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Du Sud au Yémen : Qui allume les feux?

Posted by jeunempl sur août 6, 2010

L’Hebdo Magazine – J. A.R. & Paul Khalifeh

Le grave incident entre les armées libanaise et israélienne à Edeissy mardi, au lendemain de la visite de Bachar el-Assad et du roi Abdallah à Beyrouth, et à veille de la reconduction du mandat de la Finul, reflète l’extrême tension qui règne au niveau régional. Les développements au Liban, y compris ceux relatifs à l’affaire Hariri, ne peuvent être séparés de l’évolution de la situation au Moyen-Orient. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, tout «progrès» sur le volet israélo-palestinien risque d’avoir des conséquences négatives sur le Liban. Voilà pourquoi.

Au   lendemain de la visite historique du roi Abdallah Ben Abdel-Aziz et du président Bachar el-Assad Beyrouth, le vendredi 30 juillet, CNN notait un «recul de l’optimisme Libanais» quant aux résultats de l’initiative conciliatoire des deux chefs d’Etat arabes.

Une semaine plus tard, on y voit plus clair. Abdallah et Assad ont obtenu des protagonistes libanais une trêve médiatique et un arrêt de l’escalade verbale, afin d’assurer l’ambiance et le temps nécessaires pour un démarche plus en profondeur, susceptible d’éviter au Liban une situation de crise aux conséquences incalculables.

Effectivement, le roi et le président, qui jouissent d’une grande influence sur deux des principaux acteurs libanais – le Moustaqbal et le Hezbollah – ont obtenu de leurs alliés locaux qu’ils adoucissent leur discours et évitent les sujets qui fâchent. Des sources concordantes ajoutent que le souverain saoudien s’est engagé – sans toutefois fournir des garanties sur résultats – à déployer des efforts auprès des décideurs internationaux en vue d’un report de l’acte d’accusation du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), qui pourrait impliquer des membres du Hezbollah dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre, Rafic Hariri. Mais le Hezbollah, par la bouche des députés Nawaf Moussawi et Ali Fayad, a rejeté cette solution, n’acceptant rien moins que le parti soit blanchi et lavé de tout soupçon. Les déclarations du ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem qui a accusé le TSL d’être «politisé», ont confirmé l’absence d’un accord exhaustif et solide entre Riyad Damas sur cette question.

Aussi bien au Hezbollah qu’au Moustaqbal, on affirme que pour mieux comprendre l’affaire de l’acte d’ accusation du TSL, on doit l’inscrire dans le cadre d’une lecture dépassant les frontières du Liban. C’est, cependant, le seul point convergent entre les deux partis, car les analyses qu’ils proposent ensuite vont dans des directions opposées.

Au Courant du futur, on est convaincu que l’Iran serait à l’origine de la tension grandissante sur tous les fronts chauds du Moyen-Orient: du Yémen à l’Irak, en passant par la Palestine et le Liban. Pour ces milieux, Téhéran est soumis à un nouveau train de sanctions qui commencent à porter leurs fruits et voit d’un mauvais œil les éventuels progrès sur le volet israélo-palestinien. La conclusion d’un accord de paix entre les Palestiniens et Israël – donc l’annonce de la fin du conflit – ôterait à l’Iran une carte maîtresse qu’il exploite à merveille depuis des décennies, une sorte de fond de commerce inépuisable. De plus, un tel accord le marginaliserait davantage dans le monde arabe et sur la scène internationale et embarrasserait ses principaux alliés, le Hezbollah et le Hamas. Pour saboter les efforts déployés par les Etats-Unis afin d’aboutir à un accord israélo-palestinien, Téhéran a décidé de passer à l’offensive sur tous les fronts où il dispose d’une influence. C’est dans ce cadre qu’il faut inscrire la réactivation du front yéménite, l’échec des efforts pour la formation d’un gouvernement en Irak et la reprise des attentats sanglants dans ce pays, et les tirs de roquettes à partir de Gaza – et du Sinaï – contre des localités israéliennes. L’ouverture, par le Hezbollah, du dos de l’acte d’accusation, participe également de la même logique. «Sayyed Nasrallah veut créer un problème à partir de rien, affirme une source responsable au Moustaqbal. Personne ne sait quand sera publié l’acte d’accusation ni ce qu’il contiendra. L’objectif du Hezbollah est de provoquer des tensions au Liban dans le but de servir les desseins de Téhéran. Il espère que les Arabes modérés et l’Occident iront ainsi parler à l’Iran pour éviter le chaos au Liban. C’est le jeu classique».

