Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Energies renouvelables: objectif 2020?

Posted by jeunempl sur juillet 8, 2010

Zahraa Mortada – Les hirondelles

L’ensoleillement annuel du Liban permettrait de produire entre 2 et 6 kilowatts-heure d’électricité au mètre carré (kWh/m2).

Suivant la tendance mondiale, le Liban s’est fixé un défi d’ici 2020:
faire passer la part des énergies renouvelables de 1 à 12% sur sa facture énergétique.

95% d’énergie fossile, 4% d’énergie hydraulique et 1% d’énergie renouvelable. C’est ainsi que se répartit aujourd’hui la production électrique du Liban. Cette toute petite proportion d’énergie renouvelable dépend principalement du secteur privé avec des panneaux solaires ou des éoliennes destinés à économiser un peu de l’électricité fournie par l’Etat, ou à combler ses lacunes.

Le Liban s’est donc lancé un défi de taille: 12% d’énergies renouvelables d’ici 2020, un objectif fixé en annexe à la dernière déclaration ministérielle. Une première. Le pourcentage envisagé peut paraître utopique, compte tenu des difficultés dans lesquelles patauge le secteur électrique au Liban. Un avis que Pierre Khoury, directeur général du Centre libanais pour la conservation de l’énergie (LCEC), ne partage pas. Il considère ce pourcentage modeste et insiste même sur la nécessité de viser les 20%.

Mais comment y parvenir? Le LCEC y travaille avec détermination. Fruit d’une initiative du ministère de l’Energie et de l’Eau et du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), il s’est déjà lancé dans la bataille. Plusieurs projets ont été réalisés jusqu’à présent, notamment dans le domaine de l’énergie solaire. Des systèmes de chauffage solaire ont été installés sur de nombreux bâtiments publics, et des campagnes de familiarisation à la conservation de l’énergie ont visé le secteur privé.

Des projets-phare ont également été approuvés par le Conseil des ministres, comme la distribution de 300 000 lampes à basse consommation aux domiciles libanais, le projet baptisé Un chauffe-eau solaire pour chaque maison (un objectif de 190000m3 d’eau chauffée par le soleil d’ici 2014), ainsi que le projet d’éclairage public fonctionnant grâce à des capteurs photovoltaïques.

Mais le plus important réside dans l’effort que le centre déploie sur la mise en place d’un projet de loi, en coopération directe avec le ministère de l’Energie et de l’Eau, sur la conservation de l’énergie. «Le projet de loi doit être terminé dans trois mois et permettra la régularisation du secteur de l’énergie», explique Ziad al-Zein, coordinateur des relations publiques au LCEC.

Le secteur privé aux premières loges

Jusqu’aujourd’hui, seule l’Electricité du Liban détient le monopole de la production et la distribution de l’électricité au public. Selon la loi nº462 de 2002, la production d’un particulier ne peut dépasser 1,5 mégawatts (Mw) pour un usage privé. Au delà de 10 Mw, un accord du ministre de l’Energie et du Conseil des ministres est obligatoire. Mais comme beaucoup d’autres, cette loi n’est toujours pas appliquée, privant ainsi le pays d’un atout intéressant pouvant, entre autres, combler le déficit de production actuel de 900Mw. Selon Ahmad Irslan, chercheur dans le domaine de l’énergie renouvelable, «la mise en place de législations permettant au secteur privé de produire entre 15 et 25Mw d’électricité permettra de diminuer de 30% la quantité de fuel importée».

La stratégie du ministère de l’Energie et de l’Eau va dans ce sens. Le 2 juin dernier, à l’occasion de l’inauguration de la Semaine de la durabilité, le ministre Gebran Bassil, a promis au secteur privé la mise en place d’un cadre juridique clair et net: «Les initiatives privées en matière de production d’énergie doivent pouvoir transmettre leur excédent d’énergie au réseau de l’EDL, a-t-il déclaré. Nous comptons sur le secteur privé autant qu’il compte sur nous, nous avançons dans ce domaine et nous avons besoin de son soutien.»

Dans cette optique, le LCEC étudie, en partenariat avec la Banque du Liban, le lancement d’un projet intitulé NEEREA (National energy efficiency and renewable energy account), afin de proposer des prêts à 0% d’intérêt pour les investissements dans l’énergie renouvelable.

Cette ambition d’impliquer le secteur privé nécessite néanmoins un terrain favorable. «Nous ne pourrons pas voter une loi impliquant le secteur privé dans la production électrique, précise Al-Zain, sans une préparation adéquate du réseau car ce dernier doit préalablement être capable de recevoir et distribuer l’électricité ainsi produite.» Une étape essentielle certes, mais étant la première victime de la déficience du réseau actuel, le secteur privé mérite le droit de tenter sa chance.

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