Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Les femmes réclament une fois de plus le droit de donner la nationalité à leurs proches

Posted by jeunempl sur décembre 31, 2011

(L’Orient le Jour)

Hier, des centaines de manifestants ont participé à un sit-in à Sanayeh, en face du ministère de l’Intérieur, afin de réclamer le droit pour les Libanaises mariées à un étranger de transmettre leur nationalité à leur époux et leurs enfants.

Les militants, quelques 700 selon les organisateurs, sont venus en bus de tout le pays. Certains avec beaucoup de retard, ce qui a diminué le nombre de participants attendus. Ces derniers, encadrés par de très nombreux policiers, ont occupé pendant une heure et demie l’espace en face du ministère. Parmi eux, des femmes de toutes les confessions mais aussi des hommes et des enfants. Il y a quelques semaines, le Conseil des ministres a pris la décision d’accorder aux émigrés la possibilité d’une restitution de la nationalité libanaise. Une fois de plus, les femmes ont été exclues et la décision ne concernait que les hommes. Cela a provoqué la colère des ONG.

Le sit-in était organisé par le CRTD. A (Collectif for Research and Training on Development. Action) dans le cadre de la campagne « Ma nationalité est un droit pour moi et ma famille », et en coopération avec d’autres associations comme Amel ou le Secours populaire.

Le CRTD. À, une ONG féministe basée à Beyrouth qui lutte pour l’égalité des sexes, la citoyenneté, les droits économiques et le leadership, est membre du réseau féministe international Women Learning Partnership (WLP) qui mène la campagne sur la nationalité depuis 2002 dans un grand nombre de pays arabes. Au Liban, la campagne « Ma nationalité est un droit pour moi et ma famille » milite pour l’égalité entre hommes et femmes, et a comme objectif principal de faire pression sur les politiciens et la société afin de réformer la loi pour permettre aux Libanaises de donner la nationalité à leur maris et enfants, et ce sans conditions particulières.

Parmi les innombrables drapeaux libanais, on pouvait lire sur certaines banderoles tenues par des femmes : « Je donne la nationalité en même temps que la vie ». Nombre d’entre elles brandissaient leurs papiers, comme preuve de leur nationalité libanaise et, jusqu’à la fin de la manifestation, des chansons patriotiques ont été diffusées. Durant le sit-in, le Secours populaire, venu pour soutenir la cause des femmes, proposait également aux manifestants de faire des dons de sang.

Selon les études effectuées sur le sujet, environ 18 000 Libanaises sont mariées à des étrangers. Pourtant, la loi libanaise n’autorise pas les femmes à transmettre leur nationalité. En plus de créer une forte inégalité entre hommes et femmes, cette situation enferme les familles dans une situation délicate car, étant considérés comme étrangers, ni les enfants ni l’époux n’ont accès aux services publics et nombre d’emplois leur sont refusés. Si de plus en plus de personnes s’engagent pour lutter contre cette injustice, la majorité de la société n’y est pas encore très réceptive et il a fallu attendre plusieurs années avant que les femmes ne commencent à prendre position. « De leur côté, les politiciens ne font pas non plus preuve de volonté pour soutenir la cause », déplore la directrice exécutive du CRTD. À Lina Abou-Habib, pour qui cette absence d’engagement est liée avant tout à un problème d’éducation dans la société et au chauvinisme des politiciens, d’abord préoccupés par leur intérêt personnel. Pour elle, la situation problématique des Palestiniens mariés à des Libanaises n’est, pour beaucoup de militants, qu’un faux prétexte pour ne pas faire bouger les choses et la création d’un régime spécial pour eux constitue une discrimination de plus. Il est vrai que selon le CRTD. Seules 1 % des femmes libanaises mariées à des étrangers le sont à des Palestiniens.

La reconduction à son poste de Ziyad Baroud en 2009 au sein du gouvernement de Saad Hariri avait laissé un espoir aux militants pour les droits des femmes, qui a vite été déçu. Aujourd’hui, le mouvement continue et beaucoup d’actions de différents types (colloques, sit-in, conférences de presse) sont menées par un groupe d’associations très actives qui s’entraident, mais l’espoir pour faire évoluer la situation est faible, reconnaît Lina Abou Habib.

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