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Fayçal Karamé : Le jeune premier

Posted by jeunempl sur octobre 20, 2011

Julien Abi Ramia – L’Hebdo Magazine

Sur son visage, Fayçal a le trait des Karamé. Son destin était tout tracé et c’est une vie qu’il adore. A 40 ans, le ministre a une vision et va peut-être donner au sport libanais l’élan qui lui manquait.

Dans son bureau, c’est le défilé permanent mais l’atmosphère est bon enfant. Dans sa jeune carrière politique, Fayçal Karamé a connu des jours plus encombrés. «A Tripoli, je voyais des dizaines et des dizaines de personnes. Au ministère, il y a des rendez-vous, un travail administratif et des rencontres officielles. C’est une autre façon de faire de la politique. Le travail ministériel est une chose, le travail sur le terrain en est une autre, mais j’aime la politique de proximité». Lorsqu’il prend la parole, le doute n’est plus permis. Sa voix fluette, ce phrasé à long débit, sa timide carrure, ce sourire invariable; chez Fayçal, on retrouve le père – «le président» – et l’oncle «Rachid». C’est ainsi qu’il les appellent. Le produit d’une grande maison aux modèles intemporels. Le jeune ministre a de qui tenir. Allaité depuis sa tendre enfance au lait politique, il revient simplement sur une existence qu’il définit lui-même comme formatrice. Parce qu’au départ, tout n’a pas été simple. Bien au contraire.

L’enfant de la guerre

«J’ai vécu une enfance très compliquée. En raison des conditions sécuritaires de l’époque, nous vivions cloîtrés chez nous. Nous ne sortions que pour aller à l’école. Les couloirs de la maison étaient notre terrain de jeu, et le balcon quand nous pouvions sortir. C’était très difficile pour nous. Mais cette période nous a appris par la suite à savourer les moments heureux. Elle nous a permis de solidifier pour la vie les liens de la famille». Mais il y avait heureusement des moments moins graves. Des vacances bienvenues. «Nous passions nos vacances dans le village de ma grand-mère paternelle. La famille de ma mère venait souvent. Rachid aussi, paix à son âme. J’adorais l’été, nous pouvions veiller tard dans la nuit et faire la fête. L’ambiance au village était franchement sympa. C’est devenu une ville, mais à l’époque, il y avait des jardins et des sources d’eau. Je me souviens qu’avec nos amis, nous avions un jeu. Nous plongions nos mains dans l’eau fraîche, et gagnait celui qui tenait le plus longtemps.

J’y ai appris le football et la chasse. Nous grimpions sur les arbres, nous cueillions les mûres, entre les chèvres et les moutons et nous faisions des randonnées. L’ambiance du village, quoi! Et puis il y avait la mer. Je me souviens qu’au début des années 80, sur les plages de Tripoli, le Palma avait ouvert ses portes. J’y ai appris à nager, le ski nautique et le jet-ski. Grâce à mon père, le président Karamé, j’y ai appris à jouer au tennis. Bien entendu, c’était avant qu’il n’entre dans l’arène politique». Pour échapper aux tourments, des personnes sur qui compter. «J’ai gardé tous mes amis d’enfance. Dieu merci, je n’ai perdu aucun ami. Les amis, on les choisit. La plupart de mes camarades d’école ont émigré sous d’autres cieux. Mais ceux du village et de la plage sont encore très présents. Ils ne m’ont jamais lâché. Tout le monde passe par des phases heureuses et des phases moins heureuses. Ils ont toujours été près de nous dans les moments difficiles».

La politique, naturellement

Naître dans un foyer politique oblige-t-il à suivre le même chemin? «Non, mais il y a une certaine logique. Mes souvenirs les plus lointains, qui remontent à l’âge de cinq ans, me montrent une maison toujours pleine. Nous recevions des personnalités, nous nous occupions des affaires de petites gens. Une famille politique, dans tout ce que cela représente. Je me souviens que je laissais tomber mes jouets pour écouter les adultes parler. J’ai été éduqué au milieu des gens. Et aujourd’hui dans mon ministère, je ressens un certain vide à ce niveau-là. Notre maison était tout le temps ouverte, de jour comme de nuit. On y entrait sans frapper, surtout au moment de la guerre. Celui qui a vécu dans une maison politique n’est pas obligé d’en faire, mais je m’y suis habitué et ça devient quelque chose de naturel». Alors, nous apprenons.

«Notre famille est fondée sur la résistance arabe et islamique. Les grandes questions liées à la Palestine et au conflit avec Israël demandaient de suivre l’actualité de manière pointue. Et puis j’ai des parents qui ont toujours été des candidats au poste de Premier ministre; ils étaient tout le temps dans les journaux. Je me sentais presque obligé de suivre et de lire. Et puis, je vivais dans une maison où la télévision et le transistor étaient toujours allumés. Il n’y avait pas cette foultitude de médias. A la montagne, on avait installé des relais sur l’antenne de la maison pour pouvoir capter les chaînes étrangères».

