Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

L’affaire de la centrale de Zahrani : Amal court-circuite le CPL

Posted by jeunempl sur décembre 8, 2011

J. A-R. – L’Hebdo Magazine

Entre pénurie de fonctionnement et messages politiques, l’affaire de la centrale de Zahrani aura mis en lumière certaines des nombreuses difficultés que les ministères rencontrent avec leurs employés sur le terrain. Surtout lorsqu’ils ne sont pas du même bord.

Voilà une affaire qui regroupe en elle toutes les incuries du pays. Depuis plusieurs semaines, l’EDL avait expliqué être contrainte de transférer de Zahrani vers Saïda un générateur de 20 mégawatts pour des raisons techniques. Un transfert habituel, ces dix dernières années, qui a pour but de gérer le rationnement dans la région du Liban-Sud. Mais depuis cette annonce, les employés de la centrale de Zahrani, la deuxième unité de production électrique du pays après la centrale de Zouk, auraient reçu des menaces de dignitaires de la région qui protestent contre la pénurie de courant. Le président du syndicat des ouvriers de Zahrani, Jihad Akouch, explique que «cela fait quatre mois que nous subissons des pressions en tous genres. Le 14 novembre dernier, nous avons envoyé à cet effet une lettre au directeur général de l’EDL sur nos conditions de sécurité. Elle est restée sans réponse». Ce sont en tout cas les raisons qu’ils invoquent pour justifier leur interruption de travail, devenue effective vendredi 2 décembre à 14h30.

L’arrêt de Zahrani, c’est un manque de 440 MW, soit 40% de la production nationale d’électricité. Conséquence dans les régions, il a fallu rationner l’équivalent de 14 heures de courant et sur Beyrouth et la grande couronne, les services ont organisé des plages de trois heures; trois heures d’alimentation pour trois heures de coupure. Or jamais l’administration centrale de l’EDL n’a donné la consigne d’arrêter la centrale. C’est à ce moment-là que l’affaire prend une tournure politique. La région de Zahrani est l’un des bastions électoraux du mouvement Amal de Nabih Berry, député de la région. Pour désamorcer la crise qui couve, le ministre de l’Energie, Gebran Bassil, et le directeur général de l’EDL, Kamal Hayek, se rendent sur place juste après l’arrêt de la centrale pour tenter de trouver une solution. Sans succès. L’affaire est décrite alors comme une très sensible question sociale d’entreprise, entre des grévistes qui arrêtent le travail sans prévenir la direction et une administration prête à taper du poing sur la table.

Entre Amal et le CPL

Du côté du mouvement Amal, on se range du côté des grévistes en critiquant, jamais ouvertement, la gestion par Gebran Bassil de cette question en particulier, et celle, de manière plus globale, de l’électricité dans le pays. Du côté aouniste, certains vont jusqu’à expliquer qu’il s’agit là d’un coup de pression du mouvement Amal contre un CPL prompt à marcher sur ses plates-bandes. Ces divergences de vue, le ministre les affronte pied au plancher. «On ne veut pas de carré d’électricité», a-t-il expliqué, en faisant référence aux carrés sécuritaires. «Même si ce sont nos amis qui sont les tenants de fait de la région, ce qui s’est passé est inacceptable». Durant le weekend, les contacts se sont multipliés; sur le plan politique entre, le président du Parlement Nabih Berry, le leader du CPL, Michel Aoun et le Premier ministre Najib Mikati, qui a également piloté le dossier avec le ministre Bassil et l’EDL. Ils se sont mis d’accord dans la soirée de samedi. Finalement, le transfert du générateur aura lieu sur une autre forme. Satisfaits de l’issue, les employés de l’EDL se sont attelés à rebrancher la centrale au réseau dans la journée de dimanche. L’opération s’est achevée ce lundi.

Pour le CPL, cette affaire est du pain béni. Elle accrédite sa thèse des blocages incessants qui empêche ses ministres de travailler. Avec la grève impromptue des employés de Zahrani, Gebran Bassil livre le même combat que le ministre des Télécoms, Nicolas Sehnaoui, avec Ogéro. Avec ses appels à la réforme, le courant aouniste est appelé à jouer les trouble-fêtes au sein d’une majorité qui ne fonctionne qu’au compromis.

La colère de Bassil

Lundi 5 décembre, en conférence de presse, le courroux de Gebran Bassil n’est pas feint. «Il s’agit là d’un sabotage de l’Etat et de ses infrastructures. C’est une catastrophe nationale attentatoire aux Libanais en général et aux habitants du Liban-Sud en particulier». Il poursuit. «C’est une affaire qui reste préméditée. On me parle de grève à la suite des menaces. Si c’était vrai, pourquoi les employés n’ont pas réclamé la protection des forces de sécurité? Et si ce ne sont que des doléances qu’ils voulaient ainsi faire parvenir, la grève est également refusée en la forme et, dans les deux cas, ce qui s’est passé est inacceptable».

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