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Abou Adass: Je tuerai Hariri dès que l’occasion se présentera

Posted by jeunempl sur octobre 12, 2010

Hassan Ulayq – Al Akhbar (16 août 2010) – Traduit par Moqawama

Plusieurs années après le début des investigations concernant l’assassinat du premier ministre Rafic Hariri, commencent à apparaître quelques résultats du travail de la commission internationale d’enquête. Les résultats de l’enquête internationale sont basés en majorité sur l’enquête libanaise. Il en est de même des modalités de l’explosion et de la tentative d’identifier le suicidé.

Le 12 juillet 2007, le second président de la commission d’enquête internationale, Serge Brammertz publie le huitième rapport qui résume les travaux de la commission au cours de trois mois précédant la date de sa parution. Au paragraphe 21 du rapport, la commission proclame que ses analyses ont confirmé ses premières conclusions en ce qui concerne la nature de l’explosion ayant entraîné l’assassinat du premier ministre Rafic Hariri le 14 février 2005. Selon ces analyses, une seule explosion a eu lieu le jour de l’assassinat, due à une charge explosive de près de 1800 kg, qui se trouvait au-dessus du sol. Le lendemain de la publication de ce rapport, un juge libanais qui en consultait une copie faillit éclater de rire en arrivant au paragraphe 21. Cet homme de loi était tout autant amer que joyeux: « lorsque nous avions dit deux ans et six mois plus tôt que l’explosion a eu lieu au-dessus du sol, nous avions été accusés de travailler pour les Renseignements syriens et en collaboration avec les meurtriers ». Le juge en question fut l’un de ceux qui avaient supervisé l’enquête sur l’assassinat de Hariri. Dans les jours qui ont suivi l’assassinat, il fut accusé comme d’autres qui supervisaient l’enquête, d’égarer cette dernière. Mais lui et ceux qui ont mené l’enquête, au cours des trois premiers mois suivant l’assassinat, affirment que les progrès réalisés à cette époque sont ceux qui a permis d’aboutir à des données sérieuses. Les agents de la sécurité et les magistrats concernés par l’enquête à cette étape évoquent trois pistes d’enquête sérieuses: les rapports des spécialistes en explosifs, les examens en laboratoire des bouts de chair provenant des corps déchiquetés, la piste de la Mitsubishi piégée et l’analyse des communications. Selon les responsables susmentionnés, la commission d’enquête internationale n’a exploré aucune de ces pistes ; elle s’est souvent contentée des résultats de l’enquête libanaise.

Les débuts de l’enquête

A peine l’assassinat de Hariri avait-il lieu que d’aucuns réclamèrent une enquête internationale. Les opposants « au régime sécuritaire libano-syrien » ont tenu une réunion au domicile de Hariri, à Qraytem, le jour même de l’assassinat réclamant la formation d’une commission d’enquête internationale. Des appels similaires émanèrent, le 14 février 2005 et le jour suivant, de l’Arabie Saoudite, de l’Europe et des Etats-Unis, jusqu’à la fameuse réunion du Bristol, qui initia ledit «soulèvement de l’indépendance » le 18 février 2005. Ce jour là, le secrétaire général des Nations-Unies, Kofi Anan, annonça la formation d’une commission d’enquête, sous la direction de l’enquêteur irlandais Peter Fitzgerald. C’était avant le début de la véritable investigation et avant que les erreurs commises par les enquêteurs libanais n’apparaissent au grand jour.

L’embarras était clair dans l’enquête libanaise et « le premier jour, nul n’osait assumer la responsabilité d’une initiative quelconque», indique l’un des concernés. Cet embarras fut manifeste quelque 12 heures après l’assassinat, notamment lorsque l’ordre fut donné de transférer les voitures du convoi de Hariri, de la scène du crime, à la caserne Hélou, par ordre du premier juge d’instruction militaire, le président Rashid Muzhir, pour « les mettre à l’abri », selon une source proche de l’enquête. A ce moment, le juge Rashid Muzhir, toujours chargé de l’enquête en attendant la nomination du juge Michel Abou Arraj, le directeur général des forces de la sécurité le colonel Ali al-Hajj, le directeur de la police de Beyrouth par intérim, le général Naji Mula’eb et le commandant de la garde présidentielle, le général Mustafa Hamdan, et le directeur général du ministère des Travaux publics, Fadi Nammar, se rejetaient la responsabilité les uns sur les autres. Il ne s’agissait pas seulement du transport des véhicules après les avoir photographiés sur place, mais aussi de la tentative de procéder à la réouverture de la route, avant que n’intervienne le ministre de l’intérieur à l’époque, Sleiman Frangié et le directeur général de la sécurité générale, le colonel Jamil al-Sayed, pour en interdire l’ouverture.

