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Une question de timing…

Posted by jeunempl sur janvier 16, 2011

(Scarlett Haddad – L’Orient le Jour)

Si le plan de l’opposition de faire chuter le gouvernement était plus ou moins connu, c’est le timing de son exécution qui a pris tout le monde de court et permis à cette dernière de créer la surprise et de reprendre l’initiative. Depuis quelques mois en effet, Saad Hariri avait fait connaître sa détermination à conclure un compromis, pour épargner au pays discorde et chaos, mais seulement après la remise de l’acte d’accusation par le procureur Daniel Bellemare au juge Fransen. Il était convaincu, et avec lui la communauté internationale, qu’il pourrait alors négocier en position de force, avec un Hezbollah affaibli par une accusation officialisée mais non publiée. Hariri et avec lui ses conseillers étaient ainsi persuadés que l’heure « H » de l’exécution de la contre-attaque de l’opposition était fixée au jour de la remise par Daniel Bellemare de son acte d’accusation au juge de la mise en état. Ils pensaient avoir le temps de voir venir, d’autant que le président Michel Sleiman partageait la même approche et pensait qu’il n’y aurait pas de remous gouvernementaux avant ce rendez-vous fatidique.

Mais c’est là que l’opposition a changé la donne. Tout s’est d’ailleurs passé très vite. Dès que le président syrien a annoncé à ses interlocuteurs libanais l’échec de l’initiative syro-saoudienne, ceux-ci ont décidé de passer à l’offensive. Même le président du bloc parlementaire de la Résistance hajj Mohammad Raad qui se trouvait à ce moment-là en visite chez l’ancien Premier ministre Omar Karamé n’en savait encore rien. En quelques minutes, le plan a été décidé et il a été convenu de donner un dernier délai au président Sleiman pour accepter la convocation d’une réunion extraordinaire du Conseil des ministres. Dans une tentative de ne pas accentuer la division du pays et de ne pas atteindre le point de non-retour, le chef de l’État a d’abord tenté de gagner du temps, précisant qu’il voudrait, par correction, attendre le retour à Beyrouth du Premier ministre. Mais il a dû s’incliner devant la détermination de l’opposition, après en avoir toutefois parlé avec le président Bachar el-Assad. Des tentatives de médiation ont ensuite été entreprises avec le président de la Chambre, dans l’espoir de le pousser à convaincre l’opposition de laisser un peu de temps au 14 Mars, mais Nabih Berry a été très ferme : les consultations parlementaires doivent avoir lieu dans les plus brefs délais…

L’opposition a donc réussi son coup en semant la confusion dans le camp adverse, qui misait aussi sur le fait qu’elle n’oserait pas procéder à une telle démarche pour ne pas irriter le roi Abdallah d’Arabie qui s’était personnellement investi dans la recherche d’une solution au Liban passant par le maintien du gouvernement d’union nationale au pouvoir.

Mais si le premier pas a été accompli, quelles seront les prochaines étapes ?
Des sources de l’opposition avancent quatre scénarios possibles : selon le premier, les contacts internationaux et régionaux entrepris par Saad Hariri et par les grandes capitales du monde aboutissent à un compromis qui consiste dans le retour de Saad Hariri à la tête du gouvernement, mais cette fois-ci aux conditions de l’opposition. Autrement dit, ceux qui lui conseillaient d’attendre pour négocier avec un Hezbollah affaibli devront le pousser à accepter la négociation alors qu’il est en position de faiblesse. Et le nouveau gouvernement, selon l’opposition, devrait s’engager à suspendre toute coopération officielle libanaise avec le TSL, le temps de revoir la situation juridique de ce tribunal ou d’en finir avec le dossier des faux témoins.

Le second scénario est axé sur la position du chef du PSP. Il prévoit l’alignement d’un nombre suffisant de députés du bloc de Walid Joumblatt aux côtés de l’opposition qui deviendrait ainsi la nouvelle majorité parlementaire. Le choix se porterait alors sur un Premier ministre de transition qui formerait un gouvernement de coalition, mais avec une majorité de ministres du côté de l’ex-opposition. Les sources précitées prévoient que les tractations prendraient un peu de temps et le nouveau gouvernement devrait voir le jour au plus tard en mars, avec pour mission, selon les desiderata de l’opposition, d’envoyer une lettre officielle au Conseil de sécurité sur l’illégalité du TSL.

Dans le troisième scénario, Joumblatt ne donne pas suffisamment de voix, dans un premier temps, mais ses députés qui ne veulent pas voter avec l’opposition se gardent de donner un autre nom et le candidat de l’opposition à la présidence du Conseil obtiendrait le plus grand nombre de voix et serait ainsi chargé de former un nouveau gouvernement. Il s’agirait d’un candidat de confrontation et l’opposition formerait un gouvernement à coloration unique avec des ministres sunnites choisis au sein de ses alliés. Ce gouvernement, ajoutent les sources de l’opposition, obtiendrait la confiance du Parlement avec les voix de six députés du bloc Joumblatt et il aurait trois missions : démanteler les dispositifs financiers et sécuritaires établis par le 14 Mars dans les institutions de l’État et neutraliser les effets potentiels de l’acte d’accusation du TSL.

Selon le quatrième scénario, l’opposition ne parvient pas à imposer son candidat et Walid Joumblatt ne prend pas position en sa faveur. Mais le camp du 14 Mars ne parvient pas non plus à former un gouvernement à coloration unique, car aucune personnalité chiite n’accepterait d’y participer, alors que la Constitution stipule que le gouvernement doit représenter toutes les communautés. Dans ce cas, le Liban entre dans une crise gouvernementale prolongée (il pourrait même battre les records de l’Irak), mais le gouvernement démissionnaire chargé de gérer les affaires courantes serait dans l’incapacité de prendre la moindre décision importante.

Dans tous les cas de figure, l’opposition estime avoir marqué un point, la situation ne pouvant pas être, à ses yeux, pire que les atermoiements qui prévalaient avant la chute du gouvernement et qui visaient essentiellement à gagner du temps en attendant la publication de l’acte d’accusation. Toutefois, des rumeurs circulent désormais sur une remise rapide de l’acte d’accusation au juge Fransen, dans le but de prendre de court l’opposition et de peser sur la formation d’un nouveau gouvernement. Ces rumeurs ne semblent pas perturber l’opposition, convaincue d’avoir stoppé le processus de pourrissement et d’avoir déjoué le piège qui lui était tendu. Le prochain discours du secrétaire général du Hezbollah devrait, dit-elle, clarifier beaucoup de points et donner la tendance générale de l’étape future selon le point de vue du Hezb. À condition de l’écouter dans un esprit d’ouverture, précisent les sources de l’opposition…

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