Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

La gare ferroviaire de Beyrouth sous le feu des projecteurs le 8 septembre

Posted by jeunempl sur septembre 7, 2011

(May Makarem – L’Orient le Jour)

C’est un lieu chargé de mémoire, qui témoigne de tout un pan de l’histoire, qui possède ses propres vestiges, qu’a choisi le CCCL (The Children’s Cancer Center of Lebanon) pour organiser son gala annuel le 8 septembre. Couvrant 62 000 m2, l’ancienne gare ferroviaire de Beyrouth porte toujours les marques de son passé…

C’est au cœur de Mar Mikhaël, à Beyrouth, au sein de la gare ferroviaire où plus aucun train n’a sifflé depuis des lustres, que le célèbre pianiste et compositeur argentin Raul Di Blasio et son orchestre feront entendre leurs instruments et que le groupe Sin Sin pointera les petits travers des politiciens à travers des sketches corrosifs et des chansons déjantées, et ce au cours de la soirée annuelle organisée le 8 septembre par le CCCL (The Children’s Cancer Center of Lebanon). Les fonds récoltés permettront de financer les soins médicaux pour éradiquer le cancer des enfants démunis. Grâce à la générosité des donateurs, 760 gosses ont pu être traités ces dernières années, et 80 % d’entre eux, après une longue traversée, sont considérés comme guéris. Mais le fléau continue de frapper : aujourd’hui, 70 nouveaux malades ont besoin de votre aide. Le coût du traitement s’élève à 40 000 dollars par an et par patient. En soutenant le CCCL, vous leur donnez espoir et vie.

Ce sera, par ailleurs, l’occasion de découvrir le site de l’ancienne gare où, depuis quelques jours, les ouvriers s’activent à arracher les herbes et les ronces qui encombrent les allées ; à pulvériser d’insecticide pour éloigner les insectes volants ; à construire une plateforme en bois et la recouvrir d’une moquette, et ce pour éviter un « vautrage » à l’horizontale, et potentiellement abîmer les chaussures! Car, reconvertie en siège de la Direction générale de l’OCFTC, l’ancienne gare n’en est pas moins abandonnée. Offrant un magnifique espace de 62 000 m2 laissés en friche, son déclin a laissé la place à un site figé, une Pompéi à la libanaise, où de petits monstres en fonte, datant de la fin des années 1800, émergent d’une végétation envahissante. Derrière un épais voile d’arbres, on distingue les vestiges des engins ferroviaires et des wagons rouillés, déglingués, criblés d’impacts de balles. Au pied d’une tour à refroidissement, une locomotive à vapeur, relique de l’épopée Beyrouth-Damas, est réduite à l’état d’épave. Plus loin, des ateliers de maintenance tombant en ruine sont encore visibles, et partout des herbes folles qui recouvrent les rails et du gravier qui ensevelit les traverses.

Dans cette petite oasis où la nature a repris ses droits, subsistent encore deux bâtiments datant de la fin du XIXe siècle dont celui des voyageurs. Construit, en 1895, dans le style architectural français, doté d’une baie tripartite et d’un plafond de cinq mètres de haut, il exhibe l’horloge de marque française Paul Garnier, concepteur de l’horloge de la gare de Lyon et grand collectionneur qui a fait don de sa collection de montres au Louvre, en 1916. Elle donne toujours l’heure. « Le remontage se fait au moyen d’une manivelle et sa durée de fonctionnement est de 16 jours », explique un des gardiens, avant de signaler que le soir du gala du CCCL, les invités pourront monter visiter deux wagons, qui autrefois étaient destinés au transport des voyageurs. Banquettes, vitres, marchepieds, portières et couloir, permettant de passer d’une voiture à l’autre, ont été liftés. Des photos anciennes ornent même les parois…

