Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Nicolas Sehnaoui: L’avenir nous appartient si…

Posted by jeunempl sur décembre 5, 2010

L’Hebdo Magazine – Propos Recueillis Par Danièle Gergès

« L’Amérique a échoué au Moyen-Orient »

«Il n’y a que chez nous qu’il se trouve encore des personnes prêtes à jouer la carte américaine dans l’espoir qu’elle leur apportera démocratie, souveraineté et stabilité». Nicolas Sehnaoui invite les chrétiens à faire des choix nouveaux.

Pourquoi avez-vous décidé de prendre la plume et d’écrire un ouvrage biographique qui relate en même temps les points forts des derniers événements qui ont jalonné le parcours politique du Liban?

J’ai voulu exprimer par écrit nos convictions et expliquer notre stratégie à un public francophone qui est généralement réfractaire à notre stratégie. Le Liban, de par sa position géographique, est perpétuellement en danger et en son sein la communauté chrétienne l’est plus particulièrement. Il est important de bien lire la carte géopolitique pour déchiffrer les tenants et aboutissants des conflits qui nous entourent et nous traversent. Il y a malheureusement un investissement publicitaire et médiatique monstre qui vise à empêcher les chrétiens libanais de choisir la voie qui pourrait les mettre à l’abri. La vision simplificatrice qui consiste à distinguer d’une part les «méchants» et de l’autre les «gentils» aboutira en fait d’une manière inexorable à l’anéantisse ment des chrétiens et de leur rôle au Liban.

Dans votre livre, vous dénoncez les ingérences américaines au Moyen-orient, tout en certifiant que cette politique a échoué et que le rôle des États-Unis s’amenuise. Sur quoi vous basez-vous ?

Sur des résultats constatables. Prenons les pays un par un. En Irak, outre leur échec patent, leur retrait est imminent et leur influence cède la place à l’Iran et à la Syrie. En Afghanistan, l’accroissement des troupes a été jugé par tous les observateurs par une fuite en avant dont le véritable enjeu était électoral pour le président Obama. Le Pakistan est sur le point de déraper avec des conséquences qui pourraient être désastreuses vu que c’est un pays qui détient l’arme nucléaire. Le régime égyptien pro-américain agonise et la succession contestée de Moubarak risque d’ouvrir la boîte de Pandore. Si l’objectif américain était, comme certains l’avaient annoncé, l’affaiblissement du croissant chiite, force est de constater que ce dernier en sort, aujourd’hui, renforcé. Il n’y a que chez nous qu’il se trouve encore des personnes prêtes à jouer la carte américaine dans l’espoir qu’elle leur apportera démocratie, souveraineté et stabilité. Nous autres, chrétiens libanais, naissons avec un biais génétique qui nous rend faible face aux appels de l’Occident. Mais quand est-ce que l’Occident nous a réellement soutenus? Ne nous a-t-il pas maintes et maintes fois lâchés? En 1976, en 1982, en 1984, en 1990? Il est temps que nous nous rendions compte que l’Occident a des intérêts qu’il juge prioritaires par rapport à sa relation avec nous: le pétrole et l’Etat d’Israël.

C’est l’émergence de ce «croissant chiite» qui explique vos choix politiques actuels?

Nos choix politiques visent à consolider notre partenariat avec toutes les composantes de ce pays. Lorsque l’une de ces composantes saisit la main que nous lui tendons et qu’elle confirme et soutient dans les faits notre droit à ce partenariat, nous ne pouvons qu’en être satisfaits. C’est à Doha que nous avons collecté les premiers fruits de cette stratégie puisque nous avons plus que doublé le nombre de députés élus dans les régions chrétiennes (qui sont passés de 22 à 47). Mais aussi lors de la formation du dernier gouvernement d’union nationale où nous avons arraché douze ministres chrétiens représentant ces mêmes régions au lieu de trois au ministère composé en 2005 par le Courant du futur et ses alliés chrétiens. Nous travaillons aussi d’arrachepied sur le projet de la réforme de l’Etat.

Que demandez-vous précisément aux citoyens libanais?

De s’engager en politique et de sortir de l’attitude démissionnaire. Si certains politiciens les dérangent par leur attitude, leur méthode de travail, leur corruption, leur laxisme, leur passé criminel, qu’ils s’investissent quand même puisque c’est leur sort et leur avenir qui sont en danger. Nous devons unir nos efforts pour sauver le Liban. La situation est si complexe que nous devons réfléchir objectivement pour comprendre ce qui se passe sans être pris par des slogans redondants vides de tout sens.

Vous dédiez votre ouvrage à votre mère morte à 43 ans sous les bombardements syriens. Avez-vous pardonné à cette armée d’occupation qui a laissé tant de dégâts sur son passage et qui a touché votre famille de plein fouet?

Le martyre de n’importe quelle famille ne s’inscrit pas contre quelque chose ou quelqu’un mais pour la sauvegarde du pays. Ma mère est morte pour le Liban et non pas contre la Syrie. Protéger la mémoire des martyrs consiste donc à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger le pays du Cèdre.

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