Mais il y eut plus grave : sur la scène du crime, Zahi Abu Rjaïli a continué à saigner pendant plus de dix heures, et son corps n’a été retrouvé que le lendemain du crime. Pis encore : le corps de feu Abdel Hamid Ghalayini n’y fut découvert par sa famille que le 1er mars 2005 !

« La commission d’enquête internationale n’a ouvert aucune piste par elle-même », affirme l’un des enquêteurs libanais. En outre, sous la pression politique qui pointait dès les premiers instants après l’explosion, plusieurs responsables officiels ont craint d’assumer la responsabilité de l’enquête. Selon une source de sécurité proche du 14 mars, les appareils de sécurité libanais s’appuyaient, dans ce genre de cas, sur les autorités syriennes. Or ces dernières ayant été embarrassées par l’assassinat, la structure sécuritaire libanaise a été aussitôt déstabilisée. La source précitée ajoute que parmi les hauts responsables de l’époque, certains suspectaient une implication des Renseignements syriens dans l’exécution du crime. C’est ainsi qu’on n’osait pas aller plus loin dans l’enquête, de crainte d’aboutir à des conclusions inavouables! Pourtant le ministre de l’Intérieur Sleiman Frangié, avait ordonné l’ouverture d’une enquête dans l’inspection générale des forces de sécurité intérieure pour diagnostiquer les failles dans l’enquête. Pour rassurer davantage encore la famille Hariri, Frangié a confié l’enquête au général Ashraf Rifi.

Mais la gestion anarchique de la scène du crime les premiers jours suivant l’assassinat (la scène du crime était sous le contrôle de la deuxième brigade de la police de Beyrouth), n’a pas empêché la découverte de pistes que les responsables actuels de la sécurité qualifient de sérieuses.
Dès le premier jour, plusieurs services de sécurité ont été sollicités pour l’enquête. Les parties les plus actives dans ce domaine sont :
– Le département scientifique de la police judiciaire des forces de sécurité intérieure (présidée par le général Hisham al-A’war).
– Le département des explosifs au sein de la police judiciaire (dirigé par le général Abdel Badi’ Soussi)
– La section des renseignements des FSI dirigée par le général Fouad Othman
– La section de l’enquête dans la direction des renseignements de l’armée (dirigée par le général Imad Qa’qour)
– Le département technique de la direction des renseignements de l’armée (dirigé par le général Ghassan Tufayli).

Hariri, un « impie », selon Abou Adass

L’enquête s’oriente au départ sur la piste d’Ahmad Abou Adass qui apparaît dans un enregistrement sur la chaîne satellitaire al-Jazeera pour revendiquer l’explosion cinq heures plus tard. La maison familiale est investie dans la zone de Tariq Jdidé, son père, sa mère et sa sœur sont arrêtés pour un interrogatoire. Le père, Tayseer Abou Adass, succombe le 7 mars 2005, après avoir été convoqué à comparaître devant le juge d’instruction.

Le père d’ Abou Adass avait informé la gendarmerie de Tariq Jdidé que son fils avait quitté le domicile le 16/1/2005 et qu’il n’était pas revenu depuis. Le lendemain, un inconnu appelait la famille pour l’informer qu’Ahmad était parti en Irak pour toujours.

Le résumé des interrogatoires menés avec la famille et plus de quarante autres personnes montre qu’ Abou Adass avait adopté les idées du salafisme jihadiste, dès 2003. Parmi ceux qui furent interrogés, l’une des connaissances d’ Ahmad Abou Adass, Ziyad Ramadan, qui a quitté le Liban pour la Syrie quelques jours après son interrogatoire. A Damas, les autorités syriennes l’arrêtent (il est toujours arrêté depuis) avant que la commission d’enquête ne l’entende plusieurs fois. Selon les témoignages des personnes interrogées par la direction des renseignements de l’armée, Ziyad Ramadan était devenu un spécialiste en explosif à cause de ses études en chimie.

