Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Tollé autour du blocage de la téléphonie par Internet

Posted by jeunempl sur juin 16, 2010

(L’Orient le Jour – Marie-José Daoud)

Depuis la semaine dernière, la société civile libanaise se mobilise contre le blocage des communications téléphoniques via Internet, communément appelées Voice over IP (VoIP). Le ministère affirme que les particuliers ne sont pas visés.

Depuis une dizaine de jours, certains utilisateurs de Skype et autres logiciels de téléphonie sur Internet ont eu la mauvaise surprise de découvrir que ces derniers étaient bloqués. Les plaintes ont rapidement fusé, notamment sur Internet. Des groupes sur le réseau social Facebook, des activistes et des internautes accusent en effet le gouvernement d’atteinte à leur droit d’utiliser les technologies modernes. Dans une tribune publiée dans le quotidien anglophone Daily Star le 8 juin, Imad Atalla, directeur d’une société de logiciels et éditeur d’un magazine, a déploré pour sa part que « le gouvernement gère les télécoms comme une source de revenus, plutôt que comme un service public au même titre que l’eau et l’électricité. Cela étouffe la croissance d’une économie numérique robuste ».

Interrogé sur les raisons de ces restrictions soudaines, le ministère des Télécommunications a répondu que la loi des Télécoms de 2002 réserve le monopole de la téléphonie fixe à Ogero et interdit de fait la téléphonie par le biais d’Internet, qui utilise le protocole de Voice over IP (VoIP, voir encadré). Et le Liban souhaite se réserver une période de transition avant de l’autoriser, afin de préserver pendant un certain temps les recettes que tirent les compagnies de téléphonie publiques des appels à l’international. Les tarifs élevés pratiqués par Ogero – plus d’un à deux cents par minute pour les appels internationaux entrants, par exemple – ont conduit au développement d’un marché noir d’autant plus actif que la pénétration du haut débit s’est développée. Il existe deux catégories d’infractions : celles commises au niveau des particuliers et celles qui génèrent un commerce illégal. D’un côté, de nombreux Libanais discutent via le VoIP avec leur famille et amis à l’étranger, sans débourser un centime de plus, ou presque, que le coût de leur abonnement à Internet. De l’autre, des échoppes illégales proposent aux travailleurs émigrés ou aux Libanais n’ayant pas les moyens de s’abonner au réseau téléphonique d’appeler l’étranger (et le Liban) à des tarifs beaucoup plus compétitifs que ceux d’Ogero. Interrogé sur la soudaine décision de sévir, Mahmoud Haïdar, le conseiller du ministre des Télécommunications, affirme qu’« un logiciel permettant le contrôle et le blocage de ces activités a été installé fin 2009, mais la décision de l’activer aujourd’hui n’a pas été prise par le ministre ».

Dans un communiqué, le ministre, coincé dans son rôle de garant de la loi, précise que les personnes qui utilisent le VoIP à des fins commerciales seront ciblées ;
en revanche, il ne souhaite pas pénaliser les particuliers : « L’objectif n’est pas d’empêcher une mère d’appeler son fils au Canada via Internet », précise Mahmoud Haïdar, même si cet appel contrevient à la loi. Les réglages du logiciel sont en cours, ajoute-t-il. En attendant, certains particuliers se retrouvent injustement privés de l’accès à la communication téléphonique sur Internet. Mais le fond du problème reste entier : d’une part, tant que la tarification sera élevée, les incitations à la fraude seront fortes ; d’autre part, l’autorisation du VoIP est inéluctable à terme. « Nous en sommes tout à fait conscients. Le problème est de gérer la phase de transition », explique Mahmoud Haïdar, car aujourd’hui les télécoms sont une source indispensable de revenus pour l’État, à qui elles rapportent près de 1,5 milliard de dollars par an. À elles seules, les communications internationales entrantes fournissent quelque 150 millions de dollars. « Plus de 60 % de la recette totale des télécoms sont des taxes, la première étape de la solution consiste donc d’abord à déplacer cette charge fiscale du secteur des télécoms », affirme Mahmoud Haïdar. Pour le ministre, le lever de ce handicap est un préalable au déploiement d’une stratégie sectorielle globale pour libéraliser les télécoms.

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