Obama comme Bush

Dans les milieux proches du Hezbollah, le lien est établi entre les développements qui se produisent sur les différents théâtres du Moyen-Orient, mais les coupables désignés sont les Etats-Unis et Israël. Ainsi, le président Obama est déterminé à obtenir un accord de paix israélo-palestinien qui, bien qu’il ne rende pas aux Palestiniens leurs droits, sera accepté par Mahmoud Abbas et les alliés arabes des Américains. Aussi faut-il préparer les conditions pour la conclusion d’un tel accord en privant l’Iran et la Syrie de leurs capacités à saboter un tel plan. C’est dans ce contexte que s’inscrivent les pressions exercées par Barack Obama qui a repris les mêmes outils qui ont été légués par l’Administration Bush, précise-t-on de même source. Le président américain a renouvelé les sanctions contre la Syrie et les personnalités «qui mettent en danger la stabilité du Liban», a renforcé les sanctions contre l’Iran et a décidé de réactiver le TSL pour isoler le Hezbollah, l’affaiblir et le priver de sa légitimité populaire et politique.

Peu importe que l’Iran ou les Etats-Unis soient responsables des tensions actuelles. Une chose est certaine, la confrontation a repris à l’échelle régionale entre deux ennemis. La volonté du président Obama de conclure, coûte que coûte, un accord de paix israélo-palestinien n’est plus à prouver. Après avoir, un moment envisagé d’exercer des pressions sur l’ Etat hébreu, le président américain a compris qu’il lui était plus facile, et surtout moins coûteux sur le plan interne, de faire pression sur la partie la plus faible, les Palestiniens. La lettre qu’il a récemment adressée à Mahmoud Abbas, le sommant d’entamer des négociations directes et sans conditions avec les Israéliens, est assez éloquente.

Le fait que Washington ait décidé de réactiver prioritairement le volet israélo-palestinien au détriment du volet israélo-syrien, malgré les nombreux appels de pieds de Damas, ne peut que déplaire à la Syrie. Cela explique les propos surprenants de Bachar el-Assad, lundi. «La paix s’éloigne de plus en plus et la guerre se rapproche», a-t-il dit. Il avait fait presque la même déclaration à la veille de la guerre de 2006. Sayyed Hassan Nasrallah a été plus direct, mardi soir. «Quand des plans sont concoctés pour la Palestine dans les coulisses et les chambres noires, il faut être inquiet pour le Liban», a-t-il dit.

Dans un rapport intitulé Les tambours de la guerre: Israël et l’«axe de la Résistance», publié mardi, Peter Harling de l’International Crisis Group (ICG), est plus explicite: «La clé pour débloquer la situation – sans négliger le volet central israélo-palestinien – est la reprise des négociations entre Israël d’un côté, la Syrie et le Liban de l’autre. C’est la seule voie réaliste pour relancer des dynamiques et influencer les calculs de la Syrie. Sans cela, Damas continuera à transférer armes au Hezbollah, le mouvement chiite résistera avec succès à toutes les tentatives de désarmement et Israël poursuivra ses violations de la souveraineté libanaise».
Et Peter Harling de poursuivre: «Pour l’instant, les Etats-Unis parlent à une partie (Israël), laissent l’autre partie en suspens (la Syrie), ignorent une troisième partie (le Hezbollah) et ont choisi la confrontation avec la quatrième partie (l’Iran)».

Les plans de guerre sont en préparation de part et d’autre. Le chef d’état-major interarmes américain, l’Amiral Mike Mullen, n’a-t-il pas dit que les plans de frappe contre l’Iran sont prêts? C’est dans le cadre de ces préparatifs que l’on peut placer l’incident de mardi entre l’Armée libanaise et les Israéliens.

Selon le général à la retraite Amine Hoteit (qui a supervisé le tracé de la Ligne bleue en 2000), l’armée israélienne a voulu tester la réaction des troupes régulières libanaises en cas guerre. «La réponse a été claire. Les unités déployées au Sud ne seront pas des spectateurs en cas d’invasion. Elles défendront le territoire. Israël doit revoir plans en prenant ce facteur en considération», a-t-il dit à Magazine. «Sous la surface, les tensions montent et il n’y a pas de soupape de sécurité», écrit Peter Harling dans son dernier rapport. Certes. Mais dans cet Orient volatile, rien n’est écrit d’avance.

