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Interview – Ali Darwiche : «L’Etat doit soutenir ceux qui protègent l’environnement»

Posted by jeunempl sur août 15, 2010

Propos recueillis par Hassan Abbas – Les Hirondelles

Tous les dossiers du développement durable sont liés les uns aux autres. C’est en tout cas la philosophie d’Ali Darwiche, secrétaire général de l’organisation non gouvernementale libanaise Green Line.

De nombreuses voix s’élèvent pour pousser des pays comme le Liban à développer les énergies renouvelables. Que pensez-vous de ce dossier?

Il faut évidemment dépasser notre dépendance envers les énergies fossiles qui sont très polluantes et dont les réserves ne sont pas infinies. Car même sans penser à la protection l’environnement, il faut chercher d’autres sources d’énergie! Tous les experts en énergie s’accordent à dire qu’il n’y a rien de durable. Si nous consommons, nous épuisons les ressources. Le pétrole, l’énergie nucléaire et le charbon sont toutes des ressources épuisables. Par conséquent, si notre génération s’appuie uniquement sur elles, nous ne laisserons rien aux générations futures. Nous ne pouvons pas fonder une économie sur des ressources finies.

Où se situe le Liban à ce niveau?

Au Liban, nous ne reposons que sur le pétrole, alors qu’il faudrait infléchir la contribution du Liban au changement climatique. De plus, la pollution due à l’utilisation du pétrole par nos usines engendre des effets néfastes sur la santé comme sur l’économie du pays. Il faut donc impérativement s’orienter vers des énergies produites par les vents, le soleil ou l’eau. Nous devons construire de petits barrages très localisés, car les grands barrages engendrent d’autres problèmes: ils interrompent les cours d’eau et affectent l’écosystème des rivières.

Souvent, l’écotourisme est montré en exemple en matière de développement durable. Celui-ci a-t-il une place d’avenir au Liban?

C’est vrai, l’écotourisme contribue à la diminution de la pollution, du moins à l’échelle locale. De plus, cela aide les villages concernés à conserver un système écologique sain ainsi qu’à créer de l’emploi. Mais nous ne pouvons pas remplacer tout le tourisme de masse par du tourisme durable. Personne ne peut pousser son voisin à aimer la nature. Même si l’on adopte l’écotourisme sur toute la planète, son effet restera négatif car l’élément essentiel dans le tourisme, c’est le transport. Et en matière de pollution, l’impact du transport aérien est l’un des plus importants.
Au Liban, l’écotourisme se base sur la visite des régions à caractère traditionnel ou possédant des merveilles naturelles. Ces régions jouissent d’écosystèmes équilibrés qu’il faut préserver. Il est impératif que l’Etat libanais les répertorie et les protège grâce à des législations adéquates pour pouvoir ensuite en faire la promotion auprès des opérateurs touristiques par exemple.

Ces mêmes régions sont montrées en exemple en vue de développer une agriculture durable au Liban. Cette dernière peut-elle être à même de subvenir aux besoins du pays?

Pour vivre et se développer, les hommes ont essentiellement besoin d’énergie et de nourriture. A l’échelle mondiale, la production agricole intensive nécessite l’utilisation d’engrais et de pesticides pour répondre à une demande en augmentation constante. Nous le savons, si nous continuons comme ça, les terres arables ne produiront plus rien, les nappes phréatiques seront polluées… Face à ce modèle, des études confirment que nous pouvons nourrir l’Humanité grâce à l’agriculture durable. Alors autant commencer par le Liban.

Est-ce vraiment envisageable?

Au Liban, la proportion de la culture biologique durable ne dépasse pas le 1/1000e du total de la production agricole actuelle. Pourtant, l’agriculture durable est rentable si l’on adopte le concept du cycle, en changeant le type des cultures pour ne pas épuiser le sol. Chaque jour, la ville de Beyrouth produit 2000 tonnes de déchets organiques. Avec cela, nous pourrions produire 2000 tonnes d’engrais organiques et cela dépasserait les besoins au Liban! Il faudrait pour cela que l’Etat diminue les taxes visant les agriculteurs qui cultivent leurs terrains biologiquement parce que ce sont eux qui protègent l’environnement en n’épuisant pas les ressources naturelles. L’Etat doit davantage soutenir les sociétés agricoles locales.

Comme vous le mentionniez plus tôt concernant le tourisme, les modes de transport sont en première ligne dès que l’on parle de développement durable. Dans le cas de grandes villes comme Beyrouth, pourquoi l’assainissement des transports en commun est-il vital?

La plus grande partie de la consommation des carburants fossiles résulte du secteur des transports. Une étude a démontré que le coût de l’impact sanitaire de ce secteur s’élève à 250 millions de dollars par an. Il est donc nécessaire de créer au Liban un système fiable de transports en commun afin de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre. Et au-delà de ça, il faudrait améliorer l’état des routes: les embouteillages sont synonymes de pertes économiques pour les particuliers mais surtout pour les entreprises. Au Liban, il reste beaucoup à faire dans tous ces domaines.

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