Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Guerre de ou contre les religions ?

Posted by jeunempl sur octobre 8, 2010

(Roger Akl)

Critiques, accusations, meurtres, oppressions, combats, guerres religieuses ou confessionnelles se suivent et ne se ressemblent pas.

Mon courriel ne désemplit pas de nouvelles sur les oppressions et les massacres de chrétiens, de musulmans et d’autres croyants, lorsque leurs religions sont minoritaires.

Il y a des attaques contre l’islam et les musulmans et des critiques ininterrompues contre les catholiques et le Pape en Occident, tandis qu’en Orient, la guerre prend des formes religieuses entre Israël et les Arabes, à tel point qu’Israël exige des Palestiniens d’être reconnu comme un état confessionnel juif, sans réaliser que, de ce fait, il ne pourra plus se vanter d’être « la seule démocratie de la région ».

Le Moyen-Orient ne se reconnaît plus : depuis un certain temps, les pays sont divisés confessionnellement, plutôt qu’idéologiquement ; en Iraq et au Liban, la bataille n’est plus entre ethnies rivales, mais entre chiites et sunnites, tandis que les pays musulmans, à forte majorité sunnite, sont dirigés par des gouvernements qui s’allient en secret à Israël, par peur de l’Iran, et délaissent ainsi leurs coreligionnaires palestiniens, Arabes comme eux, aidant Israël à les assiéger, les opprimer, les affamer et leur prendre leurs biens et leurs terres. Le rêve d’unité arabe est mort avec la mort de Nasser et de l’idéologie du nationalisme arabe, laissant la place au fondamentalisme religieux, tandis que le monde occidental, abattu par les idéologies athées des XIXème et XXème siècles, se laisse aller à l’hédonisme et à la civilisation épicurienne du plaisir et de l’individualisme relativiste. Comment en sommes-nous arrivés là ?

De la raison sans foi (dictature) à la foi sans raison (fondamentalisme)[1]

Les XIXème et XXème siècles sont les siècles des grandes idéologies athées et de leurs combats pour dominer le monde : communisme, fascisme (dont l’Allemagne nazie), sionisme avec un zest de judaïsme et nationalisme arabe, avec une pincée d’islamisme.

Les crimes de l’Allemagne nazie contre les juifs favorisèrent la création de l’Etat d’Israël que les sionistes avaient planifié, depuis le XIXème siècle, avec l’idée préconçue et coloniale de chasser ou dominer et asservir ses habitants quelle que soit leur dénomination (Arabes, Palestiniens, musulmans, turcs ou chrétiens). La propagande d’un « peuple sans terre, pour une terre sans peuple » ou de « foyer juif » est démentie par les déclarations des dirigeants sionistes dès avant la deuxième guerre mondiale, déclarations affirmant le désir d’y créer un Etat juif, ne pouvant exister qu’en en chassant ses habitants d’autres religions et races.[2]

A la fin de la guerre 39-45, les vainqueurs, Etats-Unis et Union Soviétique, se lancèrent dans une nouvelle guerre sans merci, bien que « froide », pour dominer le monde.

Le Moyen-Orient fut partagé ; les Arabes, dont les Palestiniens, étaient les clients des Russes, tandis que les Israéliens étaient les alliés des Etats-Unis, des alliés, qui dominèrent rapidement la politique intérieure des Etats-Unis et leur dictèrent leur politique extérieure, souvent contrairement aux intérêts de ces derniers.

Rapidement, les deux alliés découvrirent le talon d’Achille de l’alliance des communistes et des Arabes : les premiers avaient une idéologie athée de raison sans foi, tandis que les seconds étaient extrêmement religieux, surtout dans les pays pétroliers. Il fallait trouver le moyen de pousser la foi arabe à perdre la raison. Quoi de mieux que le Liban, pays arabe frontalier d’Israël, comportant 18 communautés religieuses, dont la juive, et dont les chrétiens se sentent culturellement et religieusement si proches de l’Occident, qu’ils appellent la France leur « tendre mère ». De plus, le pays était déstabilisé par une présence de réfugiés palestiniens, à majorité sunnite, chassés de leurs foyers par le conquérant israélien, réclamant justice, mais délaissés de tous, donc en colère.

Le Liban fut ainsi poussé à remplacer la vie commune, entre ses communautés, par des combats fratricides religieux, excitant, dans tout le Moyen-Orient, un fondamentalisme religieux (foi sans raison), comme moyen de combattre l’idéologie communiste (raison sans foi).

