Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Crise régionale au Proche-Orient : Laïcité – démocratie – dictature – islamisme – fondamentalisme : interconnexions et intérêts ?

Posted by jeunempl sur mai 31, 2011

Dr Riad Jreige – Libnanews

Pour le citoyen français comme le citoyen européen lambda, le « printemps arabe » représente une émancipation des populations arabes qui vise à permettre à la liberté d’expression de sortir de l’ombre et se délivrer de ce qui l’étouffe.

Dans les pays totalitaires, les hommes et les femmes qui s’expriment en manifestant, franchissent les limites établies et suscitent,en représailles, des victimes dans leurs rangs.

Le combat pour la liberté ne peut  se limiter à la seule violence. Il convient de s’affranchir à un moment donné de ce passage « obligé » pour une véritable politique d’ouverture de la part des autorités, que ce soit dans l’expression comme dans l’organisation de la vie de la société.

La démocratie autorisant le plus grand nombre à gouverner se situe par essence à l’opposé de la manière exclusive de gouverner de toute dictature.

La force de cette dernière réside dans sa capacité d’oppression de toute opposition par le moyen militaire ou policier soumis à la volonté du « Raïs » qui rétribue chacun en fonction de son degré d’allégeance.

Les mercenaires sont rémunérés en fonction de leur degré d’ obéissance (à Khaddafi pour ce qui concerne la Libye).

L’islamisme, une pensée religieuse, théologique et philosophique, même s’il paraît révolu et moyen âgeux, continue de représenter un courant sociétal et politique.
L’islamisme comme la démocratie ne sont tolérés par aucune dictature à l’exception du totalitarisme alliant dictature et islamisme (Wahabisme en Arabie Saoudite).

Le fondamentalisme (Salafisme), par essence antidémocratique, est sollicité au Liban comme en Syrie par ceux-là même qui veulent que la démocratie sorte de l’ombre.

Leur existence est constamment brandie comme menace à l’encontre de toute démocratie, à la fois par les autorités locales  et par l’occident.

Pour les contrer l’on a toléré, quand l’on ne les a mis pas en place, les dictatures qui se voulaient laïques.

Tout pays arabe producteur de pétrole et soumis dans le cadre du « printemps arabe » aux manifestations et à la révolution justifie d’un intérêt occidental supplémentaire prenant, quelques fois, la forme d’une intervention militaire (OTAN en Libye) en plus du gel des avoirs de leurs responsables.

Pour les autres pays, l’intérêt est davantage verbal ou économique quand ils perçoivent de l’aide financière de pays démocratiques.

L’armée ou la police se soumettront à leur chef qui, à son tour, se soumettra à son supérieur hiérarchique qui lorsqu’il est le dictateur se verra protégé.

Mais s’il est lâché, c’est pour qu’il soit remplacé par quelqu’un déjà « formaté » et du milieu.

Les opposants, en général, ne sont pas du milieu et n’ont aucune chance de l’être.

L’assemblée constituante (Tunisie) nécessite des élites pour qu’elle soit formée. Elle dictera la nouvelle constitution qui régira la nouvelle vie politique.

Le processus menant à la démocratie est long et le sentier est piégé.

L’espoir  local suscité par ces « révolutions » est faible ne pouvant mener ni à un changement radical des régimes, ni à une amélioration économique en diminuant le chômage, ni à une augmentation des libertés individuelles.

En revanche, ce qui peut advenir c’est une diminution des répressions par l’ouverture de soupapes, une plus grande tolérance issue de ces régimes en place, qui, si elles s’établissaient dans la durée, pourraient voir émerger une élite qui prendra la tête de courants de pensées différents, de partis politiques d’opposition existant ou à créer qui pourraient s’exprimer lors d élections libres.

Dans ces conditions, comment l’avenir  peut-il être envisagé ?

Soit certains éléments influents du régime en place prennent, vis-à-vis de lui, leurs distances formant une pseudo opposition pour mieux revenir (Khaddam en Syrie).

Soit  par un changement de dictateur en desserrant  la dictature (Syrie d’Assad).

Soit l’armée prend le pouvoir et met en place un régime laïc qu’elle encadre (à l’image de la Turquie).

Soit desserrage de la dictature avec le même dictateur (Syrie).

Soit acceptation d’hommes politiques occupant des fonctions prestigieuses, très médiatisés. (Amr Moussa ou El Baradaï en Egypte).

Que laisse présager pour ces pays et pour la région, le brusque intérêt de l’occident à l’égard de leurs régimes en général et des USA en particulier ?

La constante dans la politique américaine depuis 63 ans, est sa proximité sans failles, de l’état d’Israël. Le Président américain Obama vient de le rappeler d’une manière directe après avoir tenté de faire autrement sans y arriver. Il s’est fait rappeler à l’ordre par Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien,   en même temps qu’il appelait palestiniens et israéliens à revenir à la table des négociations en demandant que cela ne prenne pas des dizaines d’années supplémentaires pour y arriver.

Monsieur Obama est entrain de laisser pourrir la situation en se donnant bonne conscience (il est prix Nobel de la paix ?)

À la lumière de ce constat, comment pouvons-nous lire les évènements notamment de Syrie, qui est notre plus proche et étendu voisin, ainsi que leurs éventuelles répercussions sur le Liban ?

Une tentative de renverser le régime est en cours avec l’aide au moins matérielle des USA et des chaînes satellitaires arabes. Au Liban le gouvernement Mikati, 4 mois après sa désignation, n’est toujours pas formé sans que cela ne pousse ce dernier à la démission comme si sa mission était de ne pas former ce fameux gouvernement.

Le blocage viendrait du Général Aoun parce que ce dernier demande le ministère de l’intérieur pour qu’il devienne efficace.

Les derniers évènements, démission du ministre de l’intérieur Baroud, les démêlés du ministre des télécommunications Nahas dans l’affaire « Ogero », viennent rappeler que des services de renseignement libanais ne sont pas contrôlés par leur ministre de tutelle

Questions : Par qui ces services sont-ils contrôlés ? Y a-t-il une relation entre la non constitution du gouvernement libanais, les évènements en Syrie, le discours occidental et américain, « Ogero » et certains services de renseignements libanais ?

La volonté des différents courants politiques du  peuple palestinien de s’unir (Fatah et Hamas) parlant d’une seule voix pour demander à l’ensemble des pays formant les Nations unies de reconnaître la Palestine comme pays indépendant est une entreprise louable, digne du plus grand respect et non une entreprise vouée à l’échec comme aiment à la qualifier à la fois les USA et Israël.

L’unité palestinienne est à encourager et la reconnaissance de ce pays n’est plus à discuter.

La délimitation des 2 entités (Israël et la future Palestine)  est à faire pour qu’elles  puissent  négocier  (frontières d’avant le conflit de 1967). Dans ces conditions Israël ne peut ne pas restituer des territoires occupés !

Dans ces conditions, il devient compréhensible que le Hezbollah veuille combattre l’entité sioniste. Un pays qui ne veut pas entendre parler d’une entité palestinienne viable est un pays qui sera combattu car la paix israélienne n’est pas une paix juste ; c’est un leurre, faut-il continuer à discuter avec des illusionnistes ?

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