois appelé à la rescousse. Voilà le deal proposé le week-end dernier: la légalisation des 8900 milliards du gouvernement Mikati irait de pair avec le transfert de la question des 11 milliards débloqués entre 2005 et 2010 en commission, parlementaire ou ministérielle, histoire de l’«enterrer» jusqu’en mai prochain, date de la fin des travaux du Parlement. Une initiative soutenue par le chef de l’Etat qui a dépêché l’ancien ministre, Khalil Hraoui, auprès du chef de l’opposition législative, Fouad Siniora. Mais l’ancien Premier ministre a refusé cette alternative. Et c’est parce que la proposition de loi déposée par les députés du Courant du futur, Ghazi Youssef et Jamal Jarrah, légalisant toutes les dépenses de 2005 à aujourd’hui, n’a pas été inscrite à l’ordre du jour que l’opposition a décidé de boycotter la séance de lundi.

Joumblatt a les clés

Cette majorité fonctionne actuellement de manière totalement prévisible. Les faucons font deux pas en avant sous la houlette de Michel Aoun, les centristes font un pas en arrière en tempérant leurs ardeurs, Nabih Berry joue les conseillers conjugaux et un compromis du mieux est mis sur pied. Après le report de la séance de lundi, une entrevue de plus d’une heure a réuni au bureau de Nabih Berry, le Premier ministre, le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, le leader des Marada Sleiman Frangié, le ministre Gebran Bassil et l’émir druze Talal Arslane. Mikati et Frangié se sont contentés d’expliquer que ce qui s‘est passé s’inscrit dans les règles démocratiques. Les aounistes, eux, sont sortis de leurs gonds, criant à la manipulation de l’opposition qui, «par tous les moyens, veut cacher ses pratiques douteuses», dixit Nabil Nicolas.

Plusieurs enseignements sont à tirer de cet épisode. La démission de Charbel Nahas a brisé quelque chose au sein du CPL. Sa voix tonne mais ne porte plus. Tiraillé entre réformisme à tout rompre et une obligation de résultats par des compromis avec ses partenaires plus conservateurs, le parti est toujours entre deux eaux. Ensuite, les centristes s’imposent comme la première force du pays. Non par leur popularité, mais par leur positionnement subtile qui cadre parfaitement avec l’impératif pour le Hezbollah de maintenir ce gouvernement coûte que coûte. Toute l’affaire tourne autour des relations entre le Hezbollah, qui parraine cette majorité, et Walid Joumblatt qui s’est définitivement désolidarisé de l’ex-opposition. Le leader druze a bien expliqué que le dossier des 11 et des 8900 milliards ne constituerait pas un motif de démission. Il justifie sa présence au gouvernement en arguant de la paix civile. Pour le Parti de Dieu, c’est là l’essentiel. Mais la question syrienne pourrait bien précipiter les choses. J. A-R.

Mgr Raï suscite la polémique

Les désaccords entre le patriarche et les anti-Bachar refont surface. Voici ce qu’a déclaré Raï à l’agence Reuters. «La Syrie, comme d’autres pays, a besoin de réformes que son peuple exige. Il est vrai que le régime Baas syrien est un régime dictatorial, mais il y en a beaucoup d’autres dans le monde arabe. Tous les régimes dans le monde arabe ont l’Islam comme religion d’Etat, excepté la Syrie. Ce n’est pas un état islamique. La Syrie est ce qui se rapproche le plus de la démocratie. Nous ne la défendons pas. Mais nous regrettons que la Syrie, qui veut faire un pas en avant, soit soumise à cette violence».

Le coordinateur général des forces du 14 mars, Farès Souhaid, s’est déclaré surpris par ses propos. Le cheikh Daï al-Islam Shahhal, l’une des figures de proue du salafisme à Tripoli, s’est même fendu d’un communiqué dans lequel il accuse le patriarche d’être «l’avocat du régime de Bachar al-Assad».

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