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La guerre médiatique a commencé contre le nouveau Premier Ministre libanais

Posted by dodzi sur janvier 26, 2011

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Par Dory Moutran

Najib Mikati visitant le général Michel Aoun à Rabieh, dans le cadre de sa tournée chez les anciens Premier Ministres, le 26 janvier 2011

Najib Mikati visitant le général Michel Aoun à Rabieh, dans le cadre de sa tournée chez les anciens Premier Ministres, le 26 janvier 2011

Najib Mikati n’avait pas encore reçu l’appui du minimum requis de députés au Parlement libanais, que la presse internationale et les médias des partis de la majorité précédente s’empressaient à le discréditer.

Coup d’Etat ou processus démocratique?

Avant même la nomination officielle de Najib Mikati, le Courant du Futur, le parti de Saad Hariri, communiquait déjà son intention de boycotter tout gouvernement dirigé par le candidat de l’opposition. L’appel à la participation à « la journée de la colère » a bien été entendu, et le parti du Premier Ministre sortant a dépêché d’appeler ce nouveau changement un « coup d’Etat » de la part du Hezbollah. Hariri a par ailleurs accusé l’opposition d’avoir « confisqué » la démocratie.

Dans la presse internationale également, les nombreux « experts » lient pratiquement tous les évènements au phénomène Hezbollah, sans oublier de parler de leurs armes, des évènements de mai 2008 dont le Hezbollah serait le seul coupable (on oublie facilement les milices de Hariri, Joumblatt et Berri dans toute cette affaire), ou même de la guerre contre Israël en 2006 (à nouveau, le Hezbollah est le seul et unique coupable).

On souhaite à tout prix faire croire au public mal informé que les évènements de ces 2 dernières semaines seraient dus à tout autre qu’un changement d’ordre démocratique, lié à la déception que certains citoyens et députés ont éprouvé vis à vis du leadership de Hariri. Certains vont jusqu’à accuser le Hezbollah d’avoir menacé physiquement Walid Joumblatt. Ce dernier, leader d’un des blocs parlementaires qui a permis le changement, a pourtant commencé ce changement de camp depuis 2009.

Mikati, l’homme du Hezbollah, exécuteur du projet iranien?

Une photo truquée, apparaissant sur un groupe facebook proche des Forces Libanaises, montrent Najib Mikati embrassant la main de Nasrallah

La personne même de Najib Mikati est discréditée, perçue comme une marionnette entre les mains de vilains terroristes. Pourtant il est dur pour moi de concevoir qu’un milliardaire sunnite, diplômé de Harvard irait jusqu’à se plier aux exigences d’islamistes chiites dont le seul but serait de transformer le Liban en république islamique (chiite, je me répète). Dans certains cas, la propagande va loin, jusqu’à falsifier une image de Mikati entrain d’embrasser la main de Hassan Nasrallah.

L’Iran est également mentionné dans tous les articles, et souvent à maintes reprise. Dans beaucoup de cas, il ne s’agit que d’une simple tentative de faire peur aux gens, même si ce n’est pas mentionné explicitement. Mais le fait de lier un nom à un ou quelques puissances perçues comme ennemies, et de le faire de manière répétitive, a comme conséquence qu’il ne sera plus possible de l’en dissocier.

Entre 2006 et 2008 par exemple, rares étaient les articles de l’Associated Press (AP), de Reuters et de l’Agence France Presse (AFP), qui ne faisaient pas suivre le nom du Général Michel Aoun par les mots « pro-syrien » ou « 8 mars » (date référant à la manifestation en soutien à la Syrie en 2005). Ce dernier, et son Courant Patriotique Libre, étaient pourtant réputés pour leur résistance contre l’occupation syrienne, et sont parmi les initiateurs du mouvement du 14 mars. Le résultat est pourtant si flagrant, que même certains médias liés au CPL ont fini par adopter l’étiquette du « 8 mars », bien qu’il n’y ait pourtant pas participé.

Najib Mikati a pourtant la réputation d’un centriste. En 2009, il se fait élire sur la liste soutenue par Saad Hariri. Bon ami de Bachar al-Assad, il est pourtant nommé une première fois Premier Ministre consensuel en 2005, à la suite de ce qu’on a appelé « la Révolution des Cèdres », avec le grand soutien des partis anti-syriens.

La nomination de Najib Mikati par l’opposition (dans son ensemble, et non uniquement le Hezbollah) au poste de Premier Ministre était une surprise. Contre toute attente, ce n’était pas l’homme fort de l’opposition sunnite au Liban Nord, Omar Karamé, qui fut nommé. Mikati fut donc présenté comme le résultat d’un consensus au sein de l’opposition, qui a présenté ce choix comme une main tendue vers la réconciliation, plutôt que la confrontation.