Pour un petit rappel, deux lignes de chemin de fer desservaient autrefois la capitale. La plus ancienne, une voie à crémaillère créée en 1895 par la Société ottomane des chemins de fer et des hommes d’affaires français, reliait Beyrouth à Damas. Cette ligne, dite étroite (90 cm entre les rails), traversait Araya, Aley, Bhamdoun, Sofar, Dahr el-Baïdar, Zahlé, avant d’arriver à la station de Rayak, dans la Békaa. Elle a été fonctionnelle jusqu’au début de la guerre en 1975. « Une bonne partie du chemin est construite à crémaillère, et la pente atteint parfois jusqu’à 7 centimètres par mètre. La montée la plus forte se trouve entre Araya et Aley. Si j’ajoute que certaines courbes ont été tracées au rayon de 100 mètres, on verra qu’aucun chemin de fer d’Europe n’est établi suivant les proportions de celui-ci. Aucun non plus ne traverse un paysage aussi splendide », écrivait en 1898 le journaliste français J. Parisot dans À travers le monde. Quant à la seconde ligne, appelée NBT (Naqoura, Beyrouth, Tripoli), elle fut inaugurée en 1942 et elle longeait la côte jusqu’en Palestine. Elle fut mise hors service en 1948 à cause du conflit israélo-arabe. « Le réseau comptait plus de 400 kms de voies », indique le responsable au OCFTC, Bassam Aridi, avant de préciser que la compagnie de chemins de fer possède à travers le pays un total de 8 millions de m2, dont des milliers sont squattés depuis un certain nombre d’années !

Le train a sifflé entre 1977 et 1985

Établie par l’AFAC Liban (section libanaise de l’Association française des amis des chemins de fer), ci-dessous une chronologie non exhaustive de faits marquants concernant l’état des chemins de fer au Liban durant les événements de 1975 à 1990.

5 août 1977 : trois nouvelles locomotives diesel de 1 700 CV construites en Pologne sont livrées au Liban et mises en service sur la ligne côtière pour le transport des marchandises.
Août 1977 : la ligne à voie étroite reliant Beyrouth à la Békaa est remise en service après une interruption due aux événements de 1975.
1978 : un projet de modernisation de la ligne Saïda-Tripoli en trois phases est étudié par le bureau d’études français Sofrerail.
15 février 1979 : sabotage sur la ligne Beyrouth-Tripoli, au niveau de Deir Balamand. La ligne est réparée dans la journée. Elle était utilisée pour acheminer une partie du fuel de la raffinerie de Tripoli vers Beyrouth.
13 septembre 1979 : dynamitage de la ligne côtière à Hreiche, dans le Koura. Les liaisons ferroviaires sont interrompues 24 heures, le temps des réparations. « Le chemin de fer sert essentiellement, depuis plusieurs mois, au transport du brut entre Zahrani et la raffinerie de Tripoli » (L’Orient-Le Jour du 14 septembre 1979). La ligne ravitaille en fuel les centrales thermiques de Zouk et de Jiyeh.
Juin 1980 : le Conseil des ministres approuve le projet relatif à la première tranche des travaux de modernisation de la voie ferrée Saïda-Beyrouth-Tripoli.
11 novembre 1983 : le directeur général de l’OCFTC, l’émir Abdallah Chéhab, annonce à la presse que le tronçon Saadiyate-Damour est achevé et que les travaux entre Beyrouth et le Liban-Nord ont déjà commencé, et que sa remise en service est prévue pour le début de l’année 1984.
6 décembre 1983 : l’armée israélienne fait sauter le pont ferroviaire de Awali, au Liban-Sud.
6 juin 1984 : « Lâchant leurs chars lourds de type Merkava sur le tronçon de la voie ferrée situé entre le terminal pétrolier de Zahrani et la centrale de Jiyeh, les Israéliens ont très gravement endommagé la ligne du chemin de fer qui assure le ravitaillement de la centrale à partir des réservoirs de carburant de Zahrani » (L’Orient-Le Jour du 7 juin 1984).
22 octobre 1984 : après une interruption de plusieurs années, la liaison ferroviaire Beyrouth-Jounieh reprend du service. Les trains transportent le fuel et le gas-oil de Dora à la centrale électrique de Zouk.
Début 1985 : le transport ferroviaire de voyageurs est remis en service entre Beyrouth et Tripoli, grâce à la mise en circulation d’autorails achetés d’occasion par l’OCFTC en République fédérale d’Allemagne.
22 septembre 1986 : l’Union arabe des chemins de fer (UACF) se réunit à Damas et décide la mise en œuvre d’un plan de développement du réseau ferroviaire interarabe.
1989 : un incendie de citernes de combustibles à Dora endommage la voie ferrée.
Septembre 1989 : des rails de chemin de fer d’un poids total de 2 600 tonnes sont volés dans la Békaa et sont embarqués illégalement au port de Tripoli à bord du bateau turc Khouzan à destination de Karachi au Pakistan.

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Une Réponse to “La gare ferroviaire de Beyrouth sous le feu des projecteurs le 8 septembre”

  1. Frenchy said

    « gosses » ils ont des correcteurs, il est péjoratif ce mot. Je n ai même pas pu terminer la lecture, il m a été insupportable a partir de ce moment la

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