Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

  • N'oubliez pas de visiter nos galeries d'images.

  • MPL Belgique

  • Rubriques

  • Actualités

  • Archives

  • Méta

Que vienne la pluie (Shatti ya dini) récompensé au 37è FIFI à travers le prix du meilleur interprète masculin décerné à Hassan Mrad

Posted by jeunempl sur novembre 11, 2010

MPLBelgique.org

Le festival international du film indépendant (FIFI) s’est déroulé à Bruxelles du 2 au 7 novembre. Ce rendez-vous important accueillait pour la première fois depuis 37 éditions un film libanais « Que vienne la pluie » (Shatti ya dini) réalisé par Bahij Hojeij, présent au festival et accompagné des ravissantes actrices Julia Kassar et Carmen Lebbos. Récit d’une série d’entretiens avec les artistes du film et les organisateurs de cette fête.

Shatti ya dini raconte en parallèle plusieurs histoires de kidnappings opérés dans les années 80 par les forces de sécurité du pays, souvent sans réelles raisons. Elle raconte la détresse des familles, essentiellement ces femmes dévouées qui gardent l’espoir de revoir leurs maris ou enfants un jour libérés. L’une de ces histoires est réelle. Bahij Hojeij insiste sur sa symbolique; « cette histoire constitue le fil conducteur du film, elle apporte une belle touche » à l’oeuvre.

L’histoire principale est la libération de Ranaz, interprété de manière éblouissante par Hassan Mrad, qui arrive un beau jour, après 20 ans de détention. Mais la délivrance et la joie laisseront très vite place à la cruelle réalité. Dans ce film, Ranaz incarne ces personnes qui, une fois libérées, ont du mal à se réintégrer dans le cocon familiale. Ces années d’absence pèsent et restent difficiles à combler. Le monde bouge à une telle vitesse que l’adaptation, ou plutôt la réadaptation, devient très difficile, voire impossible.

Le cinéma libanais connait depuis Caramel, de Nadine Labaki, un nouveau souffle. Cet engouement est d’autant plus étonnant que les moyens alloués à la culture et au cinéma en particulier n’ont pas évolué. Julia Kassar, qui joue le rôle de Marie, la femme de Ranaz, tente une explication en allant jusqu’à souhaiter que le cinéma libanais ne soit jamais gâté afin qu’il reste ce qu’il est et qu’il continue à produire ses chefs-d’oeuvres. « Peut-être a-t-on de la chance de ne pas avoir de facilités pour avoir plus de passion. Si Bahij ne tenait pas vraiment à faire ce film, on ne l’aurait jamais fait de cette façon. » Et pour cause, Bahij Hojeij est à la fois producteur et réalisateur de Shatti ya dini. Avec la simplicité qui le caractérise, il nous décrit non sans un peu de dépit sa difficulté à réaliser le film: « Il m’a fallu 4 ans pour réaliser ce film sur base d’un financement personnel. Le temps était très long et lorsqu’on est à la fois producteur et réalisateur, sans soutien extérieur, on passe par des périodes difficiles, même de doute. Le résultat plait, c’est ce qui importe finalement. Mais je ne referai plus la même erreur » conclut-il en rigolant.

Shatti ya dini a déjà obtenu le prix du meilleur film arabe au festival d’Abou Dhabi en octobre dernier. C’est là-bas d’ailleurs qu’il fut repéré par le FIFI raconte Salvotore Leocata, directeur artistique du festival. Vue l’urgence, le film n’est même pas passé par la procédure habituelle de sélection, il a tout de suite été accepté et Salvatore ne le regrette absolument pas; « Regardez le résultat » lance-t-il en montrant la salle de réception noire de monde. « Ca prouve que le cinéma libanais est en plein boom, même s’il n’a pas les moyens. Mais c’est aussi ça la force du cinéma libanais, au même titre que le cinéma belge ou marocain ». Et Salvatore de poursuivre, « Chaque année dans le FIFI, un pays est mis à l’honneur. Cette année, il s’agit du Mexique, et l’année prochaine la Nouvelle-Zélande. Inchallah dans deux ans, on proposera le cinéma libanais en vedette. »

Le rôle de la femme prend une place centrale dans le film. Marie, la femme de Ranaz, accepte la difficulté du quotidien. Son mari n’est plus l’homme qu’elle connaissait 20 ans plus tôt, fort, colérique, imposant. Elle lui consacre pourtant toute son énergie. Julia Kassar appuie particulièrement sur ce point. « Voilà le vrai visage de la femme libanaise. Ce n’est pas le visage qu’on essaye de véhiculer ailleurs, la femme soumise, qui ne s’intéresse qu’à sa beauté,etc. Non, ce n’est pas ça la femme libanaise. Toutes nos mères sont comme Marie, combatives, on essaye de leur ressembler même si elles restent pour chaque fille un modèle. »
Au delà du film, c’est tout le festival du film indépendant qui met en avant la femme. Salvatore s’explique : « La thématique de ce film, c’est la ligne de conduite du festival, c’est la femme. Hier, le film égyptien parlait de la féminité et des femmes battues au Caire. Ce soir, on montre une autre façon de la femme libanaise. Demain, après demain, le secret de la relation ambigüe avec le sexe dans le cinéma tunisien. Et samedi, le cinéma marocain parlera du SIDA. Maintenant, le festival est en plein boom au niveau de la féminité. On rend hommage à la femme. »

Le film est entrecoupé de vues de la ville de Beyrouth, tantôt au crépuscule, tantôt en journée ou en soirée. Cette ville reconstruite contraste avec l’état de destruction intérieure de Ranaz. A ses yeux, les gens ne sont plus pareils, comme si l’âme de cette ville semble avoir également disparu depuis la fin de la guerre. Le parallèle est vite fait, et pourtant Bahij Hojeij ne cherche pas à rentrer dans cette interprétation : « Je ne joue pas au niveau des symboles, mais juste sur des plans et des images pour emporter l’imagination du spectateur. Chacun est libre d’imaginer ce qu’il veut à partir de ces images. »

Car c’est bien là le style du film et ce qui fait son charme! Salvatore Leocata nous en parle : « J’ai vu plusieurs films libanais mais ce film m’intéressait car la thématique est différente des autres productions libanaises. Les films classiques parlent toujours des années 70, de la guerre du Liban,etc…ok, il faut arrêter. C’est comme la Shoah, il faut arrêter. Attention, il ne faut jamais oublier son passé! Mais si on reste sur le passé, on n’évolue pas. Par contre, avec de la subtilité, comme par exemple dans « Le Pianiste » de Roman Polanski, on parle de la Shoah mais très intelligemment, avec la musique. Là, ce film montre le conflit des années 80 mais avec une relation narrative au niveau de l’amour. Le réalisateur a trouvé une voie qui pouvait humaniser le sujet. »

Shatti ya dini, que vienne la pluie pour laver le passé et repartir sur de bonnes bases, comme le sol lavé par une bonne drache. Le film se termine sur une note d’espoir et invite à s’intéresser particulièrement sur le sort des disparus et de leur réintégration dans la société après leur libération.
Tout le monde espère que ce film sera commercialisé et diffusé dans les salles en Europe. Julia Kassar a bon espoir et parle « d’un bon départ ». Elle insiste également sur « l’accueil inoubliable et authentique des Belges » qui tranche avec le festival d’Abou Dhabi où néanmoins, pour leur première, ils ont connu la récompense. Avec le prix obtenu par l’acteur Hassan Mrad lors de ce FIFI, nul doute que Shatti ya dini a encore de belles surprises à nous réserver.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :