Mouvement pour le Liban

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Syrie: La contestation faiblie sous les coups de l’armée

Posted by jeunempl sur mai 7, 2011

Talal el-Atrache – L’Hebdo Magazine

Révoltes en SyrieSix semaines après le déclenchement des manifestations en Syrie, la contestation reste limitée et semble loin de faire l’unanimité au sein de la population. Sur le terrain, l’intervention musclée de l’armée a affaibli le mouvement.

Les 4e et 5e divisions de l’armée ont finalement eu le dernier mot dans le bras de fer qui oppose depuis six semaines les protestataires au régime. Les régions les plus concernées par le soulèvement, notamment la province de Deraa, la ville balnéaire de Banias ainsi que la banlieue de Douma, au nord de Damas, sont encerclées par l’armée et les troupes d’élites de la Garde républicaine, dirigée par Maher el-Assad, le frère du président. Des milliers de soldats ont investi les principaux foyers de la contestation et procèdent à l’arrestation de centaines de personnes. Selon la télévision publique syrienne, l’armée aurait démantelé plusieurs cellules intégristes armées, responsables de la mort d’une centaine de militaires. Pour leur part, les organisations de droit de l’Homme parlent de quelque 500 civils tués par les troupes gouvernementales et de 1700 personnes arrêtées.

L’Etat évoque un soulèvement intégriste, voire «un complot», qui risque de déstabiliser le pays, alors que les opposants accusent le régime d’instrumentaliser la menace intégriste afin de justifier la violente répression.

La contestation peine à se développer

Les manifestations qui ont éclaté en Syrie, le 18 mars, ont pris de court aussi bien le pouvoir que les opposants laïques, qui s’emploient à leur fournir une couverture politico-médiatique indispensable à leur succès. Mais contrairement à l’Egypte, la Tunisie ou le Yémen, le soulèvement en Syrie peine à mobiliser la population syrienne pour plusieurs raisons:
-Il s’agit avant tout d’une révolte des déshérités, qui se limite aux sunnites des zones rurales et des banlieues pauvres. Les grandes villes, comme Alep, Damas, Hassaka, Idlib et Raqqa, restent calmes.
-Le mouvement n’a pas réussi à convaincre les minorités, notamment les chrétiens, les druzes et les alaouites, qui craignent l’arrivée au pouvoir des islamistes et hésitent face à un soulèvement centré autour des mosquées et qui culmine après la prière du vendredi.
-La radicalisation des manifestants, qui appellent désormais à la chute du régime, suscite la crainte d’un effondrement de l’Etat qui paverait la voie à un conflit ethno-confessionnel instrumentalisé par les acteurs régionaux. Ce scénario apocalyptique suscite la peur de la bourgeoisie urbaine sunnite, qui a bénéficié de la libéralisation économique des 10 dernières années et soutient par conséquent la stabilité et le statu quo.
-L’infiltration de cellules armées et les actes de violence aussi bien de la part de l’armée que des cellules islamistes semblent avoir dissuadé la population.
-L’équilibre des forces sur le terrain joue indéniablement en faveur de l’armée et des services de sécurité, colonne vertébrale du régime. Certains opposants caressent toujours l’illusion d’une défection au sein de l’armée, ou d’un scénario à l’égyptienne, oubliant ainsi la spécificité du pouvoir syrien. Celui-ci est contrôlé par la communauté alaouite, elle-même soudée derrière le président et liée par des intérêts perçus comme existentiels. Tout renversement de régime à Damas implique le démantèlement de l’armée et de l’Etat, avec toutes les conséquences que cela comporte. Comme en Irak.
-Face à leur faiblesse sur le terrain, les contestataires ont manqué de pragmatisme en refusant toute trêve, notamment après les concessions du régime. L’opposition n’a désormais plus les moyens de remobiliser la rue, à cause des arrestations survenues après les appels à la chute du régime. T.A.

Manipulations médiatiques

Les événements en Syrie ont été marqués par les propagandes médiatiques qui ont déboussolé l’audience. Le sensationnalisme promu par les chaînes satellitaires arabes ainsi que les manipulations des médias syriens ont attisé les passions et abouti à la polarisation de l’opinion publique. Si la télévision locale a présenté les manifestants comme des extrémistes et des comploteurs, les chaînes internationales ont répandu les rumeurs les plus délirantes à travers des prétendus témoins oculaires qui se multipliaient de jour en jour pour témoigner de la présence de membres du Hezbollah et des Pasdarans iraniens parmi les forces de l’ordre qui tiraient sur les manifestants, ou même une scission entre les 4e et 5e divisions de l’armée syrienne qui seraient entrées en conflit. Certaines rumeurs ont même évoqué l’assassinat du vice-président Farouk el-Chareh, la fuite du vice-ministre des Affaires étrangères Fayçal Meqdad et un conflit entre le président Bachar el-Assad et son frère Maher.

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