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Législatives en Iran : Ali Larijani se prépare à la présidence

Posted by jeunempl sur mars 10, 2012

Walid Raad – L’Hebdo Magazine

Le chiffre est pour le moins impressionnant: 65% des électeurs iraniens se sont déplacés pour choisir les membres de leur nouveau majlis (Parlement), 52% à Téhéran. Cette participation record ne représente pourtant pas une bonne nouvelle pour le président Mahmoud Ahmedinejad, qui a vu la majorité de ses partisans battus par ceux du camp ultraconservateur, proche du guide suprême Ali Khaménéi. Ainsi, des 290 sièges en jeu, les amis d’Ahmadinejad n’en n’ont remporté qu’une poignée, une vingtaine tout au plus. Pire, dans les grandes villes du pays, la majorité a été remportée par le clan d’Ali Larijani, l’ennemi intime du président, qui a été élu dans la ville sainte de Qom avec plus de 270000 voix. Le choix de Qom est hautement symbolique pour celui qui ne manque pas une occasion de se démarquer d’un président qu’il juge corrompu et maladroit. Même dans les régions rurales, historiquement favorables au président, les électeurs ont choisi à 70% les listes du Front fondamentaliste uni, soutenu –discrètement- par le guide, au détriment des listes du Front de l’intégrité, proche du chef de l’Etat. Ceci a poussé le politologue iranien Davoud Hermidas Bavand à dire que «l’ère du nejadisme et le rôle joué par celui-ci dans l’histoire iranienne semblent toucher à leur fin».

L’ancien président iranien, Hashemi Rafsandjani, s’est retrouvé aussi dans une situation très confuse. Après s’être rendu dans un bureau de vote, et avant même que le dépouillage des voix ne commence, il dénonçait des fraudes, qualifiant le scrutin de «mascarade».

Le néjadisme, c’est fini!

Mais au-delà des ces critiques, la participation populaire semble avoir surpris les responsables du régime, qui espéraient un taux proche des 50%. Mais au final, il a été dépassé, et de loin.

Ces élections étaient différentes car contrairement aux scrutins précédents, les deux camps qui s’affrontaient n’étaient pas les conservateurs et les réformateurs mais le clan d’Ahmadinejad et le camp proche de Khamenei. Cet événement était primordial, car il s’agissait du premier scrutin organisé après les élections présidentielles contestées de 2009, qui avaient abouti à la réélection d’Ahmedinejad et poussé les réformateurs à porter leurs protestations dans la rue.

Ces trois dernières années, le Maghreb et le Moyen-Orient ont changé avec le Printemps arabe. L’Iran aussi a subi de profondes transformations. Si la région d’Ahvaz, à majorité sunnite et arabe, est restée fidèle à elle-même et a boycotté le processus électoral en protestation contre ce que les Arabes considèrent comme une politique de ségrégation, les 30 autres provinces ont participé en masse au scrutin, et le taux de participation à travers le pays a augmenté de 11% par rapport aux élections législatives de 2008. Les jeux sont faits ou presque, puisqu’un second tour sera organisé d’ici quatre semaines mais pour 67 sièges seulement, alors que le Majlis en compte 290. En fin de compte, les analystes prédisent que la nouvelle Assemblée sera dominée par le Front fondamentaliste Uni à 75%.

Mais quelles seront les conséquences de ce scrutin sur la politique étrangère iranienne et surtout sur le programme nucléaire? La réponse ne semble pas vraiment compliquée surtout que les résultats n’auront à priori aucun effet sur ces deux dossiers gérés depuis de longues années par le guide suprême en personne. C’est en tout cas l’analyse d’Eliezer Tzafrir, directeur du bureau du Mossad à Téhéran jusqu’en 1979, qui a noté dans un article publié dans le Jérusalem Post que «ces élections auront uniquement un impact sur la politique iranienne interne. Tout le monde répète que le camp de Khamenei est plus fanatique et extrémiste que celui d’Ahmedinejad, mais je ne crois pas que ce soit vraiment le cas. Quoi qu’il en soit, ce scrutin n’aura aucune répercussion sur le programme nucléaire iranien et cela est pour moi probablement la seule certitude».

Nouveaux rapports de force

Les 9es élections législatives tenues par la République islamique ont connu plusieurs surprises et ont probablement déterminé le rapport de force sur l’échiquier politique iranien pour les années à venir. Premier constat, le fait que malgré les pressions internationales et la vaste campagne médiatique, le régime semble toujours jouir d’un important soutien populaire, surtout de la part des couches les plus pauvres de la société. Autre constat, l’actuel président Ahmedinejad ne pourra plus prétendre jouer un rôle prépondérant à l’avenir puisqu’il a perdu son bloc parlementaire et devra cohabiter pendant deux ans avec un Parlement qui lui est majoritairement hostile. Sa bataille avec le guide suprême a clairement tourné à l’avantage du second et le président sortant du Parlement, Ali Larijani, sera probablement réélu à ce poste avant de briguer la présidence en 2013. Désormais, c’est le président qui est sur la sellette et il ne lui sera plus possible de commettre le moindre faux pas. Mais le plus grand perdant reste sans aucun doute le camp des réformateurs, qui subit d’énormes pressions depuis 2009 et dont les deux leaders Mir-Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi sont assignés à résidence. Les réformateurs n’ont pas réussi à mobiliser leurs troupes et leur appel au boycott n’a pas eu d’écho. Pire, ils sont apparus divisés et plus que jamais loin des réalités sur le terrain.

La sœur du président battue

Parvin, la sœur du président Mahmoud Ahmadinejad, s’est présentée dans le fief familial de Garmsar, une petite ville de la de province de Semnan qui compte 40000 habitants, à 82 kilomètres de la capitale. Mais nul n’est prophète dans son propre pays. Elle a été battue à plate couture par un candidat soutenu par le camp du guide suprême. Mauvaise perdante, elle a prétendu être victime de fraudes électorales et a assuré qu’elle comptait contester le résultat final. Son frère, l’ancien ingénieur civil, doit sûrement d’ores et déjà penser à son propre avenir qui s’annonce sombre. Il devra céder sa place l’année prochaine et ne sera pas candidat à sa propre réélection, car la Constitution le lui interdit. Alors que le président préparait calmement un des ses proches pour lui succéder, il semble que ces résultats catastrophiques ont fini par briser son rêve.

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