Plusieurs amis d’Abu Adass ont affirmé au cours des interrogatoires qu’il accusait d’impiété le régime saoudien et Rafic Hariri, car « ils ne gouvernaient pas selon la révélation divine ». Au cours de ces mêmes interrogatoires, apparaît le nom de Khaled Taha, dont l’un des proches d’ Abou Adass affirme qu’il était le responsable de l’information dal- Qa’ida. Dix mois plus tard, Taha devient un personnage clef dans les interrogatoires menés par les services de renseignements avec les membres du groupe 13. Taha serait arrivé au Liban en provenance de Syrie, un jour avant la disparition d’Abou Adass, puis reparti en Syrie le lendemain. Certaines connaissances d’Abou Adass ont affirmé que celui-ci oeuvrait à « monter une structure sécuritaire » au Liban. L’une des ces connaissances évoquent les discussions qui avaient lieu entre lui et Ahmad Abou Adass au sujet de « l’injustice des dirigeants musulmans ». Parmi ces dirigeants, Abou Adass mentionnait toujours Hariri, le qualifiant d’impie, car « il avait légalisé la franc-maçonnerie qui combat l’islam ». Un témoin, A. K. aurait dit aux SR de l’armée : « Je pense qu’ Ahmad Abou Adass m’avait dit que s’il pouvait tuer Hariri, il le ferait. »

En définitive, la conclusion des renseignements de l’armée était qu’Abou Adass travaillait avec un groupe lié à al-Qa’ida, qu’il avait adopté des idées takfiri (accusation d’incroyance) et qu’il ne vouait que de la haine au Premier ministre Hariri.

Parmi les objets confisqués au domicile d’Abou Adass, figurent des livres religieux et un ordinateur d’où ont pu être récupérés des centaines de dossiers effacés concernant les combattants en Irak, en Afghanistan, des armes et des explosifs. Parmi ces dossiers, la liste des institutions appartenant à Hariri a surtout attiré l’attention des investigateurs.

Au-delà de la piste Abu Adass, les appareils sécuritaires avaient procédé, avant le 15 mars 2005, à un examen complet de la région située du centre de Beyrouth jusqu’à Manara, interrogeant des centaines de témoins, examinant un grand nombre de caméras de surveillances des immeubles et des institutions privées (les procès verbaux notamment les 127/302 et 128/302). Les enquêteurs seraient arrivés trop tard pour certaines de ces caméras, l’examen des enregistrements n’ayant eu lieu que quinze jours après l’assassinat, alors que la plupart des fois, la programmation de conservation des données ne dépasse pas les deux jours.

Au-dessus du sol ou sous terre

Dès les premiers instants de l’attentat, d’aucuns ont cautionné la thèse d’une explosion souterraine. Cette thèse alimentait l’accusation politique de la Syrie, de ses Renseignements et des appareils sécuritaires libanais. Avant que le député Muhammad Qabbani ne parle d’un tunnel entre l’hôtel St Georges et le bâtiment d’en face, et avant que les « spécialistes en explosifs » ne confirment cette théorie aux medias, le quotidien An Nahar publiait déjà en manchette la question suivante au lendemain de l’assassinat : « Les explosifs étaient-ils été placés sous l’asphalte ? »

Les medias ont trouvé la réponse à cette question avant même d’être confirmée dans un rapport écrit par un officier du génie de l’armée, le général Roland Abou Jawda.

La police judiciaire a commencé, dès le premier jour, à collecter les lambeaux de chair des victimes et à préparer une cartographie précisant le lieu de la découverte de chaque lambeau, avant de les envoyer aux laboratoires de l’université St Joseph et de l’AUST, sous la supervision du professeur Fouad Ayoub. Les résultats des examens montrent que 26 échantillons (lambeaux collectés sur la scène du crime conformément à plusieurs procès-verbaux, le dernier en date étant celui du 10/3/2005 N° 190/302) appartiennent à une personne inconnue. On y trouvait une partie d’un pouce sur lequel se dessinait une partie de l’empreinte digitale. Ces échantillons ne correspondaient à aucune victime, et ne correspondaient pas non plus aux spécimens d’ADN prélevés sur les parents d’Ahmad Abu Adass. Tous ces échantillons furent découverts devant le convoi avant de découvrir le 6 mars 2005 (procès verbal n° 176/302) une dent qui s’avère appartenir au même inconnu. C’est par hasard que la dent fut découverte sur la scène du crime, sur les lieux mêmes de l’explosion. Cette dent n’est pas celle dont la commission d’enquête internationale a annoncé la découverte dans son cinquième rapport (septembre 2006), disant qu’elle l’a trouvée en juin 2006.

