Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Municipales 2010 : les familles d’abord

Posted by jeunempl sur avril 22, 2010

(Scarlett Haddad – L’Orient le Jour)

Avec la fermeture hier à minuit du dépôt des candidatures, le processus électoral est bel et bien lancé. Dix mille soldats de l’armée ont d’ailleurs été détachés pour épauler les dix mille membres des FSI, qui seront en charge de la sécurité pendant le déroulement du scrutin. Le ministère de l’Intérieur est transformé en ruche pour préparer les plus de 14 000 bureaux de vote prévus sur l’ensemble du territoire. Coût total de l’opération : pas moins de quatre millions de dollars, selon les estimations du ministre Ziyad Baroud au quotidien as-Safir. Parce que la démocratie le vaut bien… Mais pour cette échéance électorale, la démocratie semble être placée sous le signe global de l’entente et des compromis entre familles et parties politiques. La phrase qui semble résumer la situation a d’ailleurs été prononcée hier par le président de la Chambre Nabih Berry, qui a déclaré dans le cadre de ses rencontres hebdomadaires avec les députés : « Nous redoutions les élections municipales de crainte qu’elles ne se transforment en facteur de division, et les voilà qui deviennent un facteur d’entente et d’unité. »

Vu de près, le paysage électoral donne d’ailleurs le tournis à tous ceux qui se considèrent comme des spécialistes politiques et qui ont suivi les législatives de juin 2009. Rien ne ressemble moins en fait aux prochaines élections municipales que les législatives de juin 2009. Pas question cette fois de construire une campagne électorale sur la base du rejet des armes du Hezbollah ou des critiques adressées au régime syrien. Pour ces municipales, les slogans sont plutôt axés sur le développement et sur des projets visant à l’amélioration des conditions de vie dans les cités et autres villages. De même, le paysage politique est bien différent. Les alliances se font et se défont au hasard des bourgades et la ligne de démarcation entre les deux camps qui occupent en grande partie la scène politique libanaise n’est plus aussi claire. Ce sont plutôt les enjeux familiaux qui semblent dominer l’échéance électorale qui commence dimanche prochain et dictent le comportement des parties politiques. Si dans les grandes agglomérations à majorité musulmane, comme Saïda et Tripoli, la tendance est à la formation de listes de coalition, dans l’esprit de l’entente syro-saoudienne, des considérations totalement différentes dictent les tentatives d’aboutir à une entente à Jounieh et dans d’autres bourgades à majorité chrétienne. Les « partis chrétiens » dont on craignait l’affrontement dans le cadre de ces élections semblent surtout soucieux de placer en tête de leurs priorités les considérations familiales. C’est ainsi qu’au Metn, le parti arménien Tachnag s’est démené pour aboutir à un rapprochement entre le CPL et le député Michel Murr, qui devrait être officialisé au cours des prochains jours. Dans certaines localités, le parti Kataëb pourrait se joindre à cette alliance, alors que dans d’autres, le PSNS constituerait la quatrième roue du carrosse.
Mais ce sont les grandes familles et les notables des villages qui constituent le véritable nerf des rivalités électorales, alors que les partis viennent en appoint. À Bhamdoun par exemple, deux membres de la famille Khaïrallah s’affrontent et chacun tente de mobiliser en renfort des partis politiques. Dans d’autres localités, les élections municipales provoquent des conflits internes au sein de plusieurs partis. Ainsi, à Tabarja, trois listes proches du CPL s’affrontent, alors qu’à Sed Bauchrié, à Jdeidé et à Mazraat Yachouh, les Kataëb ne sont pas d’accord entre eux pour former une liste. En outre, à Chartoun, les Kataëb et les aounistes font liste commune contre les Forces libanaises, alors que l’entente entre le CPL et le PSP ainsi qu’avec le Parti démocratique de Talal Arslane se précise dans les villages mixtes de la Montagne et ainsi de suite. Seules quelques localités continuent à être la proie de luttes essentiellement politiques comme Zghorta, où Michel Moawad mobilise ses partisans pour mettre en échec une liste appuyée par le député Sleimane Frangié et, surtout à Zahlé, où la même lutte se poursuit entre les adversaires d’hier qui continuent à être ceux d’aujourd’hui. À Jbeil aussi, la tendance reste à l’affrontement entre l’ancien ministre Jean-Louis Cardahi, jouissant d’une grande popularité et appuyé par le CPL, et Ziad Hawat, issu d’une famille de notables et qui est aussi un proche du président de la République, lequel a par ailleurs affirmé qu’il ne compte pas se mêler du scrutin… Le sort de la municipalité de Beyrouth reste encore en suspens, même si, de l’avis des experts, la porte des négociations est encore ouverte pour la formation d’une liste unique qui préserve les parts de toutes les composantes politiques, familiales et confessionnelles influentes dans la capitale.

Ce qui montre une fois de plus que chaque démarche dans le cadre de ces élections municipales prend en considération les équilibres familiaux. Quelque part, c’est un constat d’échec pour les partis politiques qui n’ont pas réussi à rassembler leurs partisans autour d’un programme clair ou l’indice concret d’une certaine confusion dans les milieux politiques et populaires depuis les grands changements qui se sont produits après les élections législatives de juin 2009…

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