Le Hezbollah et l’opposition

L’opposition libanaise est souvent limitée au seul Hezbollah. Ce style de communication est utilisé par plusieurs catégories de journalistes: premièrement nous avons le journaliste qui cherche à simplifier une situation compliquée aux yeux de leurs lecteurs. En effet, l’européen ou l’américain moyen, peu impliqué dans la politique libanaise, trouvera peu d’intérêt à faire la différence entre l’un ou l’autre parti. Diviser le pays en 2 camps (Hariri et le Hezbollah, pro- et anti-syriens, pro- et anti-occidentaux, etc.) est donc plus que suffisant. D’autre part, nous avons également le journaliste mal informé. Les quotidiens faisant face à des problèmes de budgets, il leur est bien plus intéressant de s’abonner aux articles issus des agences de presses (AFP, AP, Reuters, etc.) que d’investir en des experts de la politique libanaise, ou même de chaque pays n’étant réservé que quelques articles chaque année. Finalement, nous avons le journaliste biaisé: le Liban, le journalisme est une secteur peu rentable qui survit souvent grâce à des investissement et des « dons » politiques. Les agences de presses internationales n’en sont pas sauvegardé…

Il est pourtant dangereux de communiquer que « la démission des ministres du Hezbollah font tomber le gouvernement libanais », présentant donc cela comme un « coup de force », alors que le Hezbollah n’est représenté que par 2 des 11 ministres ayant démissionné. Similairement, dire que « Mikati est nommé Premier Ministre grâce à l’appui du Hezbollah », alors que ce parti ne possède qu’une dizaine de députés au Parlement sur les 68 qui ont nommé le nouveau Premier Ministre, est quelque peu trompeur.

Face à cette désinformation, l’aspect politique et religieux de l’opposition est entièrement déformée. Plutôt qu’un bloc islamiste chiite, il s’agit bien d’une large coalition multiconfessionnelle qui a soutenu la candidature de Mikati. Nous avons entre autre les deux partis chiites (Hezbollah et Amal), le bloc largement « chrétien » du changement et de la réforme (le CPL, le Tashnag arménien, le Marada du Liban Nord ainsi que quelques indépendants),  les partis pro-syriens tels que le Baath, quelques figures sunnites indépendante du Liban Nord, et finalement les druzes proches de Walid Joumblatt et de Talal Arslan.

Et les partisans de Hariri dans tout ça?

Parallèlement, il est flagrant à quel point Hariri, sa politique et ses partisans, sont perçus comme les « gentils » dans toute cette histoire. Comme je l’avais déjà mentionné, le Hezbollah est perçu comme la seule et unique cause des évènements du mois de mai 2008. A entendre cela, on pourrait croire qu’ils avaient combattu contre des fantômes. Or ces fantômes sont bien les hommes de Hariri. Comment peut-on oublier les tirs des snipers qui ont visé des manifestants du Hezbollah, avant même le début des violences.

Aujourd’hui à nouveau, une dépêche de l’AFP en anglais parlait de milliers de manifestants sunnites prenant les rues en opposition à la nomination de Mikati. Si l’on peut débattre longtemps sur la moralité de l’acte de brûler des pneus et des poubelles, et de couper les routes (rappelons que l’opposition a usé de ces mêmes moyens il y a quelques années, pour protester contre la conférence de Paris III, actes condamnés par les proches de Hariri), le tabassage de journalistes d’al Jazeera, et la mise à feu de leur véhicule ne devraient pas passer inaperçus par des confrères journalistes.

La communauté internationale

Pour l’instant, la communauté internationale a réagi avec beaucoup d’hésitation en apprenant la nouvelle. La Secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a affirmé espérer « que ce soient les libanais eux-mêmes, et non des forces étrangères, qui préserveront l’indépendance et la souveraineté du pays. » En Belgique, le Ministre de la Défense Pieter De Crem a déjà dû faire face à des questions venant de députés N-VA et PS, au sujet de la prolongation de la mission des casques bleus belges de la FINUL au Sud-Liban.

La réaction prudente des états occidentaux reflète fort la situation en Arabie Saoudite, où la famille royale, bien que soutenant toujours Hariri comme « son homme » au Liban, a tout de même pris du recul, et a annoncé la semaine passée avoir « abandonné » sa médiation au Liban. Le scandale de l’enregistrement audio dans lequel Hariri traite le Prince Nayef d’assassin, a également contribué au froid qui secoue le Premier Ministre libanais sortant et la famille royale saoudienne.

Une Réponse to “La guerre médiatique a commencé contre le nouveau Premier Ministre libanais”

  1. frenchy said

    cela va encore plus loin, faut aller sur le site ouwet.com et lire les commentaires, ils accusent grosso modo Mikati d’être à l’origine d’un plan syro-saoudien visant à l’implantation palestinienne au Liban.

    Du gros gros n’importe quoi

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