Selon les examens préliminaires de l’ADN, les experts ont estimé que l’inconnu était de sexe masculin âgé entre 20 et 25 ans. Bien que les enquêteurs tendent à penser que les lambeaux de chair découverts à l’ouest de la scène du crime (après le fossé) appartiennent à l’homme suicidé dont on pense qu’il s’est fait exploser (ils utilisent l’expression « la personne la plus proche du centre de l’explosion, dans la partie ouest »), et par conséquent, tous les lambeaux doivent se trouver devant le fossé , mais ils pensent que la dent découverte de l’autre côté du fossé a été bousculée, lorsqu’un grand nombre d’ambulanciers, d’enquêteurs et de citoyens sont entrés sur la scène du crime le jour-même et le lendemain.

Les résultats des examens ne fournissent aucune preuve sur la présence d’Ahmad Abou Adass sur le lieu de l’explosion bien que la commission d’enquête internationale indique dans son premier rapport, au paragraphe 189 la possibilité de « ne pas trouver de trace d’ADN du suicidé à l’explosif ayant fait explosé une puissante charge ».

« L’enquête n’a pas été poursuivie. Très vite, le travail s’est orienté sur « les Renseignements ». Les experts du bureau des explosifs prélèvent des échantillons des sols qui se trouvent dans le fossé laissé par l’explosion (PV 16/302) avant de tracer une carte montrant toutes les infrastructures de la zone de l’explosion (PV 172/204). Ils trouvent à l’intérieur du fossé, à une profondeur de 30 cm sous le sol, une pièce abîmée de véhicule, en l’occurrence, une partie de la boîte de vitesse. Les experts remarquent la présence d’éclats d’obus de 120 mm (rapport des experts du bureau des explosions dans la police judiciaire, enregistré sous le numéro 32/207 le 2 mars 2005), qui ont criblé quelques voitures du convoi et des cailloux de la chaussée près du St George. Les experts en explosifs remarquent également que le bac en ciment où sont recueillies les eaux des pluies a été projeté au premier étage de l’hôtel st George alors que le couvercle se trouvait au troisième étage.

Le fossé et l’éventrement des piliers des immeubles autour du lieu de l’explosion, la superficie endommagée, ainsi que les débris de véhicules retrouvés au fond du fossé, ont permis aux enquêteurs de conclure que la charge explosive se trouvait au-dessus du sol et qu’elle était probablement déposée sur un véhicule dont les débris ont été retrouvés à proximité. Cette conclusion ne plut pas aux forces du 14 mars bien qu’elle correspondait à celle d’experts suisses dont le gouvernement du Premier ministre Omar Karamé avait sollicité l’aide. « Accusé » d’être responsable de ce rapport, l’officier Hisham A’war reçut, par le biais d’un ami commun, une lettre au ton très dur de la part d’un agent de sécurité proche de la famille Hariri lui enjoignant de « ne pas falsifier l’enquête ».

Cependant, le rapport de la direction générale des forces de la sécurité intérieure a été contesté. Le général Roland Abou Jawda envisage alors dans un deuxième rapport deux possibilités : la première reprenant la version d’une explosion souterraine, et la seconde celle d’une explosion à la surface du sol. Au cours d’une réunion tenue dans le bureau du procureur général près la Cour de Cassation, la juge Rabi’a Ammash Qaddoura, une discussion mit en présence le colonel Abu Jawda et le général A’war. Abu Jadwa insista sur les deux éventualités, et à la question d’al-A’war sur l’endroit où les explosifs auraient pu être posés, il lui répondit qu’ils avaient été probablement posés à l’intérieur du « bac ». Al-A’war lui rétorqua que cette possibilité (présence des explosifs à l’intérieur du « bac ») signifie que ce bac aurait dû être pulvérisé s’il avait contenu 400 kg de TNT, alors que le bac en ciment a été retrouvé au premier étage du St George, et de ce fait, c’est le souffle de l’explosion qui l’a soulevé.

Aucun des enquêteurs ne fut convaincu de l’opinion de son collègue, alors que les forces du 14 mars ont utilisé le rapport d’Abu Jawdé pour étayer leur argumentation. Lorsque les proches d’Abu Jawdé sont interrogés au sujet de son rapport, ils répondent qu’il n’a fait qu’exposer des points de vue qui n’accréditent aucune des deux thèses. Mais l’un des principaux enquêteurs qui prit en charge l’enquête sur l’assassinat de Hariri lors de la première étape, parle de l’influence du général Ghassan Balaa, proche de la famille Hariri, sur le colonel Abu Jawdé. La source indique avoir vu Balaa en compagnie d’Abu Jawdé sur la scène du crime deux jours après. Balaa travaillait alors dans l’armée, et n’avait aucune qualité d’enquêteur. La source ajoute : « j’ai vu Balaa avec Abu Jawdé, et l’un des responsables directs de Balaa dans l’armée m’a affirmé que celui-ci n’avait rien à voir avec l’enquête. »

L’anarchie n’empêche pas l’enquête de se poursuivre et les responsables sécuritaires la jugent sérieuse.