LA FIÈVRE MONTE À LA FRONTIÈRE

Ce lundi, aux alentours de midi, une patrouille israélienne a traversé la ligne technique délimitant la frontière avec Israël, non loin du village de Edeissy, dans u zone grise revendiquée par le Liban. Malgré la timide interposition de la Finul, l’armée israélienne a continué à avancer. C’est ensuite l’Armée libanaise qui a été contrainte de réagir. Après des tirs semonce, qui ont été sans effet sur les envahisseurs, les soldats de l’Armée libanaise ont ensuite utilisé des armes légères ainsi que des roquettes type RPG. L’armée israélienne a riposté en tirant des obus de ses chars de combat. Elle a aussi fait usage de fusils-mitrailleurs. Les Israéliens ont voulu couper un arbre en territoire libanais pour y installer ensuite des caméras de surveillance.

Le bilan des affrontements est plutôt lourd. Trois morts côté libanais, les sergents Abdallah Toufaïly et Robert Achi, et le correspondant du journal al-Akhbar dans le Liban-Sud, Assaf Abou Rahhal. Un journaliste d’al-Manar, Ali Cheaïb, a été blessé. Quinze Libanais ont été blessés au total. Les affrontements ont causé de nombreux dégâts matériels des positions de l’Armée libanaise ainsi que des habitations ont été touchées. C’est un hélicoptère de l’armée israélienne qui a lâché les missiles mortels.

Le Conseil supérieur de la défense, qui s’est réuni en urgence lundi après l’incident, sous l’égide du président de la République, Michel Sleiman, a prévenu que le pays fera face aux attaques israéliennes «par tous les moyens disponibles». Le Conseil a dit tenir Israël «responsable» de l’incident et exprimé l’intention de porter plainte devant le Conseil de sécurité de l’Onu.
Côté israélien, c’est un officier qui a été tué, le lieutenant-colonel Dov Harari. L’armée israélienne a estimé que l’Armée libanaise portait la «pleine responsabilité» des heurts, tandis que le ministère israélien des Affaires étrangères a averti le Liban des «conséquences» en cas de nouveaux incidents.

Affaire Hariri:  Nasrallah accuse Israël

Le Hezbollah a célébré, mardi, le quatrième anniversaire de «la victoire divine» de 2006. Pour l’occasion, le secrétaire général du parti, sayyed Hassan Nasrallah, a prononcé un discours offensif devant un grand rassemblement populaire dans la banlieue sud.

Réagissant sur l’incident de Edeissy, sayyed Nasrallah a expliqué que les résistants ont été invités à ne pas réagir, la sagesse voulant que la Résistance se mette à la disposition de l’armée. Il a ensuite révélé avoir contacté le président de la République et le président de la Chambre pour les informer qu’elle n’entreprendra aucune action sans ordre de l’armée. En tout état de cause, selon lui, le Liban a adressé un message fort à l’ennemi. «Le Liban a montré qu’il ne craint pas les menaces et affrontera les agressions avec tous ses moyens. L’armée s’opposera à l’agression, en dépit de ses faibles moyens. Malgré cela, elle a fait preuve d’un courage immense et a provoqué la surprise chez l’ennemi. Le second message est la coordination totale entre l’armée et la Résistance. L’équation du peuple, de l’armée et de la Résistance a été une fois de plus confirmée dans le sang. Si l’ennemi porte de nouveau la main à l’armée, nous la lui couperons».

Evoquant la double visite du roi Abdallah et du président Assad à Beyrouth, Nasrallah a affirmé que le Hezbollah est favorable à tout rapprochement entre les Arabes. Il a rendu hommage à la visite de l’émir du Qatar au Sud et il affirmé que le Liban attend aussi, dans le même état d’esprit, la visite du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad.

Il a expliqué que la visite du roi Abdallah et du président syrien et le sommet tripartite avaient pour objectif de protéger le Liban des plans le menaçant. Il s’agissait là de déployer des efforts arabes pour couper court à tous les rêves israéliens de semer la discorde au Liban. Le chef du Hezbollah a choisi l’apaisement pour faciliter les efforts arabes destinés à faire baisser les tensions politiques au Liban.
Cela ne l’a pas empêché d’évoquer une nouvelle fois l’affaire Hariri. Il a déclaré que son parti a mené ces derniers mois sa propre enquête sur le meurtre de l’ancien Premier ministre et avait abouti à la conclusion qu’Israël était responsable de l’attentat du 14 février 2005. Hassan Nasrallah a ajouté qu’il apporterait les preuves matérielles appuyant ses accusations lors d’une conférence de presse qu’il compte organiser le 9 août prochain au soir. Ses dires seront corroborés par des enregistrements sonores et vidéo et par un important secret qu’il a promis de révéler.

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