Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Une fois n’est pas coutume, les responsables libanais ont parlé à l’unisson…

Posted by jeunempl sur janvier 17, 2012

(Scarlett Haddad – L’Orient le Jour)

Après le week-end mouvementé en raison de l’afflux à Beyrouth de visiteurs importants, la situation commence à se décanter. Il est ainsi devenu clair que le véritable objectif de la visite du secrétaire général de l’ONU et celle du ministre turc des Affaires étrangères portait sur le dossier syrien. Les milieux politiques s’en doutaient un peu. Ils en ont désormais la certitude. En apparence, il a été question de sujets libanais, de résolutions internationales et du TSL, mais, en réalité, les visiteurs internationaux souhaitaient tâter le terrain libanais à l’égard de la situation en Syrie. Après la défection de la Jordanie, puisque le souverain hachémite a refusé d’accueillir un surplus de déserteurs de l’armée syrienne et il a interdit toute action contre la Syrie à partir de la frontière jordanienne, et après la découverte des limites de l’action à partir de la Turquie, en raison de plusieurs facteurs (certains internes et d’autres régionaux), et alors que l’Irak se débat dans un chaos postretrait des soldats américains, il ne reste plus que la scène libanaise à sonder. Selon les observateurs, c’est là que se trouve la véritable raison de la visite à Beyrouth de Ban Ki-moon et de Ahmet Davutoglu.

Il s’agissait en quelque sorte de voir dans quelle mesure il est possible de mener une action à partir du Liban-Nord, soit en ouvrant les frontières aux opposants et en créant un camp pour les réfugiés contrôlé par les ONG internationales et où, par conséquent, les autorités libanaises n’auraient plus leur mot à dire, ouvrant la voie à tous les plans possibles pour mettre en difficulté le régime syrien.

C’est d’ailleurs en toute clarté que le secrétaire général de l’ONU a adressé un message au président syrien pour le pousser à quitter le pouvoir en le déclarant désormais illégitime, alors que le ministre turc des Affaires étrangères a expliqué à tous ses interlocuteurs que le président syrien a laissé passer toutes les opportunités et qu’il ne faut plus chercher à lui trouver des excuses, la Turquie ayant fait preuve d’une grande patience à son égard, en vain. Toutefois, les visiteurs internationaux n’ont sans doute pas entendu les propos qu’ils espéraient. En dépit des divisions internes sur presque tous les sujets, les différents responsables ont tenu le même langage à leurs interlocuteurs internationaux, sur l’impossibilité pour le Liban de prendre parti dans le dossier syrien et de s’engager plus avant dans un sens ou dans l’autre. Il y va de son unité interne. C’est d’ailleurs ce qui a fait dire au ministre turc des AE qu’il a perçu chez les responsables libanais une grande sagesse et un souci de préserver les intérêts du Liban. En d’autres termes, le Liban ne fournira pas la zone tampon dont rêvent les ennemis du régime syrien pour servir de base d’action contre celui-ci. De même, l’armée libanaise restera en poste à la frontière, sans faire d’excès de zèle, mais en assurant un service minimal pour éviter des dérapages désagréables, qui pourraient mettre en cause la stabilité interne.

Selon des sources qui ont suivi de près les entretiens de Ban Ki-moon et de Davutoglu avec les responsables, le leitmotiv des entretiens tournait autour de la nécessité de préserver l’unité et la stabilité interne et par conséquent de maintenir les institutions de l’État en dehors du conflit syrien, puisque les parties internes y sont suffisamment impliquées chacune dans un sens. D’ailleurs, le secrétaire général du Hezbollah avait sciemment pris la parole alors que le secrétaire général des Nations unies et le ministre turc étaient au Liban pour rappeler aux responsables que la stabilité a ses conditions et qu’il est impératif de ne pas la mettre en danger. Nasrallah a aussi sciemment occulté la question du TSL, voulant donner du temps au gouvernement dans le traitement de ce dossier. Pour lui, et pour les visiteurs étrangers du Liban, le plus urgent était le dossier syrien et il fallait rappeler les limites d’une possible intervention libanaise dans ce domaine.

Toutefois, un élément nouveau est apparu dans la foulée de cette double visite. Il s’agit du projet de pousser la communauté chrétienne syrienne, qui constitue encore l’un des points d’appui du régime, à se désolidariser de lui, en cherchant à la convaincre du fait que l’appui à un régime dictatorial ne peut en aucun cas lui servir de garantie. Il s’agit aussi de lui dire que l’on ne peut pas aller dans le sens contraire à l’histoire et qu’un dialogue avec les nouvelles forces émergentes (notamment les Frères musulmans) est indispensable pour la survie de la communauté. Ce discours doit commencer à être tenu au Liban et, à partir de là, en raison des liens étroits entre les chrétiens du Liban et ceux de Syrie, il aurait un impact sur la situation en Syrie, où, selon les analystes, le régime bénéficie encore de trois éléments de force : l’armée, la bourgeoisie et les minorités.

En ce qui concerne l’armée, le travail se poursuit pour pousser de plus en plus de soldats à déserter. Concernant la bourgeoisie, les sanctions économiques sont destinées à l’affaiblir et à la pousser à retirer son appui au régime. Enfin, le travail se fait maintenant sur les chrétiens et même les druzes. Ce projet aura-t-il plus de succès que les plans déjà tentés pour faire chuter le régime en Syrie ? Ce n’est en tout cas pas faute d’essayer. Mais ce qui compte pour le Liban, c’est qu’en dépit de la tension entre les composantes du tissu social, il n’est pas question pour l’instant de lancer l’étincelle qui pourrait provoquer la déstabilisation. C’est en tout cas ce qui ressort des entretiens de Ban Ki-moon et de Davutoglu avec les responsables libanais.

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