Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Michel Hélou, député de Jezzine : «Je crains une nouvelle répartition des pouvoirs»

Posted by jeunempl sur décembre 25, 2010

Saad Elias – L’Hebdo Magazine

«Ni la majorité ni l’opposition ne souhaitent la fitna ou des actes de violence. La tension politique est réelle et quasi permanente, mais l’explosion que craint le ministre britannique des A-E fait partie des tentatives d’intimidation». Interview de Michel Hélou, député de Jezzine.

Etes-vous optimiste quant aux résultats des efforts syrosaoudiens en vue de résoudre la crise?

J’entends parler de progrès accomplis, mais je me permets de ne pas être optimiste, ou pas assez par rapport aux résultats en tenant compte des fuites relatives à ces efforts. Il semble que nous nous acheminons vers un autre but, ma crainte est que l’on soit en train de préparer une nouvelle répartition des pouvoirs sous couvert de l’appli cation détaillée de Taëf. Ainsi, le fond du problème restera le même et, avec la persistance de la tension politique, la menace sécuritaire sera maintenue.

Mais le dialogue syro-saoudien a justement pour objectif de bloquer les éventuelles conséquences sur le terrain de l’acte d’accusation émanant du tribunal international.

Est-ce que le tribunal est la bonne voie pour parvenir à la vérité? Ou alors est-ce un instrument pour torpiller la Résistance? Est-il un outil manipulé par les grandes puissances pour exécuter le complot international à partir du Liban? S’agit-il d’un tribunal israélien? Que devient le crime des faux témoins, alors qu’il existe des gens qui prétendent qu’ils sont inexistants et qu’il n’y a aucun dossier à transférer devant la Cour de justice? Ce n’est pas un dossier, c’est un crime qu’il faut soumettre à la Cour de justice.

Saad Hariri et le 14 mars craignent que ce transfert que vous réclamez n’aboutisse au retrait du dossier de l’assassinat des mains du tribunal international.

C’est pourquoi ils s’opposent au vote… Si nous abordions la question de manière scientifique: le tribunal international s’est déclaré incompétent à examiner l’affaire des faux témoins. Si nous considérons que la justice libanaise est compétente du fait que le crime a été commis sur son territoire par des Libanais et des non-Libanais, si les éléments de la confiance mutuelle étaient présents entre les composantes de la société libanaise, la justice libanaise ne peut pas invalider le tribunal international, et il n’est pas permis non plus que ce tribunal supprime le rôle de la justice libanaise. Les deux doivent être complémentaires. Qu’est-ce qui empêche la justice internationale, si la confiance existe, de remettre à la justice libanaise des copies des dépositions des faux témoins et que les deux justices coordonnent leurs efforts pour parvenir à la vérité?

Attendons voir, s’ils ont pris en compte leurs déclarations…

Pas du tout. C’est une hérésie judiciaire que d’attendre voir si l’acte d’accusation les a prises en compte. S’il les a prises en compte, c’est qu’il ne les considère pas comme mensongères. Pourquoi alors aurait-on libéré les quatre généraux? Ils sont libres. Ils n’ont pas été relâchés sous caution ou assignés à résidence. Cela veut dire qu’ils n’ont rien à voir avec ce crime et qu’il n’y a aucune preuve contre eux. Lorsque le déposant donne un faux témoignage, on considère tout de suite que le crime a été commis et cela nécessite un procès. Il n’est pas permis d’attendre la parution de l’acte d’accusation ou de l’acte d’inculpation ou encore du verdict final. Il existe des textes dans le code libanais et dans les codes d’autres pays qui stipulent, dans certains cas et conditions, l’ajournement du procès original pour régler au préalable l’affaire des faux témoins.

Comment interprétez-vous les craintes formulées par le ministre britannique des Affaires étrangères quant à une éventuelle explosion de violence au Liban en janvier?

Les craintes britanniques s’inscrivent dans le cadre des pressions exercées sur le Liban, le peuple libanais et certaines forces politiques. Parce que nul au Liban – ni la majorité ni l’opposition – ne souhaite la fitna ou les actes de violence sur le terrain. La tension politique est réelle et quasi permanente au Liban, mais l’explosion que craint le ministre britannique fait partie des tentatives d’intimidation. Nous souhaitons que les tiraillements politiques ou encore l’échec – si échec il y a – des tentatives de conciliation à l’interne comme à l’externe n’engendrent aucune empoignade sur le terrain.

Il semble que le chef de la section des services de renseignement des FSI, le brigadier Wissam el-Hassan, va être promu au grade de général à cause de ses accomplissements dans la détection des agents suspectés d’être à la solde d’Israël dont le général Fayez Karam…

La question de la promotion relève des institutions. Tout ce que nous avançons en ce qui concerne ce sujet c’est que si vous voulez faire de cette section une division, procédez à sa légalisation. Pourquoi l’appeler «division» en la maintenant sous forme de «section»? La section devient division par décret. Le problème selon le mémo du directeur général des FSI, le général Achraf Rifi, en 2006, était lié à des considérations politiques, c’est pourquoi la section a été institutionnalisée par une circulaire, or celle-ci ne peut ni annuler, ni modifier un décret. Nous ne sommes pas contre la légalisation de cette section si cela est dans l’intérêt des FSI et de leur nombre. Quant au général Fayez Karam, il ne s’agit pas d’une question personnelle, nous ne le défendons pas, c’est l’affaire de ses avocats et de la justice. Mais nous abordons la question sous son aspect scientifique, légal et objectif. Il existe un code de procédures pénales qui définit les prérogatives de la police judiciaire et du juge d’instruction au moment de l’interrogatoire. Nous appelons à l’application de la loi et des procédures envers le général Karam et tous les autres.

Vous êtes membre du Bloc du Changement et de la Réforme. Le président de ce rassemblement est en froid avec Baabda, Bickfaya, Bkerké et Maarab… A quoi est due cette conjoncture?

Sur l’axe Rabié-Maarab, la situation n’est pas nouvelle. Sur la ligne Rabié-Baabda, on ne peut pas parler de froid mais plutôt de positionnement. Cela ne signifie pas une détérioration des relations personnelles. Il existe des positions de principe et une ligne politique adoptées par le rassemblement et son chef. A chaque fois que cette ligne se heurte à une institution ou une instance officielle qui ne partage pas ses options, cela ne mène pas forcément à une mésentente d’ordre personnel. Par rapport à Bickfaya, lorsque cheikh Pierre Gemayel a été assassiné, le général Michel Aoun a été exclu de la participation aux funérailles, et n’a même pas pu présenter ses condoléances… Ce qui s’applique aux institutions de l’Etat s’applique aussi aux groupes politiques. A diverses occasions, à l’Assemblée, nous avons harmonisé nos choix. Sur d’autres sujets, nous pouvons avoir des vues divergentes. Il s’agit de deux lignes politiques qui se rencontrent parfois mais pas toujours. Pour ce qui est de Bkerké, nous la considérons comme notre instance et considérons le patriarche comme une instance spirituelle et religieuse à laquelle nous vouons estime et respect. Nous considérons aussi Bkerké comme une instance nationale. Au chapitre politique relatif aux affaires quotidiennes et aux questions sujettes à divergence, nous ne pensons pas que cette instance doive s’impliquer dans les dissenssions politiques, parce que nous estimons qu’elle est à la dimension du Liban et que son rôle est bien plus grand et plus noble que cela.

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