Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Béchara Raï à Jbeil : Rassembler les ouailles, ressouder les élites

Posted by jeunempl sur juillet 24, 2011

J. A-R. – L’Hebdo Magazine

Le patriarche Raï prône la réconciliation, l'ouverture et le dialogue... son appel sera-t-il favorablement reçu?

Il est aujourd’hui la personnalité la plus appréciée par la rue chrétienne. Au cours de sa tournée dans la région de Jbeil, le patriarche Béchara Raï a pu mesurer son impressionnante popularité. Récit d’un week-end pastoral au cours duquel le premier des prélats a montré son sens politique aigu, bien au-dessus de la contingence des partis.

Entendu sur les parvis et dans les chaumières: «il parle juste», «quelle prestance», «quel charisme», «lui, au moins, il ne fait pas dans la gaudriole», «voilà celui que l’on attendait». Nous en avons besoin». Ambiance de fête à Jbeil et ses vastes alentours. Les banderoles et les drapeaux aux couleurs du Liban et du Vatican étaient de sortie. Quelques jours après, on en parle encore. Béchara Raï est revenu chez lui, dans son diocèse. Et pour saluer le retour de celui qui a été adopté comme l’enfant du pays, les habitants lui ont réservé un accueil digne des grands hommes. A la télévision, on suit le patriarche comme les amoureux du Tour de France suivent le peloton. Religieusement et avec euphorie. Tout au long de son parcours ponctué de plus d’une vingtaine de relais dans les villes et les villages de la région, une foule heureuse, fatiguée des querelles de clocher et qui espère avoir enfin trouvé son messie. Jbeil avait ses dinosaures politiques et un champion à la présidence; la région a sans doute trouvé son leader austère et charismatique sur qui elle fonde beaucoup d’espoir.

Foule transversale
Le patriarche a un agenda de ministre, minuté à la seconde. Une vingtaine d’églises, presque autant de rencontres avec les acteurs politiques et religieux. Le chef de l’Eglise s’est donné deux missions: parachever la réconciliation politique sur laquelle il travaille depuis le début de son magistère et rassurer la rue chrétienne scindée en deux, voire en trois depuis de trop longues années. La communauté l’a compris, Béchara Raï est aujourd’hui le seul à pouvoir poursuivre ces deux objectifs.

Lors de ses visites, peu de professionnels de la politique à ses côtés. Justes des prêtres et des curés qui sont devenus le seul ciment de la plupart des villages de la région. Comme une façon de faire comprendre au landernau qu’il était temps de passer à autre chose.

Les suiveurs l’ont remarqué. Les foules qui ont accueilli le patriarche étaient composées de militants du CPL et du 14 mars. Premier objectif atteint. Non seulement, le patriarche ne fait partie d’aucun camp, mais il tient à ce que personne ne profite de son ombre porté pour de sombres bénéfices électoralistes. Il aura réussi à transférer les espoirs de la population du champ politique au champ religieux. Le chantre du partage et de la communion a atteint là son deuxième objectif. Etait-il voulu? Au cours de sa visite, le patriarche a présidé deux grandes messes. Samedi 18 juillet, sur la scène du Festival de Byblos, en a profité pour saluer la foule. «Je tiens à vous remercier pour ce magnifique et le temps que vous avez consacré à décorer les routes et les villages».

Le droit des chrétiens

«Cette idée du partage et de la communion, nous nous devons de l’appliquer sur le plan spirituel pour préserver la foi, sur le plan familial pour renforcer ces liens sacrés, sur le plan national parce que c’est la solidarité entre toutes les composantes de la société que nous préserverons le Liban des dangers qui le guettent. Dans l’assistance, le nonce apostolique, Mgr Gabriele Caccia, le préfet du Conseil pontifical pour les Eglises orientales, le cardinal Leonardo Sandri et plusieurs personnalités qui se sont tous retrouvés à Amchit, dans la résidence du président. 172 invités triés sur le volet. Etaient présents le Premier ministre, Najib Mikati, le président du Parlement, Nabih Berry, les leaders du CPL et des Marada, Michel Aoun et Sleiman Frangié, le leader des Kataëb, Amine Gemayel ainsi que plusieurs ministres. A noter l’absence du chef des Forces libanaises, Samir Geagea.

Un dîner au cours duquel les sujets politiques chers au patriarche comme l’équilibre confessionnel au sein de l’administration et la réconciliation. Après la rencontre des quatre leaders politiques de la communauté, un comité parlementaire de suivi suit l’évolution des dossiers qui sensibilisent la population chrétienne. Il était notamment question que les chrétiens de la majorité fassent le forcing pour que la direction de la Sûreté générale revienne dans le giron. Pas sûr que l’issue de ce dossier ait plu au patriarche…

Réconciliation chrétienne

Pas sûr non plus que les dernières positions du patriarche aient plu à l’opposition. «Nous voulons la justice pour parvenir à la vérité par le biais du Tribunal spécial pour le Liban à condition qu’il ne soit pas politisé ou basé sur des leurres. Personne ne peut aller au dialogue ni relever l’Etat s’il pense qu’il possède la vérité absolue. Chacun de nous possède une part de vérité à laquelle il ne parvient qu’à travers sa vérité intérieure».

Dimanche, on fêtait la Saint-Charbel et à cette occasion, Béchara Raï célébrait une messe en son honneur. Etaient présents les députés CPL de Jbeil, Abbas Hachem, Simon Abi Ramia et Walid Khoury, le président de la République, sa femme Wafaa et son fils Charbel. Une affiche qui aura peut-être un sens à Jbeil. Car en parallèle du travail tous azimuts du patriarche, il serait aussi l’un de ceux qui poussent le président et le leader du CPL, Michel Aoun, à rapprocher leurs points de vue, toujours dans cet objectif de ressouder la rue chrétienne.
Un objectif qui s’est concrétisé à l’école des Sœurs du Rosaire. Autour du patriarche, étaient réunis les députés de la région, le secrétaire général du 14 mars, l’ancien député Farès Souhaid, l’ancien député Chamel Mouzaya, le président de la Fédération des municipalités de Jbeil, Fadi Martinos, l’ambassadeur Bahjat Lahoud, représentant le président Michel Sleiman, ainsi que le colonel Antoine Boustani, représentant le ministre de l’Intérieur Marwan Charbel.
Une rencontre qui fait immanquablement écho aux élections parlementaires de 2013. Deux ans, c’est court et c’est long. Mais le temps des hommes est différent de celui de l’Eglise.

L’appel au dialogue

Au cours du dîner qu’il a donné en sa résidence de Amchit, le président Michel Sleiman a annoncé qu’il allait entamer une série de consultations auprès des responsables afin de relancer le dialogue national. «Le Liban a plus que jamais besoin d’une franche réconciliation. Que le nouveau gouvernement soit productif sous l’œil vigilant de l’opposition comme le stipule tout système démocratique où la politique a son cadre et la justice son indépendance». Un appel auquel s’est joint le Premier ministre Najib Mikati. Sur le principe, toutes les parties ont donné leur accord. Mais c’est sur le menu des discussions que majorité et opposition ont marqué leur différence.
Le Courant du futur se joindra à la table de dialogue à la condition que «les discussions ne portent que sur les armes du Hezbollah». Affaire à suivre.

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