Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Nicolas Sehnaoui, ministre des Télécommunications : « Nous n’accepterons pas d’être tenus à l’écart des institutions »

Posted by jeunempl sur janvier 26, 2012

Propos recueillis par Saad Elias – L’Hebdo Magazine

«C’est parce que nous accusons l’ex-Premier ministre, Fouad Siniora, d’avoir commis des infractions qu’ils ont mené une campagne bien programmée pour accuser de détournement de fonds des personnes transparentes chargées de la gestion des secteurs publics». Le ministre des télécommunications, Nicolas Sehnaoui, passe à la contre-attaque.

Une campagne est menée contre le ministre de l’Energie et de l’Eau, Gebran Bassil, à cause des coupures prolongées du courant électrique. Le président Nabih Berry lui a demandé de dire la vérité sur ce qui se passe…

Nous comprenons tout à fait la colère des gens qui éprouvent une frustration et qui s’expriment quand le mal s’exacerbe en descendant dans la rue. Je ne veux pas parler des politiques qui les manipulent dans des intentions équivoques ou dans le cadre d’un agenda politique étroit ou pour la défense d’intérêts partisans. Quant au ministre Bassil, et nous tous, au Courant patriotique libre (CPL), nous compatissons avec les citoyens et pourrions faire les mêmes réclamations dans la rue, concernant l’électricité. Ce n’est pas parce que le ministre Bassil est le ministre de l’Energie qu’il a la possibilité d’alimenter le Liban en courant en l’espace de quelques années. Parce qu’il n’y a pas de solution à court terme, il faut envisager le moyen et le long termes, en raison de la conjoncture pourrie. Pourquoi ce secteur est-il en crise? Tout d’abord, c’est parce qu’il a été géré de façon désastreuse pendant les 20 dernières années. Ajoutez à cela, les malversations, le manque de responsabilité et la prise des mauvaises décisions. Deuxièmement, lorsque le ministre Bassil a établi des plans dans le cadre des gouvernements passés et actuel, il ne lui a pas été permis d’en prendre seul le contrôle afin d’accélérer leur application en l’espace d’un an ou deux, au lieu que cela prenne des années ou un délai indéfini.

Lorsqu’ils ont mené la bataille de la loi adoptée, quelque peu déformée, nous nous sommes opposés parce que nous voulions accélérer les solutions pour que les responsabilités ne se perdent entre le ministère et les directions. Le ministre Bassil est aux côtés des gens. Nous allons entreprendre des démarches proposant des solutions rapides pour déstresser les citoyens.

Concernant les nominations, certains font assumer au général Michel Aoun la responsabilité de l’obstruction, à cause de son insistance à imposer son candidat à la présidence du Conseil supérieur de la magistrature…

Les nominations vont suivre une procédure déterminée. Si le pays évolue dans le cadre d’une répartition selon un quota confessionnel, il est naturel que celui qui représente, à l’exécutif, l’ensemble de sa communauté puisse obtenir la plus grande part. Nous représentons une grande tranche de la population et nous n’accepterons pas d’être tenus à l’écart des institutions. C’est définitif et non négociable. Ou nous prenons part à l’établissement des critères et au choix des personnes, ou alors pas de nominations!

Au chapitre des communications, êtes-vous satisfait de l’état du secteur? Vous aviez promis une amélioration…

Le problème fondamental des communications provient des appels qui pâtissent de la faiblesse du réseau. En octobre, nous avons traversé une période difficile. Pendant 15 ans, les investissements et l’entretien étaient nuls. La moyenne annuelle était de 40 millions de dollars, alors que l’investissement minimal est supposé être de 100 millions afin que le réseau puisse conserver sa qualité tout en assimilant l’augmentation du nombre des abonnés. Lorsque nos ministres ont décidé d’offrir des services adaptés à l’évolution du secteur, et voulu multiplier le nombre des usagers afin que personne ne puisse s’approprier le secteur, le coût a augmenté et la moyenne des investissements s’est élevée à 100 millions de dollars. Mais le montant n’était plus suffisant pour compenser tout le retard accumulé. A la base, c’est le réseau 2G, datant d’une vingtaine d’années, qui détériore la plus grande partie des communications. Pour remédier à cet état de fait, nous avons commandé, le 15 décembre dernier, 400 stations, 1200 antennes, 120 petites antennes et 20 antennes ambulantes. Lors des négociations relatives au renouvellement des contrats, nous avons prévu une récompense aux sociétés qui adopteraient le National Roaming qui permet aux entreprises de mettre en commun les relais et de réduire la pression dans les régions. Ce projet sera finalisé dans un délai de 8 mois. Nous annonçons aux Libanais que bientôt le problème des communications sera réglé.

Et les promesses de la 3G dont les résultats n’ont pas été ressentis par les usagers?

Non. Ce n’est pas vrai. La 3G est excellente et nous œuvrons afin que ce service soit disponible sur l’ensemble du territoire libanais. Comme en témoignent les experts et les étrangers en visite au Liban, le service est excellent. Lorsque les gens disent que la 3G coupe, ils parlent du son. Certains clament que la 3G ne fonctionne pas, alors qu’ils ne sont pas abonnés au service. Il y a une sorte de confusion chez les gens lorsqu’on annonce le passage à la troisième génération, il s’agit d’un service payant en fonction de la puissance demandée pour communiquer des informations, pas la voix.

Qu’en est-il de l’affaire des IPad dont vous a accusé le député du Moustaqbal, Ghazi Youssef?

Nous avons disséqué toutes ces accusations qui sont sans fondement sur la chaîne al-Moustaqbal. Nous détenons des documents. C’est parce que nous accusons l’ex-Premier ministre, Fouad Siniora, d’avoir commis des infractions qu’ils ont mené une campagne bien programmée pour accuser de détournement de fonds des personnes transparentes chargées de la gestion des secteurs publics. Ils ont pensé qu’il est facile de distribuer des accusations, vu que le ministère des Télécommunications brasse des millions. L’histoire des IPad est drôle parce qu’il s’agit d’un projet qui est encore au stade préliminaire. L’objectif est d’aider les élèves à se débarrasser du poids des livres scolaires qu’ils transportent sur leur dos. L’IPad résume tout le contenu du cartable en un demi-kilo.

Comme l’Internet wi-fi reste coûteux pour des élèves, nous nous sommes adressés à la Banque du Liban et lui avons demandé si elle pouvait subventionner les intérêts bancaires en faveur des jeunes. La réponse était positive. Nous nous sommes alors tournés vers les sociétés pour leur réclamer de nous accorder un prix réduit. Réponse également positive. Nous avons également interrogé les producteurs à l’étranger sur la possibilité de mettre au point un programme spécifique et ils ont dit oui. Nous n’avions pas prévu que Ghazi Youssef voulait mettre des bâtons dans les roues.

Vous avez participé à Achrafié à une initiative concernant le dédommagement des familles des victimes de Fassouh, aux côtés des députés Nadim Gemayel et Michel Pharaon. Comment se fait-il que vous ayez dépassé vos divergences? Etait-ce un miracle?

Cela tenait, quelque part, du miracle. L’esprit des martyrs n’était pas étranger à cette atmosphère de coopération et de solidarité. Chaque camp a agi de son côté et il y a eu une sorte d’exploitation médiatique du sujet, nous avons voulu mettre les choses en ordre de cette manière pour éviter toute sorte d’exploitation. Nous avons communiqué ensemble pour réduire les surenchères et coopérer pour aider les gens. C’est ce que vous avez vu sur la MTV. Pour ma part, j’ai annulé 40% du montant prélevé par l’Etat sur les SMS et nous étions ensemble.

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