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Johan Verkammen: Un diplomate sans chichis

Posted by jeunempl sur octobre 25, 2010

Joumana Nahas – L’Hebdo Magazine

1m 90 de bonne humeur, de simplicité et de transparence. C’est en trois mots ce qui caractérise surtout l’ambassadeur de Belgique, en poste au Liban depuis trois ans maintenant. Lui qui est né à Beyrouth, il y a de cela 45 ans, ne s’imaginait pas retourner un jour sur cette terre qui l’a vu naître, pour y servir de représentant pour son pays. Johan Verkammen a reçu Magazine dans la résidence de l’ambassade de Belgique, à Yarzé, avec une simplicité déconcertante. Très loin de se prendre lui-même au sérieux, il se dévoue cependant à sa carrière avec passion. Portrait d’un diplomate qui ne se force pas pour sourire…

«C’est beaucoup de chance d’être ambassadeur à mon âge», raconte Johan Verkammen avec un sourire satisfait. Il ajoute que c’est encore plus de chance d’être nommé à Beyrouth dans la force de l’âge, pour pouvoir profiter des activités exceptionnelles qu’offre le pays.

Activités exceptionnelles? Nous nous demandons un moment si l’ambassadeur de Belgique n’essaie pas, pour faire plaisir aux Libanais, de gonfler les attributs du pays du Cèdre.
Mais non, loin de là. C’est que, à part son métier de diplomate, qu’il vit pleinement, Verkammen est aussi, même s’il s’en défend, un grand sportif, digne de figurer parmi les athlètes de haut niveau!

S’il aime bien pratiquer beaucoup d’activités physiques, il a une passion particulière pour le vélo. Il a même transporté le sien dans ses bagages, en apprenant sa nomination à Beyrouth. Il l’enfourche régulièrement, et pas pour faire des balades le dimanche au centre-ville! Trop relax pour notre diplomate… Non, lui, c’est plutôt un Yarzé-Damas qui le tente des fois, ou alors un «polyathlon» aux cèdres, avec rafting, vélo, natation et hiking pendant plus de 12 heures, pourquoi pas?

C’est rien moins qu’un aller-retour depuis la résidence de l’ambassade jusqu’à la capitale syrienne qu’a effectué l’ambassadeur de Belgique, il y a deux ans de cela. Incognito. Sans gardes, seul sur la route, cycliste anonyme et aventurier dans l’âme.

Johan Verkammen avoue que, plus jeune, il se prenait à rêver d’être l’un de ces grands champions cyclistes dont la Belgique est si fière. Pourtant, dans son enfance, Verkammen n’a que peu connu son pays: ce fils unique d’un diplomate belge a suivi ses parents au gré des missions de son père à travers le monde. Né au Liban, où son père avait été nommé pour un premier poste, il y passera la première année de sa vie. Ensuite, la petite famille s’installe pour quelques années à Bagdad, où l’ambassadeur garde de très bons souvenirs, notamment du «Tigre qui coulait dans le jardin».

Une aubaine en effet, mais aussi un déracinement, puisque, tous les trois ou quatre ans, il fallait dire adieu à un pays pour aller faire la connaissance d’un autre. Tant et si bien que Verkammen n’a véritablement connu son propre pays qu’au début de l’adolescence! Et il raconte que c’était une première approche «cruelle» avec la Belgique, puisque ses parents l’y ont inscrit en internat. Le père étant en poste aux Pays-Bas, c’était une solution adéquate pour que le fils soit éduqué en Belgique, et qu’il puisse aller voir sa famille tous les weekends. Avant cet internat des pères jésuites, le jeune garçon avait tendance, du propre aveu de l’ambassadeur aujourd’hui, à se transformer en «ket» de rue. En vocabulaire flamand, cela veut dire un garçon qui fait des bêtises. Oh, rien de bien grave: voler des bonbons par exemple! N’empêche. Les parents du jeune Johan se rendent compte de l’urgence, et l’inscrivent au Collège jésuite, bien plus strict que son ancienne école. Un choc pour le gamin, surtout les premiers jours. C’est que, chez les Jésuites, il fallait travailler, entre garçons, et dans la discipline!

Un parcours enrichissant

Réveil au son de cloche, 10 minutes de préparation, classe jusqu’à 16h, pas de télé… Mais une bonne table de ping-pong, une autre de babyfoot et une infrastructure favorisant les sports. «Je suis sûr que tous les champions de babyfoot sont des victimes d’internat», plaisante le diplomate. Avant de se reprendre: «J’exagère sûrement un peu. Ce n’était pas si terrible, j’avais de bons copains et une éducation exceptionnelle. D’ailleurs, mes enfants vont à Jamhour, ici. Moi qui m’étais juré de ne jamais inscrire mes enfants chez les Jésuites!». Il ne faut jamais dire jamais, c’est bien connu.

