Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Quel avenir pour la loi électorale libanaise : Quelle alternative ?

Posted by jeunempl sur avril 28, 2010

Par Dory Moutran – MPLBelgique.org

Quelle alternative?

La proportionnelle est de plus en plus utilisée dans le monde entier. Lors des dernières élections européennes – ayant eues lieu le même jour que dans notre pays – la France et le Royaume-Uni, deux des derniers grands pays européens à utiliser le système majoritaire uninominal, ont, pour la première fois de leur histoire, usé du système proportionnel pour répartir les sièges. Il ne s’agit pas d’une simple coïncidence : dans de nombreux pays, le débat autour du système électoral mène vers une demande pour plus de proportionnalité. De plus, le système proportionnel est le système le plus utilisé dans les démocraties établies, et notamment dans les « nouvelles démocraties ». Il est vrai néanmoins que de nombreuses grandes démocraties, telles que la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis, utilisent le système majoritaire à circonscription uninominale (un siège par circonscription).

Le scrutin majoritaire uninominal

Le choix, au Liban, entre le système proportionnel et la circonscription uninominale n’est pas facile. Le principal problème avec le scrutin majoritaire uninominal, est que son application est particulièrement difficile, voire impossible, dans un pays où démocratie consensuelle rime avec parité confessionnelle entre musulmans et chrétiens d’abord, mais également entre les différentes communautés musulmanes et chrétiennes.

Diviser le Liban en 128 circonscriptions, chacune représentant une communauté, et étant représentée par un député de cette même communauté, est une tâche impossible. La conséquence principale serait que les députés seront élus par un nombre trop différent d’électeurs – vu la réalité démographique. Si la droite chrétienne se réjouirait d’un tel système, les musulmans, eux, le qualifieront très vite comme non-conforme aux valeurs démocratiques.

De plus, il est très difficile de garantir l’homogénéité des districts électoraux, notamment dans les régions et les villages mixtes. Ce système porte également atteinte à ceux ou celles qui se sont affranchis de la mentalité confessionnelle, et qui, faute de candidat reflétant leurs opinions, se retrouveront exclus du système électoral. Les électeurs seront donc forcés de voter pour des candidats de leurs propres confessions, ce qui va à l’encontre des tentatives de déconfessionnaliser la politique et les mentalités.

Le système majoritaire permet néanmoins une stabilité, excluant les petits partis aux idéologies et aux programmes peu populaires, et affaiblissant les partis extrémistes (nationalistes, séparatistes ou communistes), offrant donc au parti pourvus d’une majorité la chance de gouverner sans nuisances constantes. Cependant, dans un pays ayant connu 15 années de guerre civile, suivies de 15 ans d’occupation et encore 5 ans de crise, et dont la carte politique se subdivise en une dizaine de communautés religieuses, et un nombre bien trop grand de partis, peut-être serait-il sage de permettre une représentation plus « correcte » des libanais, et un mode plus consensuel de gouverner. Cet argument ne tient donc qu’en Europe, où ces partis déviants – par rapport aux valeurs démocratiques – sont minoritaires, et non au Liban, où les partis majoritaires ont vite recours à des discours sectaires.

Finalement, avec le système majoritaire, que ce soit sur la scène chrétienne ou nationale, nombreux sont ceux qui, faute d’alternatives, se retrouvent « obligés » de choisir entre deux camps qu’ils n’aiment pas, mais votent néanmoins pour le camp qui, à leurs yeux, serait moins dangereux que l’autre. Dans ces conditions, il est difficile pour une liste tierce, dite « modérée », « centriste » ou « indépendante », d’émerger, sans que cela ne mène vers un nouveau remaniement des alliances électorales. Le système majoritaire mène directement à un système bipolaire, et souvent à des alliances dites « contre-nature », entre des partis aux idéologies trop différentes.

Sommaire
Introduction
Les inconvénients de la loi 1960
Quelle alternative ?
La représentation proportionnelle
La politisation des débats autour de la loi municipale
Conclusion

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