Mouvement pour le Liban

Représentant le Courant Patriotique Libre en Belgique

Détenus libanais dans les prisons syriennes : les familles ne baisseront pas les bras

Posted by jeunempl sur avril 10, 2010

(L’Orient le Jour – Nada Merhi)

Les parents des détenus libanais dans les prisons syriennes entameront demain la sixième année du sit-in permanent qu’ils observent dans le jardin Gebran Khalil Gebran, au centre-ville. Pour marquer cette journée, un grand rassemblement est prévu demain sur les lieux du sit-in.

11 avril 2005. Les parents des détenus libanais dans les prisons syriennes entament un sit-in permanent accompagné, les premiers jours, d’une grève de la faim. Leurs revendications ? Obtenir une reconnaissance de la part des Nations unies du fait que l’application par la Syrie de la résolution 1559 du Conseil de sécurité demeurerait incomplète tant que le dossier des disparus et des détenus libanais dans les geôles syriennes n’aurait pas été réglé, et tant que n’aurait pas été formée une commission d’enquête internationale sur les disparitions forcées et les arrestations arbitraires de Libanais par les SR syriens.

10 avril 2010. Les parents des détenus libanais dans les prisons syriennes clôturent la cinquième année de leur sit-in permanent. Leurs revendications restent inchangées, même si les angles ont été légèrement arrondis. « Nos revendications sont réalistes, explique ainsi Ghazi Aad, porte-parole de Solide (Soutien aux Libanais en détention et en exil). La formation d’une commission internationale n’est pas possible, parce que cela nécessite un contexte local combiné à une conjoncture internationale, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. »

Et d’ajouter : « L’un des problèmes majeurs qui entravent le progrès dans le dossier reste l’absence d’une infrastructure nationale officielle adéquate. Cette infrastructure est importante sur le plan interne, puisqu’elle permet de faire un inventaire des personnes portées disparues au Liban. Nous savons qu’ils sont des milliers à avoir été enlevés soit par les milices, soit par les forces étrangères qui étaient présentes à l’époque, comme la Syrie, l’Organisation pour la libération de la Palestine ou Israël. Toutes les factions, sans exception, se sont rendues coupables d’actes d’enlèvement. Aucune d’entre elles ne peut le nier. Cette infrastructure permettra donc de donner le nombre exact des personnes disparues, qui sont estimées à 17 000, en ayant recours à des mesures officielles. Elle permet aussi d’identifier celles qui ont été enlevées au Liban et celles qui ont été déportées dans d’autres pays. Lorsque l’État libanais accomplira son devoir en ce sens, il pourra alors confronter la Syrie, qui continue à nier l’existence de détenus libanais dans ses geôles. »

La société civile ne peut pas continuer à lutter seule, affirme Ghazi Aad, soulignant que « dans le cadre de ses prérogatives, celle-ci a accompli la tâche qui lui incombait avec le peu de moyens dont elle dispose ». « L’État doit prendre une initiative, insiste-t-il. Malheureusement, vingt ans après la fin de la guerre au Liban et depuis cinq ans que dure le sit-in, nous ne disposons pas encore au Liban d’une infrastructure qui permet de traiter le dossier. Sans oublier que celui-ci fait l’objet de tiraillements politiques. »

Responsabilité libanaise

Aucune des parties politiques ne peut prétendre avoir œuvré en faveur d’une solution au dossier des détenus libanais en Syrie, « puisque notre sit-in se poursuit », insiste encore Ghazi Aad. « Nous ne poursuivons pas notre sit-in parce que nous avons envie de le faire ou encore parce que nous aimons les conditions minables dans lesquelles nous nous trouvons, sachant que nous avons perdu au cours de ces cinq dernières années quatre personnes, indique-t-il. Notre présence est donc une preuve du statu quo observé au niveau du dossier. C’est un indice qu’il existe un problème auquel des solutions n’ont pas encore été trouvées. »

Qu’est-ce qui, à son avis, entrave l’aboutissement à une solution ? « Il y a dans ce dossier une responsabilité libanaise tant sur le plan interne qu’au niveau des rapports avec la Syrie, répond Ghazi Aad. En effet, des partis politiques ont été impliqués dans ces enlèvements et certains d’entre eux sont aujourd’hui représentés au gouvernement. De plus, ces partis ont collaboré avec la Syrie avant 1990. Après cette date, la collaboration s’est faite entre les forces de l’ordre et la Syrie. »

Lorsque le gouvernement Hariri a introduit dans sa déclaration ministérielle une clause relative au dossier des détenus libanais en Syrie, les parents des détenus avaient espéré un rebondissement positif à leur cause. Mais grande a été leur déception lorsque le gouvernement a précisé dans ce cadre qu’il allait « étudier la question concernant la mise en place d’une infrastructure nationale officielle ». « Qu’est-ce qu’il y a à étudier après toutes ces années ? se demande Ghazi Aad. De surcroît, au lendemain de sa visite à Damas, le Premier ministre Saad Hariri a prorogé d’un an le mandat de la commission libanaise chargée du suivi du dossier, au moment où il aurait dû mettre un terme à sa mission, d’autant qu’au cours de ces cinq dernières années, elle a fait preuve d’échecs successifs. » Et d’indiquer que M. Hariri « sait que la société civile s’oppose à l’action de cette commission ». « En outre, l’approche du dossier reste la même, sachant que les parents des détenus doivent être représentés lors des négociations avec la partie syrienne, constate Ghazi Aad. Le Premier ministre et les ministres concernés par le dossier devraient au moins communiquer avec les parents, ce qui malheureusement n’est pas le cas et qui constitue d’ailleurs une preuve supplémentaire du manque du sérieux dans l’approche du dossier. »

Et de poursuivre : « Personnellement, je crois que le dossier restera sans solution, parce que, d’une part, la partie libanaise ne le traite pas sérieusement pour des raisons politiques et parce que certaines parties y sont impliquées et, d’autre part, parce que la Syrie refuse de reconnaître le problème. »

Les parents des détenus libanais dans les geôles syriennes ne baisseront pas les bras. Dans leur tente entourée des photos des leurs, jaunies par le temps mais dont le souvenir reste vivant, ils continueront à espérer en la bonté humaine. Demain, ils seront plusieurs dizaines à se rassembler pour marquer le début de leur sixième année de sit-in.

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