Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Alain Aoun: «Nous avons un programme de réformes»

Posted by jeunempl sur février 13, 2011

Danièle Gerges – L’Hebdo Magazine

«Il existe une ambiguïté sur le quota qui revient au chef de l’Etat dans le gouvernement. Cela est dû au système mis en place par les accords de Taëf, qui en fait un président consensuel sans représentation parlementaire», déclare Alain Aoun, député membre du CPL, dans une interview recueillie par Magazine.

Selon les dernières informations, le général Michel Aoun a mis des bâtons dans les roues de la formation du gouvernement en réclamant plus de portefeuilles qu’il ne lui revient. Est-ce vrai?

Cela fait partie de la campagne de diffamation lancée par le camp du 14 mars pour essayer de créer des problèmes entre les différentes composantes de la nouvelle majorité et le Premier ministre désigné, Najib Mikati. Nous sommes actuellement dans une phase de négociations, et les tractations autour des portefeuilles prennent leur cours comme cela a toujours été le cas.

Que réclamez-vous au juste?

Une représentation en harmonie avec notre poids dans cette nouvelle majorité. Nous ambitionnons de diriger certains portefeuilles pour lesquels nous proposons des programmes de réformes. Je préfère ne pas donner plus de détails pour éviter de créer des embarras et pour laisser des portes de sortie pour tous en vue d’un accord final.

Est-il vrai que vous refusez de partager certains portefeuilles avec le président Michel Sleiman?

Le problème n’est pas propre à notre bloc. Il y a une ambiguïté sur le quota qui revient au chef de l’Etat. Elle est due au système mis en place dans les accords de Taëf qui en fait un président consensuel sans représentation parlementaire. Donc, sans définition de critères clairs précisant son quota dans le gouvernement formé désormais en fonction du poids parlementaire des forces politiques.

Est-ce cela qui a entravé la formation du gouvernement, ou disons, l’a retardée?

C’est ce qui pose problème au moment de la répartition des portefeuilles en fonction du poids de chacun.

Est-il vrai que le Hezbollah ne participera pas, directement, dans le gouvernement?

Je ne le sais pas. Selon mes informations, le Hezbollah attend de voir la composition finale avant de trancher.

La tendance est-elle en faveur d’un gouvernement politique ou de technocrates?

La majorité parlementaire actuelle pousse naturellement vers un gouvernement de nature politique. Le Premier ministre désigné souhaite y inclure une part de technocrates considérant que leur sensibilité sera plus technique que politique pour faire avancer certains dossiers économiques. Le résultat final va être un cabinet politique panaché de quelques technocrates.

Sur le plan politique, le Courant patriotique libre (CPL) est-il en harmonie avec les orientations du Hezbollah qui refuse que soit débattue la question des armes et insiste pour que l’acte d’accusation ne soit pas pris en considération?

La tendance du gouvernement sera en phase avec les orientations politiques de la nouvelle majorité, notamment sur la question du tribunal international. Quant aux armes, je ne vois pas pourquoi la question se poserait étant donné que le gouvernement Hariri avait bien reconnu la formule «Armée, peuple et Résistance», dans sa déclaration ministérielle.

Pourquoi font-ils de la surenchère alors que l’ancienne majorité avait accepté cette formule lorsqu’elle dirigeait le pouvoir exécutif?

Les forces du 14 mars vous accusent de faire pression sur Mikati pour l’empêcher d’accepter leurs conditions qui auraient dû les amener à participer au gouvernement en gestation. Est-ce vrai?

Tout le monde est témoin de qui a vraiment fait pression sur Mikati, à commencer par les émeutes organisées au moment de sa désignation, les campagnes de dénigrement menées contre sa personne et des violentes accusations que ces forces continuent de lancer à son encontre pour le pousser à jeter le tablier. D’ailleurs, ces forces ont usé d’un double langage, l’un rejetant violemment toute participation de leur part, l’autre déclarant vouloir participer mais à des conditions précises. Or, il s’est avéré que c’était juste une manœuvre pour essayer de gagner du temps et créer une confusion au sein du camp de la nouvelle majorité.

A l’ombre des bouleversements qui secouent le monde arabe, le Liban peut-il avoir un gouvernement qui sera sans cesse attaqué par une opposition virulente de l’ancienne majorité?

Rien n’empêche qu’il y ait une opposition et que le gouvernement puisse quand même avancer. Nous avons toujours vécu une division entre deux camps même quand toutes les forces politiques étaient représentées dans le même cabinet. La formule majorité-opposition vers laquelle nous nous dirigeons sera certainement plus productive.

Les capitales occidentales font pression sur le nouveau cabinet, avant même sa formation, l’acculant à coopérer avec les résolutions onusiennes. Comment allez-vous répondre à cette requête, en contradiction avec vos choix politiques affichés?

Le nouveau gouvernement entrera en discussion avec les instances internationales et exposera ses arguments juridiques et constitutionnels sur les points de divergences, notamment sur la question du tribunal international.

Les changements en cours dans certains pays arabes auront-ils des répercussions sur la scène libanaise?

Cela fera des ingérences en moins étant donné que tous ces régimes seront occupés à gérer leurs propres crises.

Risquons-nous de voir un printemps arabe se déclencher à Damas?

Je crois que chaque pays est un cas particulier. Le modèle syrien, de par sa composition, n’est pas forcément similaire aux autres pays arabes, et la campagne de réforme, entreprise ces dernières années pour moderniser la Syrie, semble avoir amélioré la situation. Ceci dit, comme tout régime, celui de Damas doit maintenir et poursuivre ses efforts pour apporter des réformes politiques, sociales et économiques qui conviennent aux aspirations de son peuple.

Quelques mots sur la visite du général Michel Aoun en Syrie…

Elle est à caractère culturel et religieux sans exclure des rencontres politiques. Elle confirme la portée au delà des frontières libanaises de la politique d’ouverture entreprise par le chef du CPL vers l’Orient.

Etes-vous satisfait du fait que le Vatican ait accepté la démission du patriarche Sfeir que vous accusez d’ingérence dans la vie politique?

Avec tout le respect que je porte au patriarche et au patriarcat, je crois qu’un changement à la tête de l’Eglise maronite, après un quart de siècle d’un même règne, ne peut être que bénéfique sur tous les plans.

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