D’ailleurs, Johan Verkammen ne s’était-il pas dit jamais pour une carrière de diplomate, dont son père le dissuadait? Cela n’a pas empêché le jeune homme de poursuivre des études de droit, à Louvain et à Namur, question de suivre les deux cursus, néerlandais et francophone. Et si ses débuts, à Washington, dans un prestigieux cabinet d’avocats, laissent présager pour Verkammen une belle carrière de juriste, il se rend compte, vers 24 ou 25 ans seulement, que «la variété dans la vie d’un diplomate est très enrichissante». Il le comprend surtout quand il étouffe de rester coincé en un même lieu, lui qui a eu, malgré lui, une enfance de globe-trotter. Il réalise que, finalement, les avantages qu’offre un métier de diplomate l’emportent sur les inconvénients, et ce malgré les conseils de son père de s’en éloigner.

Et puis, il y a Kathleen, une brillante avocate fiscaliste, dont il est tombé amoureux depuis la dernière année de fac, et qui est prête à le suivre partout au monde… C’est ainsi, fort de son bagage académique solide et d’un amour sans faille, qu’il présente l’examen diplomatique. Non sans avoir quand même connu une petite déception en cours de route: Johan Verkammen se rêvait, lors de son service militaire, paracommando! Le refus opposé par l’armée est resté quelque temps comme une pique, compensé certes par une pratique assidue du sport, jusqu’aujourd’hui.

Quand il réussit l’examen diplomatique, le père de Johan Verkammen oublie les réserves dont il avait fait part à son fils, et est naturellement empli de fierté, comme tous les papas du monde le seraient. D’autant plus que le premier jour de la prise de fonctions du fils coïncide avec la retraite du père: les deux hommes ont leurs noms inscrits au Journal officiel, sur la même page. L’un part, l’autre arrive. Le hasard fait certainement bien les choses. Comme par exemple, ramener Johan Verkammen, 45 ans après sa naissance, à Beyrouth, et par la grande porte! Ajoutons, sans crainte de tomber dans les salamalecs et autres flatteries, pour le plus grand bien des Libanais qui ont la chance de connaître un diplomate sympathique, qui a confié à Magazine que son épouse et lui ont même songé acheter un pied-à-terre au Liban.

Voyage de noces… à vélo
Bien entendu, qui se ressemble s’assemble. L’adage se confirme pour Johan et Kathleen Verkammen, juristes, grands de taille, blonds, sportifs et grands amoureux de la vie. Il a fallu, très certainement, à l’épouse de l’ambassadeur de Belgique être en même temps très amoureuse et très endurante pour suivre son mari, non seulement dans ses missions au bout du monde, mais aussi, en voyage de noces en Écosse à vélo! Pas très romantique, ni «idéal» pour un voyage de noces, de l’aveu même de l’ambassadeur, l’épopée aura certes le mérite de rester inoubliable, et difficilement imitable. En tout cas, elle scelle l’amour du couple, uni peut-être avant même que Kathleen s’en rende compte: fraîchement sorti du Collège des jésuites, Verkammen remarque cette belle blonde dès la première année de fac. Mais, en bon élève timide qui n’a longtemps eu que des camarades de classe du même sexe, il attendra trois ans pour l’approcher! La suite, on la connaît. Ils se marièrent et eurent (pour le moment) quatre garçons, blonds, beaux et certainement fiers de leur papa.

Ce qu’il en pense
La Belgique est-elle en danger d’éclatement? «Non. Je suis persuadé que nous ne sommes pas à la veille d’une rupture. Nous sommes un pays assez compliqué, un peu comme le Liban, avec, en même temps, les richesses et les frictions que cela comporte. La difficulté à gérer cette diversité est réelle, mais elle a depuis toujours été traitée, en Belgique, par le dialogue, par le biais de nos institutions, qui sont solides. La Belgique est certes un chantier permanent, et nous sommes actuellement en phase d’ajustement, mais je n’ai aucune crainte. Parce que nous avons eu des phases comparables, et nous nous en sommes toujours bien sortis».

Votre mission au Liban: «L’avantage d’être issu d’un pays comme la Belgique c’est qu’on a forcément de la compréhension pour les problèmes libanais. Ce qu’il faut absolument savoir c’est que, en tant qu’ambassadeur de Belgique, je représente tous les Belges, ce qui est une source de richesse, puisque je peux jouer sur les deux fronts. Je cherche à promouvoir tant la culture francophone que la culture flamande, ainsi que le dynamisme économique des deux…».

Des peurs pour l’avenir du Liban? «Je ne suis pas pessimiste. Dans mes contacts quotidiens avec les différents responsables libanais, j’ai ressenti une volonté réelle de ne pas revivre l’atrocité de la guerre. Je pense que toutes les parties reconnaissent que l’identité du Liban est dans la coexistence des communautés, et tout le monde est convaincu qu’aucune d’entre elles ne peut dominer les autres. Ceci dit, il est vrai que la stabilité du Liban est difficile à maintenir, pour de nombreuses raisons. La communauté internationale a un rôle important à ce niveau».

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