D’aucuns parmi ceux qui ont été chargés de l’enquête sur l’assassinat de Hariri au cours des premiers mois, affirment qu’ils ont été confrontés à de nombreux obstacles, sans compter l’attaque médiatique et politique à laquelle ils ont été exposés. Parmi ces obstacles, ceux qui se sont présentés quand les enquêteurs des Renseignements ont suivi la piste de l’enregistrement d’Ahmad Abou Adass. L’enregistrement avait été déposé devant un arbre, près de l’ESCWA, au centre de Beyrouth, puis ceux qui l’ont déposé avaient contacté al-Jazeera pour l’en informer. Le 14 mars 2005, la direction générale des FSI demande au juge d’instruction Michel Abou Arraj une copie de l’enregistrement des caméras de surveillance de l’ESCWA. Mais, le responsable de la sécurité du bâtiment de l’ESCWA, le général à la retraite Elias Daoud a indiqué que les caméras de l’ESCWA ne prennent en photos que l’entrée, les parties latérales ainsi que l’intérieur du bâtiment. Mais Daoud se contredit puisque dans le premier rapport de la commission d’enquête internationale du 20 octobre 2005, et précisément au paragraphe 197, la commission indique avoir obtenu de l’ESCWA les enregistrements de la surveillance télévisée du 14 février 2005, et les avoirs visionnés en vue de reconnaître l’un des individus ou l’un des véhicules pouvant avoir une relation avec la livraison de la cassette vidéo ou les communications téléphoniques avec al-Jazeera.

Les autorités libanaises se sont peu à peu effacées, pour laisser la place, le 25 février 2005 à la commission d’enquête au Liban, Peter Fitzgerald se comportant comme le légataire de l’enquête. Il faut dire aussi, ajoute un responsable de la sécurité qui a joué un rôle clé au cours de cette période, « que nous étions certains qu’une commission internationale prendrait bientôt en charge l’enquête, et de ce fait, nous craignions, pour la plupart, toute erreur, notamment dans le cadre de la campagne virulente dont nous étions la cible. Nous avions essayé d’achever ce que nous avons commencé, sans entamer de nouvelles investigations ».

Les medias accusèrent ainsi les enquêteurs libanais d’avoir déposé des débris de la Mitsubishi à l’intérieur du fossé du St George, et réclamèrent tous les jours la démission des responsables de l’enquête et de la sécurité. Les personnes concernées racontent que le juge d’instruction Abu Arraj avait demandé aux responsables des FSI d’aller sur la scène du crime pour préciser les endroits d’où ont été retirés les débris de la Mitsubishi. Conformément aux ordres d’Abu Arraj, les enquêteurs ont emporté avec eux des débris du véhicule pour les remettre là où ils avaient été découverts. Au même moment, des photographes prenaient des photos de ce qui se déroulait, et ces photos furent utilisées pour dire que les enquêteurs falsifiaient l’enquête, et c’est sur cela que s’est appuyé le président de la commission d’enquête dans son rapport du 24 mars 2005 pour faire planer le doute sur le travail des services de sécurité libanais.

Les aspects de l’enquête mentionnés n’ont pas été approfondis jusqu’au bout. Très vite, les mutations au niveau des postes de responsabilité ont eu lieu au Liban, et les deux seules pistes qui ont continué à être effectivement explorées sont celles de la camionnette Mistubishi et des communications téléphoniques.

« L’enquête » du Hezbollah

Le 20 février 2005 au soir, le secrétaire général du Hezbollah, sayed Hassan Nasrallah se rendait au domicile de Rafic Hariri à Qoraytem, pour présenter ses condoléances à la famille de l’ancien Premier ministre. La rencontre qui a eu lieu en présence de la veuve de Rafic Hariri, de ses fils et de sa sœur la députée Bahiya, a donné l’occasion à sayed Nasrallah de relater certaines de ses rencontres avec feu le président Hariri.

Madame Nazik Hariri a demandé au secrétaire général du Hezbollah une participation des agents de la sécurité du parti à l’enquête sur le crime. Déclinant cette proposition du fait que le parti n’avait aucune qualité officielle pour mener l’enquête Sayed Nasrallah offrit en revanche les services des spécialistes en explosifs de la résistance en vue d’examiner la scène du crime.

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