Pour enflammer le Moyen-Orient et l’Asie centrale, le Liban servit de brûlot ; les guerres de religion libanaises incendièrent le monde, détruisirent l’Union soviétique, mais ne s’arrêtèrent pas là ; le couple américano-israélien avait libéré le djinn fondamentaliste musulman, qui s’est retourné contre ses créateurs, tout en excitant le fondamentalisme des autres religions, dont la chrétienne et la juive.

Le fondamentalisme juif en Israël et ses conséquences

A force de jouer avec le feu, on s’y brûle : Israël a été tellement gâté par ses protecteurs américains et européens qui l’ont comblé de richesses, de force et d’armements, que leurs gouvernements ne peuvent plus rien lui refuser. Israël s’est tellement enivré de sa puissance, que ses dirigeants et son peuple ont fini par mépriser, non seulement, les Palestiniens qu’ils asservissent, maltraitent et oppriment, mais encore leurs protecteurs occidentaux, auxquels ils prennent un plaisir maladif à dicter leurs conditions, se croyant tout permis.

Le fondamentalisme, qui était l’arme utilisée contre leurs ennemis, est devenu leur caractéristique principale et leur propre tyran ; ils ne veulent plus quitter les territoires conquis en 1967, car, disent-ils, Dieu les leur a donnés, en tant que peuple juif et leur Etat doit être reconnu par le monde entier comme Etat confessionnel juif ET démocratique. Ce qui veut dire que les 20% de non juifs israéliens ne peuvent plus être que des citoyens de seconde catégorie « de jure » (ils l’étaient déjà de fait). D’ailleurs, même s’ils voulaient rendre les territoires conquis en 1967, ils ne le pourraient plus, car les colons installés illégalement, dans des terres volées aux Palestiniens,[3] refusent de bouger. Ils sont pour la plupart fondamentalistes ainsi que la nouvelle majorité des officiers de l’armée israélienne.

Ce fut ainsi qu’Israël qui se vantait d’être la seule démocratie au Moyen-Orient devint un pays fondamentaliste exigeant même d’être reconnu comme Etat juif, non seulement par les Palestiniens et les Arabes, mais aussi par ses propres citoyens non juifs et ses alliés occidentaux qui ne peuvent reconnaître un Etat confessionnel qu’en désavouant leurs propres principes.

Guerre de et contre les religions

La grande stratégie d’Israël aujourd’hui est donc de montrer au monde qu’il n’est pas unique en son genre. Le Liban, où 18 communautés auraient pu vivre en paix et essaient de le faire, est un pays à détruire par la discorde ; c’est la mission du Tribunal Spécial pour le Liban, qui doit créer une guerre religieuse entre chiites et sunnites libanais. L’Iraq, grâce aux Américains est déjà divisé, en trois parties, et devient ingouvernable. Quant à l’Iran, il est mis au ban des nations, car soupçonné rechercher à produire des armes nucléaires, alors qu’Israël en possède impunément plus de 200, avec les porteurs qui vont avec, et peut menacer le monde entier.

Les Européens et les Américains, reçoivent tous les jours, par internet, des courriels les effrayant d’une conquête islamique démographique, tandis que l’Eglise catholique, qui prône le dialogue œcuménique entre chrétiens et le dialogue interreligieux avec les autres religions, est accusée de tous les maux.

Tout cela, parce qu’Israël veut poursuivre son grignotage de la Cisjordanie, ses agressions contre ses voisins, surtout le Liban, dont il convoite l’eau ; il veut en plus de cela la bénédiction et l’aide du monde entier, ainsi que ses louanges.

Quand donc le monde et surtout les Etats-Unis arrêteront-ils de se faire mener par le bout de leur nez et dicteront à Israël une paix juste ? Car, sans justice il n’y aura que des guerres et des malheurs. Les Arabes ont fait une proposition de paix en ce sens ; elle est restée lettre morte.

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[1] Benoit XVI
[2] Michael Neumann, A Case against Israel, CounterPunch and AK Press, California, 2005.
[3] Beaucoup d’entre eux sont de riches Américains (Michael Neumann).

Une Réponse to “Guerre de ou contre les religions ?”

  1. KOCH said

    Une analyse sous forme de raccourcissement de 2 Siècles antérieurs, appliqués aux conséquences sur le Moyen Orient.
    Et si, pour une fois Soufis, anciens Shiites, Syriaques, Séfarades négociaient dirextement sans ingérences extérieures zfin de trouver un arrangement dans le respect mutuel du Croyant en se souvenant qu’ils partagent des versions complémentaires de la foi divine partagée et la même morale?

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