Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Des stations d’épuration pour sauver Jeita

Publié par jeunempl le juillet 18, 2010

Marzena Zielinska-Schemaly – Les Hirondelles

Outre les bras-de-fer politiques récurrents, la grotte de Jeita fait face à un autre défi: la pollution des eaux souterraines.

La grotte de Jeita, véritable chef-d’oeuvre de la nature, pourrait devenir une des sept merveilles naturelles du monde. Malheureusement, ce site touristique se trouve au centre d’une polémique sur le partage des bénéfices et son mode de gestion. Mais une nouvelle menace plane, bien plus dangereuse: la constitution calcaire des sols de Kesrouan dirige toute la pollution des eaux de la région vers la grotte.

Une brève explication géologique s’impose. La grotte est située sur le versant du Nahr el-Kalb, lui-même alimenté par quatre rivières, dont le Nahr el-Salib, qui prennent leur source dans le massif de Sannine. En aval, le Nahr el-Kalb se divise en deux confluents, l’un en surface, l’autre souterrain, qui alimentent Beyrouth. Dans ce paysage karstique (façonné dans des roches solubles), le débit de l’eau est si fort que l’eau n’a pas le temps d’être filtrée par la roche.

En avril dernier, une nouvelle étude allemande, basée sur l’introduction de colorants dans les eaux souterraines, a montré que l’eau peut parcourir ici 700 mètres par heure. En comparaison, dans une structure similaire en Europe, le flux ne dépasse pas quelques mètres par jour, assure le Dr Armin Margane, hydrogéologue allemand. Par ailleurs, dans la région, gouffres et fissures servent trop souvent d’égouts. Les eaux usées circulent donc vite, sur de longues distances, pour finir leur course à Jeita.

Si la loi exige la construction de fosses septiques ou le raccordement des habitations à un réseau local d’égouts, de nombreux acteurs font fi des réglementations. Les stations essence sont rarement équipées de système de collecte des huiles usagées, sans compter les grandes quantités d’eaux usées rejetées par les carrières. Toutes ces sources de pol-lution modifient le pH de la rivière souterraine. Et au-delà d’un certain seuil, ces eaux deviennent corrosives pour les formations calcaires de la grotte.

Ce problème n’est pas nouveau. Une étude du Pr Bahzad Hakim de l’Université libanaise (1996-1998) a déjà pointé du doigt ces sources de pollution et insisté sur la nécessité d’installer des stations d’épuration. Depuis, la région a connu un essor urbain et économique notable. Autant d’activités supplémentaires exigeant une décision rapide.

Les solutions nécessaires

Pour protéger la grotte, la municipalité de Jeita a diminué à 5% le coefficient d’exploitation des sols, minimisant ainsi les constructions. Il y a quatre ans, elle a également imposé à toute nouvelle construction d’être équipée de sa station d’épuration privée. L’eau, ainsi traitée localement, est réutilisée pour l‘arrosage. Enfin, la construction d’une station d’épuration couvrant la région de Jeita est prévue. Elle sera financée par le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR), un don du gouvernement allemand et un prêt de banque allemande KfW de près de 6 millions de dollars. Le projet va démarrer en juillet. Une station similaire sera bâtie à Kfardebian, avec les mêmes partenaires. Puis à Meyrouba, avec un financement italien.

Le CDR participe à d‘autres projets de traitement de l’eau, avec notamment une grande station couvrant le Kesrouan, à la limite entre Ghazir et Adma. D’autres sont déjà prêtes et entreront en fonction d’ici un an au plus tard, faisant passer la part de la population raccordée à ces stations de 25% aujourd’hui à 40%. Avec, comme le souligne Ismaïl Makki du CDR, l’objectif de 80% d’ici 2014.

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2 Réponses à “Des stations d’épuration pour sauver Jeita”

  1. jean-pierre khouri a dit

    L’eau de Nahr el Kalb a une couleur brune.Est ce que cela indique que c’est de la terre(boue)que le fleuve charrie ,ou est-ce la couleur de la pollution relatee dans l’article?

    • jeunempl a dit

      Cher M. Khouri, l’article date de juillet 2010. On peut difficilement relier les deux faits mais il est certain que la pollution des eaux n’est pas encore traitée comme il se doit au Liban. Elle nécessite la mise en application d’un plan global, aussi couteux qu’indispensable!

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