Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Menace de désertification sur le Liban «vert»

Posted by jeunempl sur juillet 28, 2010

Hassan Abbas – Les Hirondelles

L’Etat et la société civile libanaise conjuguent leurs efforts pour éviter la désertification du pays. Mais dans le domaine du reboisement, les politiques restent insuffisantes.

Les incendies de forêts demeurent l’élément essentiel du recul de la forêt libanaise. Entre 1500 et 2000 hectares de forêts partent en fumée chaque année. Dans l’histoire récente, le Liban a même connu un Mardi noir, le 2 octobre 2007, au cours duquel 1500 hectares ont brûlé en 24 heures. Soit l’équivalent du reboisement depuis 1990.

Que faire pour enrayer l’hémorragie? En 2001, la gestion du reboisement du pays est passée du ministère de l’Agriculture à celui de l’Environnement, avec une enveloppe globale de près de 17 millions de dollars. Le plan alors élaboré comporte un double objectif: le premier est de planter des arbres au Liban sur une période de 5 ans; le second vise à atteindre, à terme, 20% de terrains couverts par les forêts, soit la moyenne des pays méditerranéens (contre 13,3% aujourd’hui).

L’an dernier, le ministère de l’Environnement a redynamisé sa politique en coopérant étroitement avec les municipalités dans le cadre du Programme de conservation et réhabilitation des ressources sylvicoles du Liban. «Suivant cette nouvelle stratégie, le ministère signe des contrats avec les municipalités pour financer une initiative locale, explique Richard el-Riachi, ingénieur agronome de ce projet. La surface du terrain choisi pour le reboisement est de 5 hectares minimum et il est préférable qu’il soit visible.» Jusqu’à présent, le ministère a reçu 150 demandes de coopération. Cette nouvelle phase va commencer cette année, avec 50 municipalités à l’automne.

Mais pour reboiser, il faut des plants. Le ministère de l’Environnement a ainsi décidé de renforcer les pépinières privées, explique el-Riachi. L’autre ministère, celui de l’Agriculture, continue de travailler de son côté, faisant germer chaque année entre 300.000 et 500.000 plants, dans ses propres pépinières. Les deux institutions ne collaborent qu’au compte-gouttes. «Le nombre des plants germés ne reflète pas la capacité maximale de ces pépinières», poursuit Chadi Mohanna, directeur du développement rural et des ressources naturelles au ministère de l’Agriculture. «Cette limitation est due à la réduction de notre budget, des équipements et des ressources humaines», déplore-t-il, tout en assurant que «cette production pourrait atteindre le million de plants si les financements suivaient». Malgré tout, les deux ministères peinent à répondre aux besoins.

Les ONG se mobilisent

Plusieurs organisations non gouvernementales tentent de pallier les insuffisances de l’Etat. «Dans tous les programmes de développement, les autorités locales et les ONG ont un rôle à jouer parce qu’elles sont concernées directement», insiste Sawsan Bou Fakhreddine, directrice de l’Association pour les forêts, le développement et la conservation (AFDC). Cette dernière plante chaque année presque 30000 pousses, en offrant même d’autres au ministère de l’Environnement. Ce qui n’empêche pas sa présidente d’être critique. Selon elle, une grande partie des campagnes de plantation «n’ont qu’un but médiatique. La plupart du temps, les plants ne grandissent pas car les campagnes de reboisement ne respectent pas certaines conditions nécessaires à leur développement».

Tout cela coûte cher. Un arbre planté coûte 10 dollars (30% pour préparer le terrain, 40% pour le plant, 10% pour le planter et 20% pour l’entretenir pendant 2 ans). Il faut encore ajouter 5 dollars sur le coût de chaque arbre pour assurer la protection contre les incendies, les insectes… Conserver serait donc beaucoup moins coûteux que reboiser.

pays. Mais dans le domaine du reboisement, les politiques restent insuffisantes.

Les incendies de forêts demeurent l’élément essentiel du recul de la forêt libanaise. Entre 1500

et 2000 hectares de forêts partent en fumée chaque année. Dans l’histoire récente, le Liban a

même connu un Mardi noir, le 2 octobre 2007, au cours duquel 1500 hectares ont brûlé en 24

heures. Soit l’équivalent du reboisement depuis 1990.

Que faire pour enrayer l’hémorragie? En 2001, la gestion du reboisement du pays est passée du

ministère de l’Agriculture à celui de l’Environnement, avec une enveloppe globale de près de 17

millions de dollars. Le plan alors élaboré comporte un double objectif: le premier est de

planter des arbres au Liban sur une période de 5 ans; le second vise à atteindre, à terme, 20%

de terrains couverts par les forêts, soit la moyenne des pays méditerranéens (contre 13,3%

aujourd’hui).

L’an dernier, le ministère de l’Environnement a redynamisé sa politique en coopérant étroitement

avec les municipalités dans le cadre du Programme de conservation et réhabilitation des

ressources sylvicoles du Liban. «Suivant cette nouvelle stratégie, le ministère signe des

contrats avec les municipalités pour financer une initiative locale, explique Richard el-Riachi,

ingénieur agronome de ce projet. La surface du terrain choisi pour le reboisement est de 5

hectares minimum et il est préférable qu’il soit visible.» Jusqu’à présent, le ministère a reçu

150 demandes de coopération. Cette nouvelle phase va commencer cette année, avec 50

municipalités à l’automne.

Mais pour reboiser, il faut des plants. Le ministère de l’Environnement a ainsi décidé de

renforcer les pépinières privées, explique el-Riachi. L’autre ministère, celui de l’Agriculture,

continue de travailler de son côté, faisant germer chaque année entre 300000 et 500000 plants,

dans ses propres pépinières. Les deux institutions ne collaborent qu’au compte-

gouttes. «Le nombre des plants germés ne reflète pas la capacité maximale de ces pépinières»,

poursuit Chadi Mohanna, directeur du développement rural et des ressources naturelles au

ministère de l’Agriculture. «Cette limitation est due à la réduction de notre budget, des

équipements et des ressources humaines», déplore-t-il, tout en assurant que «cette production

pourrait atteindre le million de plants si les financements suivaient». Malgré tout, les deux

ministères peinent à répondre
aux besoins.

Les ONG se mobilisent

Plusieurs organisations non gouvernementales tentent de pallier les insuffisances de l’Etat.

«Dans tous les programmes de développement, les autorités locales et les ONG ont un rôle à jouer

parce qu’elles sont concernées directement», insiste Sawsan Bou Fakhreddine, directrice de

l’Association pour les forêts, le développement et la conservation (AFDC). Cette dernière plante

chaque année presque 30000 pousses, en offrant même d’autres au ministère de l’Environnement. Ce

qui n’empêche pas sa présidente d’être critique. Selon elle, une grande partie des campagnes de

plantation «n’ont qu’un but médiatique. La plupart du temps, les plants ne grandissent pas car

les campagnes de reboisement ne respectent pas certaines conditions nécessaires à leur

développement».
Tout cela coûte cher. Un arbre planté coûte 10 dollars (30% pour préparer le terrain, 40% pour

le plant, 10% pour le planter et 20% pour l’entretenir pendant 2 ans). Il faut encore ajouter 5

dollars sur le coût de chaque arbre pour assurer la protection contre les incendies, les

insectes… Conserver serait donc beaucoup moins coûteux que reboiser.
Hassan Abbas

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