De l’étranger, Fayçal aura un excellent souvenir. «Je suis parti étudier aux Etats-Unis parce que je voulais comprendre leur façon de vivre. J’aime beaucoup le peuple américain, ses réussites, sa démocratie, sa liberté, en dehors de toute considération politique. C’est un peuple bon qui s’entraide de manière incroyable. Un jour, nous y étions avec le président Karamé et nous nous sommes perdus sur une route. Nous avons trouvé un passant à qui nous avons demandé le chemin. Il nous a guidés pendant 20 minutes en voiture. Dans quel autre pays cela pourrait exister? Ils ont leur musique, leurs sports… je voulais connaître ce pays immense. Et puis il y a la force des circonstances. Après l’assassinat de Rachid, mon frère est parti pour les Etats-Unis. Je voulais vivre une nouvelle expérience pour apprendre à m’émanciper, à compter sur moi, à m’ouvrir au monde extérieur».

Le sport, un combat national

De retour au Liban, il fait ce qu’il a toujours su faire, et il le fait à fond. «Je ne peux pas séparer ma vie personnelle de la vie politique. Chez moi, éteindre le téléphone et me reposer n’existe pas. La politique, c’est 24 heures sur 24». Et aujourd’hui, il est en charge des sports, un champ aujourd’hui en friche mais Fayçal Karamé est optimiste. «Oui, j’ai de l’espoir. Au Liban, le sport fonctionne grâce à des initiatives individuelles, laissant très peu de place aux projets nationaux. Je savais ce qui m’attendait avant de prendre mes fonctions. Pour les matchs du Liban contre les Emirats et le Koweït, j’ai autorisé le public à entrer au stade. Il peut y avoir des tensions mais ça ne doit pas empêcher l’ouverture des guichets. Le public amène des annonceurs et de la publicité, et les sponsors amènent de l’argent». Un vaste projet aux objectifs très élevés. Où est-ce qu’il pourra faire la différence? Peut-être sur la passion qui l’anime.

«A l’heure du dernier match de la sélection, j’étais en Conseil des ministres. Bien que la question des travailleurs soit essentielle, j’avais un petit pincement au cœur, je voulais être au stade pour encourager l’équipe nationale qui a de faibles moyens. Mais le sélectionneur a réussi à recréer un groupe. Dans le pays, le sport est associatif. Du coup, nos meilleurs talents partent pour l’étranger et disparaissent de nos écrans. C’est à partir de là que l’on pourra dénicher les talents. Le Liban a d’autres atouts. Nous sommes les meilleurs dans le marketing et nous avons aujourd’hui un environnement très favorable. Puisque les pays du Golfe sont prêts à dépenser des milliards sur le sport, qu’ils viennent investir au Liban, qu’ils nous fassent profiter de leurs compétences. Tout ceci me donne de l’espoir. Il y a également le problème de l’arbitrage. Il nous faut créer un tribunal arbitral du sport. On ne peut pas applaudir avec une seule main et nous avons très peu de moyens mais j’ai une stratégie et j’ai de l’espoir». Espérons alors.

Ce qu’il en pense

-Ses passions: «La musique occupe une place importante. J’écoute de tout sauf la techno. Le cinéma aussi. J’ai beaucoup aimé le dernier film de Nadine Labaki et The King’s Speech m’a soufflé».
-Sa pratique du sport: «Je me suis construit une salle de sport chez moi. Je soulève des poids et dernièrement, j’ai appris le kick-boxing, très efficace pour éliminer le stress et pour apprendre la confiance en soi. Mais mon sport préféré reste le tennis».
-Supporter?: «Côté football, tous les samedis, je regarde les matchs d’Arsenal. Je suis supporter depuis l’âge de cinq ans. Et j’ai appris à mes enfants à aimer le club. Je l’ai dit à ma femme, à la maison, c’est la démocratie sauf quand il s’agit d’Arsenal. J’essaie chaque année d’aller à Londres pour assister à un de leurs matchs».

Un programme ambitieux

Dans ce pays, le sport balbutie et Fayçal Karamé veut en faire une composante maîtresse de la société. Voici son plan: «Le système doit changer. Je pense aujourd’hui que le football est le sport numéro un au Liban. C’est la locomotive. Si le foot ne marche pas, les autres sports n’évolueront pas. Il faut soutenir les fédérations, construire des centres de formation, construire des terrains, profiter de l’expérience qui vient de l’extérieur et surtout, et c’est notre priorité absolue, faire revenir le public dans les stades. Nous devons aussi développer le sport à l’école. Par rapport aux pays qui nous entourent, nous avons le sport féminin ou les disciplines paralympiques. Nous essayons de développer une sorte de tourisme sportif. Nous devons passer de la mentalité «amateur» à la mentalité professionnelle».

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