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Le décès de sayyed Fadlallah: Quel avenir pour le chiisme modéré?

Posted by jeunempl sur juillet 9, 2010

Joumana Nahas – L’Hebdo Magazine

Le décès, attendu, après une longue et pénible maladie, de sayyed Mohammad Hussein Fadlallah, chantre du chiisme modéré et ouvert au dialogue, n’a laissé aucun Libanais indifférent. Plus largement, le monde musulman pleure, depuis dimanche, la disparition d’un homme d’exception, qui s’est fait remarquer par ses positions en même temps tranchées et résolument modernes. La véritable inquiétude de certains réside aujourd’hui dans l’après Fadlallah.

Son modernisme et son ouverture dérangent

Figure respectée par le Hezbollah, par les religieux sunnites, comme par les chrétiens, l’ayatollah Mohammad Hussein Fadlallah s’est éteint dimanche passé des suites d’une longue maladie que le religieux traînait depuis 12 longues années.

Né à Najaf, fief du chiisme en Irak, de parents libanais originaires du Sud, celui qui est connu comme «le sayyed» est devenu, au fil des ans, un recours, une source de fatwas, pour nombre de chiites libanais ou arabes. Et ce n’était pas pour plaire à tout le monde. En effet, parmi les jurisprudences les plus connues, et, souvent, les plus controversées du sayyed, celles qui consacrent l’égalité entre hommes et femmes et celles qui poussent ces dernières à travailler, tout en les dispensant du voile intégral. C’est encore lui qui a consacré, le premier au Liban, l’accès des femmes à la prière dans les mosquées, en même temps que les hommes, dans des salles différentes. Pratique suivie ensuite par les sunnites.

C’est aussi Fadlallah qui a toujours prôné le dialogue et l’écoute de l’autre, pour mieux établir des ponts et abolir les frontières. Il a, entre autres, accepté le jeu de cartes dans le but du divertissement, le chant, la musique et le respect du choix des hommes musulmans quant au port de la barbe.

Autant d’exemples qui ont fait que, malgré l’engagement de l’ayatollah Fadlallah pour la cause palestinienne et pour le jihad contre l’occupant israélien, il ne faisait pas l’unanimité dans le monde musulman, plus précisément chiite. La scission est à peine voilée par exemple avec la wilayat al-faqih, que Fadlallah désavouait. Il ne reconnaît pas la suprématie de l’ayatollah Khameneï, alors même que le Hezbollah libanais en est adepte. C’est que son modernisme et son ouverture envers son prochain dérangent certains, qui ont une vision de l’islam, et plus particulièrement du chiisme, beaucoup plus stricte.

Sayyed Fadllalah prônait sans arrêt le dialogue, entre musulmans d’abord et entre les musulmans et les autres religions ensuite. Pourtant, cet homme d’ouverture ne faisait pas dans la demimesure en ce qui concerne la lutte pour les plus démunis et la protection du sol national. Ce sont ses positions radicalement anti-israéliennes qui lui ont valu plusieurs attentats, dont l’un a même failli lui coûter la vie, en 1985.

Pendant un temps, Fadlallah a même été considéré comme le guide spirituel du Hezbollah, ce qu’il a toujours nié. Le chef du Parti de Dieu, initié au chiisme par l’ayatollah Fadlallah, était l’un des premiers, dimanche, à se recueillir sur sa dépouille, à l’hôpital. Avec la disparition de sayyed Mohammad Hussein Fadlallah, c’est une page d’un chiisme résolument moderne qui vient de se refermer, laissant pour le moment une place béante à l’incertitude pour des centaines de milliers de chiites privés de «Marjaa’», c’est-à-dire référant religieux en affaire de culte et de règles de vie.

Biographie express

Mohammad Hussein Fadlallah avait, à sa naissance, un destin presque tout tracé. Né à Najaf, en Irak, en 1936, d’un père ayatollah, le jeune homme a très vite été intéressé par les études religieuses, qu’il entreprend en Irak. C’est vers l’âge de 20 ans que sayyed Fadlallah, descendant du Prophète, s’installe au Liban, qu’il ne quittera plus.

Il était connu, outre ses fatwas, pour son humilité et son dévouement aux plus pauvres. Il a ainsi fondé plusieurs écoles et centres d’hébergement pour les plus démunis. Durant toute la période de la guerre civile, Fadlallah a refusé net de quitter le Liban, et, même pendant les 33 jours de la dernière guerre, en 2006, il a gardé son domicile en pleine banlieue sud.

Il avait une épouse… et 12 enfants, dont un garçon décédé. Ses fils le secondaient et ses 4 filles sont mariées à des hommes de religion. Parmi les fatwas les plus connues de l’ayatollah Mohammad Hussein Fadlallah: celle qui consacre la préférence à la technique scientifique pour l’apparition de la lune dans le décompte du mois de jeûne et celle qui refuse la discrimination entre «les purs et les impurs», classification voulue par d’autres dignitaires religieux musulmans.

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